Éducation
Mens sana in corpore sano ?
Le ministre s’inquiète de l’impact du physique et du psychique sur les résultats scolaires.
Le ministère de l’Enseignement scolaire se préoccupe de la santé des écoliers, lycéens et collégiens de France. Il a lancé pour cela un plan visant à l’améliorer, tant sur le plan physique que mental. La dyslexie, par exemple, n’est pas dépistée systématiquement ni précocement. Or, selon un récent rapport de l’Inspection générale des affaires sociales ( IGAS), 56 % des illettrés sont d’anciens dyslexiques. Un précédent rapport avait évoqué les troubles du langage, dont 14 % des enfants de 6 ans seraient victimes, et des anomalies de vision qui toucheraient 13 % d’entre eux. Le rapport 2002 alerte sur les surcharges pondérales chez 14 % des enfants de 6 ans ( avec 4 % d’obèses) et chez 18 % des 10-12 ans.
Le plan gouvernemental, reprenant une idée non mise en ouvre par le gouvernement précédent, va abaisser l’âge de la première visite médicale obligatoire à la section moyenne de la maternelle. On reviendra aussi à des pratiques abandonnées il y a une trentaine d’années, de visites de dépistage, tout au long de la scolarité de l’enfant et de l’adolescent. Un nouveau " dossier santé " sera remis aux familles en remplacement de l’actuel " carnet de santé " . L’accent serait surtout mis sur l’éducation à la santé ainsi que sur la prévention des conduites à risques, la mortalité accidentelle des jeunes dépassant les 1 500 morts par an. Apprentissage à la diététique chez des jeunes qui préfèrent le grignotage de chips et de barres de chocolat aux légumes verts et aux fruits frais. Alerte au tabac, à l’alcool et aux substances dangereuses. Selon le ministère, 6 % des collégiens et 32 % des lycéens fument ( 45 % chez les plus de 18 ans). C’est à 13 ans que l’on fait la première expérience de l’alcool, à 14 ans celle du tabac et à 15 ans du cannabis. On veillera en particulier à l’application stricte de la loi Évin contre l’usage du tabac dans les lieux publics.
Une attention sera portée au suivi psychologique des jeunes. Les chiffres donnés par l’INSERM sont atterrants. Dans son bilan 2001, l’institut affirme que 9 % des adolescents et 19 % des adolescentes ont fait des tentatives de suicide, avant 15 ans pour la très grande majorité, et signale 800 cas de suicide effectif chez les 15-24 ans. Le rapport de Xavier Darcos ne fait pas allusion à la lutte contre le sida et à l’indispensable prévention. Il s’en tient à réaffirmer que, depuis l’école au lycée, les élèves bénéficieront de trois séances annuelles d’éducation à la sexualité.
Reste maintenant à faire suivre l’intendance. Le nombre de médecins et d’infirmières scolaires de même que celui des assistantes sociales ont rétréci comme peau de chagrin : 2 000 médecins ( un pour 7 000 élèves), 2 553 assistantes sociales et 5 527 infirmières. Pour pallier le manque de personnel, le ministère entend envoyer sur le terrain, dès la rentrée 2004, 600 étudiants en médecine. En stage.