CONNEXION
  • RetourJeux
    • Sorties
    • Hit Parade
    • Les + populaires
    • Les + attendus
    • Soluces
    • Tous les Jeux
    • Gaming
  • RetourActu Gaming
    • News
    • Astuces
    • Tests
    • Previews
    • Toute l'actu gaming
  • RetourBons plans
    • Bons plans
    • Bons plans Smartphone
    • Bons plans Hardware
    • Bons plans Image et Son
    • Bons plans Amazon
    • Bons plans Cdiscount
    • Bons plans Decathlon
    • Bons plans Fnac
    • Tous les Bons plans
  • RetourJVTech
    • Actus High-Tech
    • Intelligence Artificielle
    • Smartphones
    • Mobilité urbaine
    • Hardware
    • Image et son
    • Tutoriels
    • Tests produits High-Tech
    • Guides d'achat High-Tech
    • JVTech
  • RetourCulture
    • Actus Culture
    • Culture
  • RetourVidéos
    • A la une
    • Gaming Live
    • Vidéos Tests
    • Vidéos Previews
    • Gameplay
    • Trailers
    • Chroniques
    • Replay Web TV
    • Toutes les vidéos
  • RetourForums
    • Hardware PC
    • PS5
    • Switch 2
    • Xbox Series
    • Switch
    • Pokemon pocket
    • FC 25 Ultimate Team
    • League of Legends
    • Tous les Forums
  • PC
  • PS5
  • Xbox Series
  • Switch 2
  • PS4
  • One
  • Switch
  • iOS
  • Android
  • MMO
  • RPG
  • FPS
En ce moment Genshin Impact Valhalla Breath of the wild Animal Crossing GTA 5 Red dead 2
Forum
  • Accueil
  • Actus
  • Tests
  • Vidéos
  • Images
  • Soluces
  • Forum
Liste des sujets

Les footballeurs.

Dannyboy1911
Dannyboy1911
Niveau 10
06 novembre 2004 à 04:53:27

~~ Les footballeurs ~~

I)
Chapitre 1

La nuit était venue doucement, et Squall, les bras croisés, en manches de chemise, en gilet bleu passé à larges poches, fumait sa pipe courte et noire, sur un petit banc de bois qu´il avait cloué sous l´unique fenêtre de sa chaumière.
Il ne pensait pas à grand chose et écoutait la voix de crécelle des rainettes qui chantaient dans les buissons d´alentour et troublaient seules le grand silence. Du fumier qu´il avait enclos devant sa porte, entre quatre petits murs de pierre sèche, il lui venait un air tout chargé d´odeurs chaudes.
Au milieu, se dressait un saule mince et maigre, aux feuilles fines comme des lames, dont quelques-unes, desséchées, tourbillonnaient, à peine retenues par un fil.
Il était drôlement venu ce saule : un vieux pieu qu´on avait autrefois planté là et qui avait soudain bourgeonné, fait des branches, à la grande surprise de tous, grâce à l´humidité du sol trempé de sucs.
De temps en temps, Squall faisait glisser sa pipe à l´un des coins de sa bouche, tournait la tête vers la fenêtre, et répondait par des phrases brèves et ménagées aux questions de Linoa, sa femme qui mangeait, à l´intérieur, une assiette sur ses genoux, sans lumière, avec un grand bruit de mâchoires. Ils parlaient peu, mettaient de longs intervalles entre leurs phrases , comme pour examiner à leur aise la portée de chacune.

Il s’agissait d’un chocobo que Cid leur marchandait. Eux voulaient le vendre six cents gils ; lui n‘en donnait que huit cents, à cause qu’il gambillait un peu d’une des pattes de derrière. L’entente n’arrivait pas, chacun y mettant l’obstination pointilleuse de paysans endurcis qui font peu d’affaires, mais qui les font bien.

Linoa : Faudra céder pour la moitié.
Squall : Faudra voir.

En ce moment, il distingua au loin une ombre, puis une autre plus petite qui se détachaient des ténèbres épaisses.

Squall : C’est vous Cid ?
Cid : C’est nous !

