Zellleboss c´est Blackfire?
Bref moi j´aime bien ça fic mais je me perd de temps en temps, je sais pas si lisa et linoa son en vie irvine non plus, bref le bordel mais je met 17/20
A quand la suite? ![]()
Oui je suis Zellleboss.
Je n´ai pas prévu de diffuser la suite sur le forum vu que j´ai totalement réécrit ma fic.
Je la mettrai peut-être sur le forum dans un nouveau sujet vu que le début n´est plus exactement pareil.Je verrai bien ce que je ferai...
-_-
Ok, j´ai hâte de lire ça.
T´as titré ta fic pendant une overdose d´inspiration Zelly ? :D
Oh mais chuteuh! :-\
-_-
Excellente ! Tout bonnement excellente ! J´ai beau avoir relu cette fic des centaines de fois, elle me procure toujours autant de plaisir. C´est simple, drôle et parfaitement écrit. La syntaxe est impeccable, les personnages sont profonds, charismatiques, colorés. L´histoire est rythmée et les rebondissements pleuvent. Il s´agit sans contestation possible de la meilleure fic du forum. Et je ne dis pas ça parce que je connais Zellleboss personnellement.
Ce qui est sur c´est qu´il abandonne ça fic!
oohhhhh mon dieu ....
Trop pourrie la fic ! ![]()
Zellleboss ayant semble-t-il abandonné sa fic, j´ai décidé de la poursuivre. La perfection étant difficilement égalable, je n´ai nullement la prétention de ne serait-ce qu´égaler le niveau atteint par le maître. Néanmoins, je tâcherai de faire de mon mieux afin que le chef-d´oeuvre de Zellleboss ne se noie pas dans les profondeurs bathyales, voire abyssales, de ce forum.
Chapitre 1
Un long bêlement monta de la combe, cachée par un barrage de buissons gelés. Les moutons avaient senti l´homme, à distance, Squall Leonhart se mit à rire, tout seul, et pressa le pas, la tête tendue dans le vent, une coulée de froid sur chaque joue. Ses pieds s´imprimaient dans la neige mince qui couvrait le sol. Il avait hâte de revoir ses bêtes, peu nombreuses, mais solides sur pattes et de bonne toison. Lâchées au printemps sur les pentes de la montagne, elles avaient vécu toute la chaude saison en liberté. Depuis avril, une fois par mois, il grimpait là-haut, en quatre heures de marche raide, pour les observer, les compter et se faire reconnaître d´elles. En son absence, elles changeaient de place, guidées par la saveur de l´herbe et l´exposition des terrains. Mais toujours il les retrouvait sans peine, groupées autour du Chocobo maître, avec leurs derniers-nés qui s´effarouchaient à l´approche de l´homme.
Maintenant, novembre venu, il s´agissait de les ramener à Chocoboy, où elles resteraient parquées pour la durée de l´hiver. Squall glissa deux gros doigts immondes sous sa langue et siffla, haut et clair, pour s´annoncer. Une impatience amoureuse précipitait les battements de son coeur. Il allait à un rendez-vous. Ouvrant les fourrés de givre, il se dressa de toute sa taille au bord du flanquement. Grand et maigre, osseux, les hanches plates, le torse large, il semblait jailli de la terre dans une convulsion de pierres et de racines. Ses jambes longues étaient enfournées dans des pantalons de Balamb, qui se gonflaient en poches sous les genoux. Une veste en cuir noir, bourru, pendait sur ses épaules. Il portait haut sa tête sèche, aux traits nets, à la peau fendillée comme un morceau de cuir. Sous les sourcils rongés par le soleil, ses yeux bleus et ronds brillaient d´une joie enfantine. Quand il souriait, il n´avait plus d´âge. Il grommela :
- Vous voilà! Vous voilà, coureuses!
Rien à dire, le chocobo maître avait raisonnablement choisi son domaine. Dans ce creux abrité, la jeune neige n´avait pas tenu. Eparpillés sur un lit de cailloux et de mousse, les Chocobos, une quinzaine en tout, paissaient, candides et sereins. L´un, gonflé de nourriture, s´était agenouillé sur ses deux pattes de devant dans une pose de prière. Deux autres ruminaient, front contre front, avec béatitude. Un Chicobo rua dans le vide, fit un temps de galop, et se colla contre le flanc de sa mère. Squall, gravement, dénombrait sa richesse :
- Quatorze Chocobos, le Moogle et trois Chicobos, dont un qui a dû naître la semaine dernière.
