Chapitre I : Changements radicaux
Le soleil manifestait ses rayons au bout de l´horizon aux petites heures du matin. Un rapace rôdait déjà bien bas en scrutant, de son œil perçant, les ruines les plus déplorables qu´il avait probablement jamais vus de sa courte vie. Ce qui était, jadis, de grands édifices gouvernementaux étaient devenus de piètres tas de fer, d´aluminium, de vitre, de toutes sortes de matériaux entassés et empilés les uns contre les autres. La ville n´était autre qu’Esthar. Qui avait été anéantie en à peine 30 secondes. Le silence et la mort planaient sur l´endroit tel la faucheuse sur un cadavre. Quelques dizaines de mètres plus bas, un homme, d´une carrure presque incroyable, à moitié nu, seulement recouvert par une mince camisole blanche et d´une moitié de pantalon noir, était couché sur le ventre, dans le sable que composait maintenant la ville, entre une poutre de fer et un amas de poussière. Il s´appelait Ward Zabac, un des rares miraculés, sinon le seul survivant du cataclysme. La rapace, un des seuls oiseaux qui restaient sur Done, fit une descente rapide vers l´homme puis se posa sur la poutre. Elle lâcha un crie d´impatience pour réveiller le hallebardier et celui-ci ouvrit les yeux. Il fit un mince sourire, montrant son affection à l´aigle qui se trouvait toujours sur la poutre à le regarder. L´oiseau était le seul ami qui lui restait depuis la catastrophe de Done.
Ward ne se rappelait plus trop bien qu´est-ce qui s´était passé depuis les deux dernières semaines. Les SeeDs avaient enfin vaincus la plus grande sorcière, nécromancienne de tous les temps, Ultimecia et sa G-Force, nul autre que Chronos. Si ses déductions étaient bonnes, Ultimecia, dans l´ultime colère de sa défaite, aurait, par un moyen qui échappait à l´esprit de Ward, créé une immense explosion d´une énergie incroyablement grande, deux semaines après sa mort. Ce qui avait eu pour conséquence d´anéantir l´entière population de Done. Mais pour une raison qui lui échappait encore une fois, Ward était un miraculé avec quelques bestiaux, animaux. Il avait traversé la moitié du continent Est à la recherche d´un autre humain. Il se nourrissait que de petits reptiles et d´eau. Sa santé se détériorait de jour en jour et il ne savait que faire. Les deux mêmes mots traversaient son esprit à chaque heure, chaque minute : « Pourquoi moi ? ». En effet, l´hallebardier aurait préféré mourir plutôt que de subir une mort lente comme celle-ci. Par chance que Zobok était là. Un bel aigle blanc et noir. Il était vif, et très utile pour ramener à Ward suffisamment de nourriture pour vivre. Leur relation était aussi étroitement liée qu´entre deux humains. Parfois, Ward avait l´impression que Zobok lui parlait. Une hallucination causée par la solitude qui avait été ces temps-ci comme le poids d´un rocher sur son dos ? Il n´en savait rien, mais il était sûr d´une chose, il n´avait pas survécu pour rien et il en était sûr. Tant de question auquel il n´aurait probablement jamais de réponse. Et puis de toute façon, il allait probablement mourir dans quelques jours, quelques semaines maximum. Alors pourquoi avoir des réponses alors que la mort approchait ?
Zobok lui fit signe de le suivre jusqu´au nord d´Esthar. Zobok ne parlait pas, évidemment, mais de toute façon Ward n´était pas mieux aillant juré, voilà quelques temps déjà, qu´il ne parlerait plus jamais de sa vie suite à un incident majeur à Esthar. Mais la rapace et le hallebardier se complétait bien en tout point. Zobok était vif, rapide, Ward était fort. L´homme était devenu un bon chasseur et l´aigle pouvait repérer un troupeau de ruminant à plus de 1 kilomètre à la ronde. Ward s´était fabriqué un « harpon » avec le bois qu´il avait trouvé dans la forêt, qui ressemblait plus à un marécage que d´autre chose à cause de l´explosion, à l´Est d´Esthar. En suivant Zobok, qui volait déjà bien haut dans le ciel, Ward se mit à penser à ses deux meilleurs amis. Kiros et Laguna. Il donnerait tout pour les revoir, combattre à leurs cotés, entendre les plaisanteries de Laguna et les délires de Kiros. Une larme coula lentement sur sa joue et alla s’écraser lourdement sur le sol sableux du reste d’Esthar tel une lame traversant la chair.