Cid avait des sabots blancs à peine équarris, une casquette en peau de loutre, un manche de fouet sans fouet à la main, l’air finaud et avare. Edea, sa femme, courte et bavarde, portait un grand cabas , toujours plein, qui ne la quittait pas dans ses plus petites courses et qui lui battait lourdement les flancs. Squall les fit entrer.

Squall : Eh ben, êtes vous décidé ?

Pour sûr que non, qu’il ne l’était pas !
Il devait en démordre ; sans ça, rien. Linoa alluma une bougie toute neuve dans un lourd chandelier de fer et l’on s’assis, les femmes sur le long rebord en briques de la cheminée, les hommes sur l’arche au pain frottée et luisante, les mains sur les genoux.

On causa d’abord de choses et d’autres : puis, au bout d’un assez long silence, que scandait pesamment le tic-tac de la vieille horloge, les deux reprirent leur débat à propos du chocobo.
Ils parlotèrent longuement sans parvenir à se convaincre. Squall et Cid donnaient obstinément leurs raisons et ne s’écoutaient ni l’un ni l’autre. Edea et Linoa demeuraient silencieuses, très interessées, les yeux fixés sur eux et le menton dans le creux des mains.

Squall : Si on allait à l’auberge ? Ca irait peut-être mieux !

Cid accepta. Ils sortirent. Edea et Linoa leur crièrent de ne pas rester trop longtemps, Edea plus fort que Linoa, parce qu’ils demeuraient tout au bout du village.
Elles restèrent seules.

Dannyboy1911
Dannyboy1911
Niveau 10
06 novembre 2004 à 10:43:53

Chapitre 2

Elles se contèrent tous les commérages du jour, passèrent en revue les voisins, les parents, sans excepter leur mari, qu´elles s´enviaient réciproquement, par politesse.

Linoa : On pourrait s´arranger!

Et cette idée inattendue, qu´elles n´auraient qu´à demander pour avoir un autre homme, tout nouveau, tout neuf, partout, dans leur lit, sur leur dos, les agita d´un rire inextinguible qu´elles savouraient en larmes.
Elles revenaient sans cesse à ce sujet, et quand elles l´eurent épuisé, la conversation languit.

Il y eut une pause, coupée de petits hoquets intermittents, quand l´une d´elles trouvait plus drôle cette idée usée, qui achevait de se dérouler en son esprit, comme l´écho continue la voix. Puis, rien.

La bougie pâle les éclairait faiblement, posant ça et là un reflet capricieux sur le poli des meubles, ou le brillant des carreaux rouges. Linoa et Edea courbaient la tête presque entre leurs genoux, absorbées.

Linoa : Vous vous ennuyez pas vrai?

Edea protesta; mais, comme elle regardait à chaque instant du côté de la porte, se levant à demi lorsqu´elle entendait un bruit de pas, le cabas au bras, toute prête à partir, Linoa insista:

Linoa : Si je vois bien que vous vous ennuyez!
Edea : C´est toujours comme ça quand je suis chez les autres.
Linoa : C´est bien naturel!

D´ailleurs, elle baîllait aussi et, malgré elle, tournait ses paupières lourdes vers l´énorme lit qui faisait dans un coin une masse d´un vert sombre, si haut qu´il fallait en y montant se plier en deux pour ne pas se cogner la tête aux solives enfumées.

Linoa : Ma foi, tant pis pour eux! Je vais me coucher.
Edea : Ca ne me fait rien.

En un instant, Linoa fut en chemise, grimpa sur la chaise, puis sur le lit, montrant ses jambes maigres et ballantes. Edea plaisanta, mais au fond, elle commençait à se désespérer : Cid n´arrivait pas. Elle répétait impatiente :

- Edea : Seigneur Dieu, que font-ils donc?
- Linoa : Si j´étais vous, je ferais comme moi.Ils doivent dormir sur les tables de l´auberge. Je connais Squall, il aura entraîné le vôtre à boire!
- Edea : C´est plutôt le mien qui aura entraîné le vôtre!
- Linoa : A telle enseigne qu´ils sont tous les mêmes; allez, venez donc! Si vous avez peur qu´ils reviennent, ne quittez pas votre jupe, vous serez tout de suite rhabillée!
- Edea : C´est vrai qu´ils sont longs. Je ne peux pourtant passer la nuit comme ça, sur une chaise!

