Elessar enchaina alors des coups de poing tous plus rageurs les uns que les autres, à une vitesse telle que Roland avait simplement protégé son visage entre ses bras, et n´essayait par aucun autre moyen de se protéger.
D´un puissant uppercut dans le menton, Elessar projeta son adversaire à plusieurs mètres de hauteur.
Roland ferma les yeux.
Elle était encore là... Juste au tournant... La lumière, la tranquilité... Mais pas encore. Ce n´était pas pour ce combat-là...
Il revint donc à la réalité. Il eut tout juste le temps de sentir les pieds d´Elessar lui heurter la poitrine avec une violence extrème. Il fut projeté dans le mur au dessus de l´arrivée de l´ascenseur, et retomba sur le ventre, tandis qu´Elessar se recevait souplement.
Elessar: J´ai du mal à croire que tu puisses avoir battu Séraphin...
Il reçut soudain les deux points de Roland dans le ventre. Il avait bougé si rapidement qu´Elessar n´assimila qu´après avoir reçu le coup ce qui s´était passé. Roland n´avait pas vraiment pris la peine de se relever. Il s´était projeté sur lui de ses jambes, et n´avait repris son équilibre qu´après avoir frappé.
Elessar fut projeté plusieurs mètres en arrière. Il traversa la passerelle et revint dans le couloir. Il était sur le dos, et n´eut pas l´occasion de se relever. Roland était déjà au dessus de lui.
L´Oeil du Dragon était toujours aussi flamboyant qu´à son habitude... Une habitude qui était toujours aussi terrifiante... La terreur... C´était tout ce à quoi pouvaient se raccrocher ceux qui croisaient ce regard... C´était comme d´être dans une minable barque, et d´avoir, de tous côtés, la vue cachée par une immense vague qui nous entoure... et qui menace à tout instant de s´abbattre sur la frêle embarquation où on réalise vite qu´on ne reverra jamais sa famille, ses amis... Le désespoir vient alors s´ajouter à la terreur, et crée un état de panique totale...
Elessar comprit qu´il allait mourir.
Roland le saisit aux épaules, le souleva de terre, et, sans le lâcher, le projeta dans un mur avec une violence inouïe. Le mur vola en éclats, et Elessar et Roland se retrouvèrent dans la salle de classe...
Elessar repoussa son adversaire d´un geste, peut-etre rendu maladroit par le désespoir, mais toujours d´une puissance extraordinaire. La terreur supprimait les armes les plus efficaces, mais elle en fournissait tout de même d´autres...
Il se releva, et brandit son épée. Roland revint aussitôt à la charge, et d´un coup de pied, désarma son adversaire. D´un autre dans la machoire, il annihila le peu de lucidité qu´il restait à Elessar. Il enchaina d´une multitude de coups de poing dans les flancs, qui de par leur rapidité n´étaient pas vraiment dénombrables...
L´esprit engourdi d´Elessar ne ressentait même plus la douleur...
Roland le poussa violemment en arrière. Il traversa toute la pièce, et ne fut arrêté que par le bureau du professeur.
D´un gigantesque mais non moins gracieux bond, Roland fut sur le bureau. Reiki sortit de son fourreau sans un bruit.
Elessar tomba une dernière fois dans ce regard... Il vit les vagues se refermer au dessus de lui... la voute céleste étoilée disparut... Il était plongé dans le noir. Il y eut le tonnerre de l´eau qui tombait... Le sifflement de Reiki...
Puis plus rien.
Roland descendit du bureau, Reiki en main. La jeune femme avait crié son refus de la mort d´Elessar... Il se tourna vers elle. Elle se ruait sur lui. Il posa une main sur sa poitrine...
Il y eut une grande flamme bleu sombre qui traversa la jeune femme de part en part...
Elle tituba, le souffle coupé... Elle fit ainsi quelques pas en arrière... Puis elle se reprit. Elle sortit deux magnifiques katanas, l´un de lumière, l´autre d´ombre... et revint à la charge.
Roland abbatit Reiki verticalement avec une puissance terrible... Jen eut tout juste le temps de mettre ses armes en opposition... et si elles n´avaient été Luce et Ombre, elles auraient éclaté en morceaux...
Le sol se fissura sous ses pieds... et elle s´affala par terre... Les os de ses jambes avaient été broyés par le choc.
Elle vit l´Oeil du Dragon s´éteindre dans le regard de Roland. Elle vit des yeux d´un marron terne. Ils n´étaient pas totalement froids et dénués d´expression... Quelque part, peut-être de la pitié... De la tristesse.
Puis Roland partit de la salle de classe dévastée...