Victoire contre la LEN
En attendant le communiqué de presse de la Ligue ODEBI, vous pouvez trouver à cette adresse http://www.odebi.org/cc.html notre dossier juridique relatif à la décision du conseil
PARIS ( Reuters) - Le Conseil constitutionnel a annoncé mardi avoir censuré une disposition de la loi sur la confiance dans l´économie numérique ( LEN), sur la prescription des infractions de presse sur internet, et émis une réserve d´interprétation sur la responsabilité des hébergeurs.
Le Conseil constitutionnel a estimé que le législateur " a méconnu le principe d´égalité" en allongeant le délai de prescription des infractions de presse pour les sites internet et pas pour les médias traditionnels.
Selon le texte adopté définitivement le 13 mai dernier, le délai de prescription de trois mois devait en effet commencer pour les sites à partir du moment où le texte incriminé n´était plus à disposition du public sur internet.
Pour les autres médias, le délai de prescription restait inchangé, commençant à partir de la date de publication.
En établissant cette distinction, " la loi ouvrait l´action civile et pénale pendant des durées manifestement trop différentes selon le support utilisé", a indiqué le Conseil constitutionnel dans un communiqué.
Concernant la responsabilité des prestataires techniques sur les contenus qu´ils hébergent, le Conseil constitutionnel a considéré que celle-ci ne pouvait être engagée que si " le caractère illicite de l´information dénoncée ( est) manifeste ou qu´un juge en ( a) ordonné le retrait".
" C´est une belle victoire pour la liberté d´expression", a déclaré à Reuters Julien Pain, responsable du bureau internet de l´association Reporters sans frontières ( RSF).
" Pour la presse, on se félicite de la disparition cet amendement aberrant et dangereux et nous sommes contents que le ministre de l´Industrie Patrick Devedjian, qui avait maintenu son soutien à cet amendement, ait été désavoué par le Conseil constitutionnel", a-t-il poursuivi.
" Concernant les hébergeurs, c´est un compromis qui nous semble acceptable. Après une première analyse de la décision du Conseil constitutionnel, il ne semble en effet pas possible que les hébergeurs soient responsables des contenus diffamatoires, car le caractère `manifeste´ ne s´applique qu´aux contenus extrêmement graves, du type pédophilie et appel au crime", a ajouté Julien Pain.
Tout au long de l´élaboration de la loi, plusieurs associations de défense des libertés et collectifs d´internautes avaient dénoncé des dispositions qu´ils jugeaient " liberticides". Cette contestation avait débouché sur la première manifestation d´internautes français, dont plus d´un millier avaient défilé à Paris fin mai.
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