Il avait parlé à haute voix. Son corps s´inclina en avant. En trois bonds souples, il atteignit le fond de la ravine. Engoncés dans une grosse écume de laine sale, les Chocobos regardaient venir à eux le maître de la vallée. Un sentiment d´orgueil emplit la poitrine de Squall. Il plongea la main dans sa musette pleine de sel. Gérard, le plus vieux Chocobo, le salua d´un bêlement affectueux.
- Tu es heureuse de me voir, murmura Squall. Tu te disais : s´il ne vient pas à temps, celui-là...
Gérard lui léchait les doigts d´une langue chaude, râpeuse. D´autres s´approchaient, attirés à leur tour par la promesse du sel. Bientôt, il fut entouré d´un petit nuage de bourre, qui lui venait à mi-couille. Un fin grésil chargeait, par endroits, la toison des bêtes. Des brins d´herbe, des épines gelées, des insectes morts étaient prisonniers de leur laine.
Squall respira gaiement la senteurâcre de son troupeau. Un Chicobo têtait sa mère, sans qu´elle y prit garde. Puis il lâcha la mamelle. Un fil de salive descendait de sa lèvre. Le dernier-né se tenait à l´écart, mal planté sur ses pattes grêles, les oreilles basses, le museau mouillé d´émotion.
- Toi, je te porterai, dit Squall. Tu n´aurais pas la force de suivre.
Il se fraya un passage jusqu´au Moogle solitaire :
- Viens ici, viens donc!...
Le Moogle fit trois sauts de côté, courut en rond, secoua la tête. Un genou à terre, Squall tendait vers lui sa large main ouverte :
- Viens, bêta. C´est de l´amitié.
L´autre, méfiant, hésitait encore. Alors, Squall feignit de se détourner. Aussitôt, le Moogle s´approcha de lui et flaira timidement ses chaussures. D´un geste prompt, Squall le saisit à plein corps et le pressa contre sa poitrine. Une petite masse nerveuse et chaude palpitait entre ses bras, se débattait, se déhanchait, hurlait à fendre l´âme. Squall riait et caressait de la main gauche le ventre de soie, le cou fragile et vibrant, où passait la voix de la peur. Puis, de la main droite, il attira le sac qui pendait sur son épaule et l´ouvrit pour y déposer son fardeau. Tenu dans la prison de toile, le Moogle protestait encore à brefs coups de queue. Un Chocobo se détacha du groupe...
- C´est toi la mère? demanda Squall. Ne crains rien. Il est là...
Et il lui donna le petit à sentir, pour la rassurer. Elle mâchait un restant d´herbe. De sa bouche active se dégageait une douce vapeur. Le soleil luisait, rouge et lointain, dans un ciel brouillé de brumes. Les récentes chutes de neige avaient modifié l´aspect des plus hautes aiguilles. Des linges blancs, déchiquetés, s´accrochaient aux parois rocheuses. Une farine épaisse tapissait les éboulis dans les couloirs d´avalanches. Les premiers mélèzes étaient poudrés d´argent fin. C´était plus bas seulement, à l´étage des hommes, que la couleur des terres n´avait pas changé. Squall chargea le sac sur son épaule et dit :
- En route.
L´air était pur et froid. Toutes les montagnes, rangées en demi-cercle, assistaient au départ du troupeau. Squall marchait devant. Les bêtes le suivaient de près, serrées flanc à flanc, en balançant leur dos laineux et leur chanfrein busqué. Le Moogle était parmi elles, avec ses oreilles tordues et son odeur. Il avai posé son menton sur la croupe d´un Chicobo et se laissait porter, songeur, inutile, par le courant. De temps en temps, Squall se retournait pour voir son monde. Quand on abordait une plaque de neige, les Chocobos paraissaient tout à coup plus sales. Ils trottaient en hurlant, happaient, cà et là, une brindille craquante. Après leur passage, l´étendue blanche était souillée par une longue traînée fangeuse, où des bouquets d´herbe rare frissonnaient au vent.