Et brusquement, elle posa son cabas, ses savates, son caraco, noua son bonnet plus serré, escalada le lit et se glissa du côté de la ruelle.

Edea : J´aime mieux le coin!
Linoa : Ah qu´à cela ne tienne! Je vous le cède!

Elles riaient de bon coeur, toutes les deux, ragaillardies, et le bavardage reprit, sur la Dame Blanche, sur les revenants. Linoa n´y croyait pas, elle avait bien plus peur des puces! Ce qui tombait mal, puisque son mari Squall en portait en permanence plusieurs colonies sur lui. Heureusement, elle connaissait le moyen de s´en débarrasser, comme les renards.

Edea : Les renards?
Linoa : Comment vous ne savez pas? Ah! Des malins! Ils attendent qu´il y en ait tout plein; alors ils roulent en boule un paquet d´herbes sèches, qu´ils se fourrent dans la gueule, puis ils vont à la rivière et y trempent avec précaution le bout de leur queue. Les puces ont peur de l´eau comme les poules. Elles remontent la queue, prenant les autres sur leur chemin. Le renard enfonce de plus en plus, lentement. Les puces remontent, remontent, arrivent à la tête, à la gueule, puis ne trouvant plus de sec que la boule d´herbe, s´y mettent toutes. Le renard les lâche dans l´eau et se sauve.
Edea s´amusait, incrédule, cherchant un moyen de l´attraper à son tour. Elle vit subitement Linoa s´endormir, de ce sommeil lourd où se dissolvent toutes les fatigues du jour, qui ferme les yeux comme une plaque de métal. Edea avait trouvé, elle tira tout le lourd édredon à elle, le roula, le tassa sous ses draps, à sa place, puis se coula sous la ruelle.

Linoa dormait, sur le dos, la bouche entr´ouverte par un souffle léger, les bras tendus à ses côtés comme une statue ridée couchée sur un tombeau. Au dessus de sa tête se penchait un Squall noir, une vieille gravure, un ange démesuré à genoux, en prière, dont la tête disparaissait presque entière, entre les deux ailes immenses, comme dans un béguin de religieuse.

En un coin du mur, un grillon poussait obstinément son cri-cri mélancolique. Du fond de son sommeil, Linoa sentait sur sa poitrine, de petites pressions brusques, comme si le drap du lit eût été tiré à coups secs par une main invisible. Elle s´éveilla, dressa la tête, écouta, crut qu´elle s´était trompée et reposa sa tête sur l´oreiller.

De nouveau, elle eut la même impression. Cette fois, elle eut peur et donna des coups de poing dans la ruelle, sur l´édredon.

Linoa : Y´a quelqu´un, réveillez-vous! Mais réveillez-vous donc, je vous dis qu´il y a quelqu´un!

Cependant, on tiraillait encore le drap. Linoa fit un effort pour secouer la paralysie de la peur qui commençait à la gagner et se laissa gagner au bas du lit. Elle sentit quelque chose qui se levait le long de ses jambes. Dans le mouvement qu´elle fit pour se soutenir, sa main rencontra le chandelier de fer. Elle le prit, le leva, énergique, sur sa tête, et l´abattit de toutes ses forces, à plusieurs reprises, tellement hors d´elle-même, qu´elle n´entendit pas une voix sourde, la voix d´Edea crier.

Edea : Mais c´est moi! Vous êtes folle, c´est moi!

Et, lourdement, un corps s´affaissa.
A tâtons, Linoa trouva un bout de bougie cassée, l´alluma, et vit Edea étendue, le crâne ouvert; un mince filet rouge serpentait dans les interstices des carreaux.
Comme dans les vrais crimes, l´horloge sonna minuit.

La vidéo du moment