C’est alors que surgit du chaos un être mesquin, fourbe, cruel, et abject qui répondait au nom hideux de Calimero. Il était désagréable à la vue, et cachait sa laideur derrière de gigantesques oreilles qui laisser s’échapper du sébum en jet discontinu, un mince filet de bave coulait en permanence sur son menton proéminent, la vermine pullulait sur son faciès repoussant et du pus suinter de ses yeux légèrement exorbités. Son corps disgracieux recouvert de plaies purulentes était péniblement soutenu par ses courtes jambes difformes. Calimero était d’autant plus répugnant qu’il dégageait une forte odeur fétide et nauséabonde qui ressembler vaguement à de la merde. Il baignait dans sa médiocrité, étouffait dans sa pestilence et se perdait dans les méandres sombres et sinistres du pathétisme. Sa démarche grotesque, son allure misérable, sa silhouette rebutante inspirait un sentiment de profonde aversion aux personnes qui le voyaient pour la première fois mais, en général, celui-ci laissait rapidement place à de la haine et du mépris. Son âme malsaine, son avarice ne trouvant que d’égal dans sa perfidie, sa lâcheté pouvant aisément se comparer à sa prodigieuse bêtise faisait de lui une affreuse et ignoble erreur de la nature. La légende raconte qu’à l’âge de huit ans son père l’aurait forcé à manger sa mère pour la punir d’avoir engendrer une si lamentable existence, et ce serait depuis ce jour là que la pourriture intérieure le rongerait. Mais ceci n’est qu’un mythe impossible à affirmer ou infirmer, bien que la véracité dudit mythe semble être confirmée par des témoins rapportant avoir vu un insecte qui faisait des trous dans les vêtements de Calimero un soir d’automne. Quoiqu’il en soit son cerveau était indéniablement dans un stade de putréfaction avancé. Les gens persifleurs de son voisinage disaient aussi de lui, pour corroborer sa sottise, « il est tellement bête que lorsqu’il se penche sur un problème, il tombe ».
Mais un événement aussi soudain qu’inattendu l’aida à affronter le visage apoplectique du destin rigolard, alors que son quartier, situé sur une butte et n’ayant pas de canalisations a proximité, fut épargné par les eaux pestilentielles du jugement dernier, une araignée radioactive lui piqua le pied le soir même de cet événement cataclysmique. Immédiatement après cette piqûre il se roula par terre et poussa un immonde cri de souffrance, après quelques instants il sentit s’estomper peu à peu la douleur en lui et parvint à se relever. La dernière bulle que la suffocation lui permettrait encore d’exhaler sous l’océan de stupéfaction qui le submergeait à cet instant ne suffirait point à exprimer l’étonnement profond qui l’envahit lorsqu’il découvrit qu’il pouvait grimper aux murs et au plafond sans tomber et qu’un fil blanc visqueux et gluant lui sortait des poignets. Un rictus sournois et inquiétant remplaça vite l’incrédulité auparavant lisible sur son visage . Calimero essayait ses nouveaux pouvoirs, et il imaginait déjà comment il pourrait s’en servir au mieux pour contrôler le monde, et ainsi se venger de toutes les humiliations et les frustrations que la vie lui à fait subir lorsqu’il fut soudainement prit de violents spasmes qui tordaient atrocement son corps méprisable. Le venin de l’araignée était en train d’accomplir implacablement sa triste besogne. Les miasmes de la souffrance lui paralysait l’entendement et ainsi l’empêchaient de crier, mais son corps continua cette danse morbide. Sa carcasse commença à se vider de tout le liquide qu’elle contenait par divers orifices offrant ainsi un spectacle nauséeux. Du vomi sortait de son urètre, de la bile de son anus, l’urine s’écouler par son nez tordu, ses pores déversés ses excréments diarrhéiques…, sa lente agonie dura ainsi plusieurs minutes. À la fin de cette horrible purge, il ne restait plus qu’une immense flaque puante à l’endroit de la décomposition de feu Calimero. C ’est donc ainsi que s’acheva sa vile existence.