Puis Ward arriva enfin à l’emplacement dont parlait Zobok. Celui-ci l’attendait au beau milieu d’une plaine à moitié verdoyante. L’aigle « pointa » de son bec un petit troupeau de ruminant au loin. Il devait y en avoir 3-4. « Ça me fera un très bon repas », pensa Ward. Le jeune homme avait acquis, à force de le pratiquer, un don pour la chasse. Il usait en effet de son talent avec le harpon. Depuis qu’il s’était réveillé, suite à la contre-attaque d’Ultimecia, Ward n’avait pas encore vue un si grand nombre de ruminant et le lézard commençait à être mauvais au goût. Bien qu’il l’ait toujours été.
La plaine était moitié d’herbe, moitié de pierre. On pouvait y retrouver quelques traces de foins ici et là mais sans plus. Le vent sifflait entre les rochers qui découpaient le paysage de façon barbare. Les ruminants prenaient leur repas avec le peu d’herbes qu’ils pouvaient trouver dans les environs. À croire que c’était pénible pour tout le monde. Ward s’avança suffisamment pour être à quelques mètres d’eux. Il les voyait parfaitement. Tous biens paisibles en train de grignoter leur repas. Bientôt c’est un d’entre eux qui allait servir de repas à Ward. Le chasseur en salivait rien qu’à y penser. Il prit son harpon de bois accroché solidement dans son dos contre sa camisole blanche. Il ferma un œil question de mieux cibler le gibier. Puis, sans que un des 4 aillent le temps de mâcher, le harpon de bois perça le ruminant comme un simple crayon dans une feuille de papier. Celui-ci tomba lourdement contre l’herbe laissant monter un petit nuage de poussière. Les 3 autres, en pleine folie, disparurent au loin. Ward sourie, fier de son gibier et hâtif d’enfin pouvoir manger un repas consistant. Zobok s’approcha et se posa sur l’épaule de Ward. Celui-ci passa sa main sur le dos de l’oiseau pour lui démontrer sa gratitude.
La hutte qu’avait construit le hallebardier quelques jours plus tôt, se trouvait à un demi kilomètre au sud de la plaine. Il ramassa donc son harpon, empoigna la bête par les quatre pattes et se mit en route vers la hutte.
En 30 minutes, lui et Zobok était déjà arrivés à destination. La hutte ressemblait à un tipi d’indien. Une espèce de tente fait de branche et de tronc d’arbre. Ward fit donc un feu, à l’aide de pierre et de branche. Ancienne technique utilisée par des homos sapiens, sorte d’homme singe. L’hallebardier, manquant terriblement de force, ne pouvait donc pas faire un feu par magie. Le temps que la viande soit cuite suffisamment, Ward se laissa tomber sur le sol rocailleux et songea à ses amis. Allait-il les revoir un jour ? Devrait-il espérer et continuer à vivre ou tout simplement mourir ? Y avait-il d’autre humain sur Done ? Tant de questions qui se bousculaient dans sa tête sans même pouvoir avoir qu’une seule réponse. L’homme laissa échapper un long soupir et se laissa bercer par le vent quelques instants.
À son réveil, le ruminant était fin prêt, Ward l’engloutit presque à lui seul. Il en laissa quand même à Zobok, car sans l’aigle, il n’aurait jamais pu se nourrir si bien. Ward ne savait toujours pas pourquoi il était toujours vivant et qu’est-ce qui le poussait à vouloir survivre dans de telle condition, mais, cette journée là, il aurait tout donné pour revoir ses amis.
Le lendemain, Ward se réveilla dans sa hutte. Les nuages faisaient éclater leur colère en envoyant d’innombrables éclairs jaune, orange, qui faisaient trembler Done. La pluie martelait sans arrêt les troncs attachés au sommet de la hutte. La journée s’annonçait donc plutôt mal. Le vent hurlait à en faire arracher les souches ici et là. Zobok entra en hâte dans l’abris, trempé du bec jusqu’au bout des serres. L’aigle s’était fait secoué là dehors. Il avait froid, il grelottait. Ward prit l’oiseau doucement et le serra fort contre lui, lui procurant tout la chaleur que Zobok avait besoin. « Je serai toujours là pour toi », pensa le hallebardier. Puis, un « merci », fin et branlant, résonna dans sa tête.
C´est long à faire, vivement que tu postes des chapitres normaux :$
Sinon, pas encore lu, mais ça ne devrait tarder ! 