Les chambres se situaient dans toute dans la partie supérieure de l’établissement. Monter les escaliers de marbres blancs, éviter ceux de couleur noire, se diriger vers l’aile droite du bâtiment. Le parcourt était assez intuitif. Air courant d’air frai emplissait les couloirs. Ma chambre portait le numéro 163, on pouvait y lire sur une plaque argenté le nom du résident : « Keeper Zek ». Je fixais intensément la plaque, scintillante, ornée de gravures, et étrangement parfaite, elle semblait m’aspirer dans le gouffre de mes souvenirs. Je m’accoudais inconsciemment à la porte. Combien de nom avais-je porté pendant mon éternel existence... Les noms défilaient sous mes yeux, plus je m’enfonçais dans le passé plus ils devenaient étranger. Mon passé m’échappait. Je ne pouvais me rappeler de ma toute première vie… Que m’était-il arrivé, pourquoi errais-je éternellement dans ce monde… Mon impuissance à me souvenir m’enrageait… Mon sang me brûlait, mes points se crispaient, je m’haï l’espace de quelques secondes. Une porte grinça, des voix s’élevèrent à ma droite, des rires éclatèrent, la porte claqua. Je tournai ma tête dans la direction des deux inconnus. Ils me lancèrent un regard surpris, et se turent instantanément. Je m’engouffrai dans la chambre. La pièce était spacieuse, table, large lit, armoire, une salle de bain sur la gauche. La chambre était confortable. Le large miroir sur la droite m’attira. De grande taille, les muscles saillant sous la chemise, le visage puissant, les cheveux châtain et long, le nez long et aquilin, les yeux vert et pénétrant. Une nouvelle enveloppe charnelle de plus. Lavé et habillé, les idées clair. Je me rendis au cours du soir.
De nombreux élèves arrivaient chaque jour. Assoiffé de savoir, nourris de récit de Héros légendaires, certain qu’ils étaient fait pour se battre, tous de jeunes ages, ils avaient tous répondu à l’appel de l’aventure. Les richesses et la gloire habitaient leurs rêves. Mais combien d’entre eux passeront la salle du baptême ; combien d’entre eux seront blessés, mutilés à vie ; combien ressortiront vivant des épreuves qu’ils les attendaient…
J’entendis leurs rires cristallins se transformer en cri de douleurs. Leurs vestes en cuir et leurs pourpoints se déchirant sous la rage de la hache d’un ennemi, se transperçant sous la dague sournoise d’un voleur, se teintant du flot continue de leur sang. Une tape sur l’épaule m’arracha de mes pensées. Dans un mouvement rapide et fluide ma lame se logea sous la gorge de l’inconnu. Un visage familier le dévisageait, une lueur de stupeur dans ses larges yeux verts. Le temps sembla se figer l’espace d’un instant. Dans ses habits bleutés, son épée courte à la taille et son bouclier fixé à son dos, l’étranger l’interrogeait du regard.
- Qu’est-ce qu’il te prend ? Tu ne reconnais pas tes propres amis ? Faudrait penser à déstresser gars, soit pas aussi nerveux. On ne m’avait pas averti qu’il fallait enfiler sa cotte de maille avant de t’interpeller…
- Excuse moi, Tanis. C’est juste que je suis souvent tendu en ce moment. Je crois avoir besoin de repos. Voilà, trois interminables jours que je n’ai pas trouvé le sommeil.
- Et tu arrives toujours à rester debout ? On peut dire que t’es un sacré bonhomme toi…
- On me l’a déjà dit… Alors comme ça tu viens prendre des cours toi aussi ?
- Oui, j’ai déjà pleinement assimilé la technique 1er soin. Tiens regarde ça, et prends des notes !
D’un geste sur il brandit son épée de sa main droite puis ferma les yeux. On devinait aisément sa concentration. Il fronça les sourcils. Un tourbillon d’air semblait l’englober tout entier. Son énergie se concentra sur sa main gauche. Une pâle lueur sortie de sa paume m’enveloppant d’une aura chaleureuse. La fatigue me quitta soudainement.
- Impressionnant… Il y avait fort longtemps que je n’avais plus goûter à l’effet bénéfique de ce sort. Très pratique.
- Apprends moi.
- Hein ? ... Tu n’es pas allé au cours d’hier ?
- Non…
- Tu es déjà allé en cours au moins ?
- Non plus… Rester dans une salle, être assis pendant des heures, ne pas pouvoir prendre l’air, afin d’apprendre une pauvre technique. Très peu pour moi. Apprends moi. Tu sais comment procéder, m’apprendre ne devrait pas te poser de problème ? je me trompe ?
L’assimilation de la capacité fut rapide. La concentration étant la clé de la réussite, elle ne me posa pas plus de problème qu’elle n’en avait causé à Tanis le jour où on la lui avait enseigné.
La suite dans une semaine 