Je vous poste le message le plus sensuel que jv.com porte en son sein ; ) :
Au-dessus des étangs, au dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l´onde,
Tu sillones gaiement l´immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l´air superieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leurs poids l´existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d´une aile vigoureuse
S´élancer vers les champs lumineux et sereins;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
-Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!
Baudelaire, Les Fleurs du mal.
J´avais besoin de cette sur-élévation, besoin d´air pur, besoin d´une hauteur non négligeable pour assumer le devoir qui me conduit aujourd´hui, besoin d´un air des passions, de rêverie.
Une remarque sur le genre de lecteur qu´il me faut ici, pas ceux aux gros doigts et aux petites oreilles, finalement je ne veux pas de lecteur, ici j´écris pour une seule lectrice...
Nous faut-il un prélude? Je ne pense pas..., ici il n´y a ni début et encore moins de fin, en tout cas je l´espère, qui écrit cette ode à la plus charmante des créatures? Moi, un vieux grigou racorni? Sûrement pas..., c´est un coeur éxalté!
Néanmoins ici il n´est pas question de moi, mais de Yuffie, à qui j´ai beaucoup à me faire pardonner, si ici aussi je puis encore aspirer à quelques pardons...
Je laisse les poèmes, je suis bien trop maladroit, avec de la prose j´obtiens souvent un peu plus de crédit.
Je me souviens encore de cette journée, celle de notre rencontre, j´étais en train d´exprimer la teneur de mon flegme à un personnage fantasmagorique et une jeune personne m´a blâmer quant à ma politesse... vieille question de morale...
Néanmoins ma réponse, pleine d´art et d´esprit?, a choquer ce petit bout au grand coeur.La maladresse est de régime et conséquence de notre ignorance, il n´y eut pas d´exception. La force passionnée qu´elle déclencha pour mettre quelques raisons dans ce trait maladroit fût pour moi un rare instant de révélation. La passion... la plus grande richesse qu´un être humain puisse posséder. Cet être vrai, voilà ce que j´admire, il n´y a ici pas d´ornements superflus, ici on n´est pas en devers, en porte à faux, ici l´on respire le coeur léger, on oublie le temps, on y repense le coeur trop chargé, ici encore les mots sont bien trop grossiers et leurs résonnances trop monotones pour exprimer ce que l´on ressent.
Si il existe un amour que l´homme puisse s´approprier, un qui soit accessible, qu´il puisse incarner, un qui n´est pas l´effet d´un quelconque génie trompeur, enfin qui ne soit pas une farce...aux poissons.
Celui-ci demande un grand courage à celui qui est assez téméraire, assez fou?, pour l´entreprendre, celui-là même qui envoie tout ce qu´il possède de vanité au tombeau, celui-là peut aimer...
Alors plus rien n´a d´importance, son sort est jeté. Sa condition physiologique dépend de l´être chérie, son trop plein de passion lui est forcément néfaste, il est pris dans l´étau du bonheur... par accoutumance. Il serait aisé de peindre ce chemin qui se termine par l´impasse de la destruction où le suicide est un doux remède. Mais je laisse la place à l´espoir, pure nigauderie..., car ici j´ai encore besoin d´y croire...
10 septembre 2003.
Il me faut vous écrire chère Yuffie, ici, dans la petite salle d´une auberge de campagne, où un gros orage m´obligea à chercher refuge. Depuis que, dans ce morne trou, je vais et viens dans ce milieu étranger à mon coeur, je n´ai pas eu un instant, pas un seul, où mon coeur ne m´ait pas ordonné de vous écrire; et maintenant, ici, dans cette chaumière, dans cette solitude, dans ce réduit, vous avez été ma première pensée. A peine étais-je entré que votre image s´est imposée à moi, ô Yuffie! votre souvenir si sacré, si ardent! Ô, Dieu de bonté! De nouveau un instant de bonheur! le premier!
Si vous me voyiez, ô ma très chère! dans un tourbillon de distractions! comme mes sens se dessèchent! Pas un moment de plénitude de coeur, pas une heure de félicité! rien! rien! Je suis là comme devant un kaléidoscope, je vois ces petits êtres, hommes et chevaux, passer devant moi; et je me demande si ce n´est pas simple illusion d´optique. Et je joue mon rôle, avec eux, ou plutôt on me le fait jouer comme à une marrionette; quand parfois je touche la main de mon voisin, je la sens de bois et je recule frissonnant. Le soir, je me propose d´admirer le coucher du soleil et je ne puis sortir de mon lit; le nuit, j´espère jouir du clair de lune et je reste dans ma chambre. Je ne sais pas bien pourquoi je me lève, pourquoi je me couche.
La levain qui mettait ma vie en fermentation me fait défaut; l´enchantement qui me tenait éveillé jusqu´au coeur de la nuit, a disparu; le charme qui le matin me tirait hors du sommeil a fui.
J´ai dit qu´on ferait sans épilogue, pur idéalisme, dans ce qui a été dit il se trouve beaucoup à comprendre, peut-être trop, question de pudeur.
Savoir ce que l´on est c´est savoir ce que l´on possède... réellement.
Parlons ici encore et pour finir d´un songe qui s´éprend de moi la nuit... non je préfère mourir.