Squall franchit d´un saut le petit torrent coléreux. Et tous les Chocobos sautèrent le torrent derrière lui. Il sentait, contre son dos, le poids et la tiédeur du Chicobo nouveau-né. Le Chicobo ne bougeait pas. Il avait pris confiance. Une fois de plus, Squall regretta que son compagnon eût refusé de l´accompagner dans la montagne. C´était une grande journée, et Seifer ne le comprenait pas. Il avait préféré descendre en ville. Pour quoi faire? Impossible de le savoir, avec lui! Peut-être espérait-il trouver un travail à sa convenance? Ce n´était guère facile pour eux dans la région de Balamb. Pas à cause de Squall, qui était robuste, docile et faisait double ouvrage. Mais à cause de Seifer, toujours à fuir devant l´effort, à se quereller, à se plaindre et à demander plus que son dû.
Il avait mauvais caractère. Cela se savait.
La semaine dernière, Chocoboy l´avait renvoyé. Squall, lui, aurait pu rester dans la place. Mais, loin de son compagnon, il n´eût pas connu de plaisir à la besogne et au profit.
Sa vie n´avait de sens que dirigée et approuvée par Seifer. Au moment de l´embauche, ils avaient coutume de dire:
"Nous, c´est tous les deux, ou personne!"
- Il est malin. Il s´arrangera pour nous faire engager. A la carrière. Ou chez le marchand de bois. Sûrement, il avait son idée en partant. J´aurais dû l´interroger davantage. Il m´aurait expliqué. Non, il ne m´aurait pas expliqué. Il ne m´explique jamais rien...
Quand il était seul avec ses Chocobos, Squall avait l´impression de pouvoir réfléchir à toutes choses avec une grande lucidité. Mais devant Seifer, qui parlait fort et vite, il perdait le contrôle de ses pensées. les mots se heurtaient dans sa tête. Il répétait :
"Oui, oui", sans comprendre. Avant son accident, il n´était pas ainsi. A Balamb, certaines personnes, il le savait, le considéraient comme une tapette qui entretenait Seifer. Il fronça les sourcils. Des idées passaient dans son crâne avec une lenteur de nuages : "Les Chocobos...la maison...Seifer... Seifer qui a perdu sa place à la ferme. Seifer qui est soucieux, qui se fâche, qui chamaille, qui crie..." Par suite de la différence d´âge qui existait entre eux - il avait vingt-cinq ans et Seifer en comptait vingt-six - Squall éprouvait, à l´égard de son frère, des sentiments de tendresse discrète, d´adoration craintive, que rien ne pouvait rebuter. Le père de Squall, Laguna Loire, vieux bourlingueur aux favoris vaporeux, était mort en montagne, sur les hauteurs de Winhill, foudroyé sur la roche en compagnie de sa maîtresse, quelques mois auparavant.
Comme son père, Squall avait élevé l´enfant sans l´aide de personne, à sa façon. Seifer, vingt-six ans, allait à l´école, mais n´avait pas le goût de l´étude et de l´obéissance. Malgré les remontrances et les menaces, il apprenait ce qui lui plaisait, manquait le catéchisme et s´échappait de la messe, le dimanche, pour courir les bois, avec des galopins de son âge, friands de tours et de rapines. En grandissant, il était devenu on ne sait trop quoi : un de ces garnements de la montagne, ni ouvrier ni paysan, qui ne prient pas et ne sèment pas, bûcherons à leurs heures, souteneurs peut-être, braconniers à coup sûr! Pour le soumettre à une discipline honnête, Squall avait fini par le prendre comme porteur dans ses courses avec les clients. Cette activité régulière avait quelque peu assagi le tempérament sauvage de Seifer. C´était après l´accident que la vie, pour eux, s´était gâtée.
Le Chicobo hurla dans la poche de toile. Le Chocobo maître devança ses compagnes et vint flairer son rejeton. Il tendait le cou, frétillait de la queue et, dans l´iris oblique de ses prunelles, brillait une goutte de lumière humble et intelligente. Squall s´arrêta, ouvrit le sac, prit le Chicobo dans ses bras :
- Comme ça, tu le vois mieux. Tu peux te rendre compte...
Le Moogle baissa la tête, en signe de remerciement, et se laissa rejoindre par le grouillement laineux du troupeau.
Ils pénétrèrent dans un sous-bois, à la terre boueuse, semée d´aiguilles rousses, avec, par places, des bosses de neige piquées de chicots noirs. Le sentier descendait rudement entre les troncs sévères. Les plus hautes branches des mélèzes retenaient encore un peu de blancheur. Au-dessus, le ciel se chargeait de nuées.
Squall tenait toujours le Chicobo dans ses bras, comme un enfant frileux :
- Ce soir, Seifer sera de retour. Et quand il verra toutes les bêtes à l´écurie, il me fera un compliment. Il dira : "Squall... Squall...
Alors il m´enlacera tendrement.
Nous nous embrasserons. Puis nous jetterons nos corps nus et humides dans la paille et ce sera le début d´une nuit torride et intense. Mais chut, pas un mot de tout ça à Irvine ! Je lui ai dit que je passais la soirée aux éliminatoires du tournoi annuel de Triple Triad de Dollet. S´il savait !
Le front levé, Squall essaya d´imaginer ce que lui dirait Irvine. Mais, de nouveau, les idées fuyaient son cerveau. Il répétait à mi-voix : "Squall...Squall..."
Et un large sourire ouvrait ses lèvres pulpeuses.
Le soleil se couchait derrière la montagne, quand Squall atteignit les premiers champs de culture, bordés de murets en pierres blanches. Au bout de la route était Balamb, bâti en pente, dont les maisons s´enfonçaient de tout leur poids dans le sol, comme par crainte de glisser plus bas. Des toits de lauzes superposées descendaient en visière sur les minuscules fenêtres sans vie. Les hautes cheminées de bois, en forme de pyramides tronquées, fumaient tranquillement dans le soir. Ce lieu était le point extrême où des hommes avaient osé planter un gîte et semer le grain. Mais, sur la glèbe revêche, bourrée de cailloux, le seigle même venait mal. Les vieux mouraient sans rien avoir mis de côté, et les jeunes, l´un après l´autre, fuyaient ce coin de mauvaise terre que les chutes de neige isolaient du monde pendant six mois de l´année. Jadis prospère et peuplé jusqu´aux bords, Balamb ne comptait plus que dix-huit feux à peine. Et, au-dessus de lui, il n´y avait que des refuges perdus dans la montagne pour les grimpeurs de l´été.
A mesure qu´ils approchaient des demeures, les Chocobos hurlaient avec plus d´insistance, heureux de reconnaître le pays de leur hivernage. Squall était content qu´ils fissent tant de bruit, car il voulait attirer du monde sur le passage de ses bêtes. Le chemin s´étranglait entre deux rangées de façades. Cid le vieux, employé de nuit à l´usine électrique de l´île, était sur le pas de sa porte, un petit tournevis à la main. Il fendait des bûchettes sur un billot. Voyant venir Squall, il branla sa tête de viande grise, aux oreilles moussues, cracha et dit :
- Le compte y est?
- Oui, répondit Squall. Avec, en plus, trois Chicobos bien vifs...
Il désignait du regard celui qu´il tenait dans ses bras. Cid abattit son tournevis sur une bûche. Le Chicobo tressaillit, ferma les yeux. Squall dit :
- Seifer sera content.
- Sûr qu´il sera content, dit Cid. Quand revient-il?
- Ce soir.
- Il aurait pu attendre que tu aies rentré tes Chicobos pour aller en ville!
- C´était important.
- Du travail? demanda Cid.
- Sans doute, répondit Squall. Du travail.
Il n´osait pas dire que Seifer ne le mettait jamais au courant de ses affaires. Le troupeau piétinait.
- Tu me laisses le Moogle? reprit Cid. Je le garde peu de temps, je le rends à Raijin après. De toute façon, c´est mon tour...
- Tu as une corde pour le tenir?
- J´ai une corde. Approche-le voir...
Cid sortit une cordelette de son slip, la noua et passa la boucle sur le cou du Moogle. Squall se remit en marche. Le Moogle hurlait, tirait sur son licol vers toutes les femelles qui s´en allaient, ingrates, en balançant leur croupe, sans le regarder.
- Vite, vite, mignonnes! disait Squall. Ne pensez pas au cornu. Il est mieux chez Raijin que chez nous, pour l´heure...
Plus loin, ce fut Selphie Tilmitt, une amie d´enfance, qui l´interpella :
- Te voilà redescendu, donc! Et toute la famille avec!...
Selphie, vingt-cinq ans, avait un visage aux rides aimables, un dos rond et des mains gonflées de veines, qui pendaient sur sa minijupe comme des outils.
Il s´arrêta devant elle, pour lui permettre de mieux admirer ses Chocobos.
- Moins on les soigne, mieux ils se portent, dit-elle.
Il rit :
- Oui, oui, c´est comme ça!
Il avait l´impression que le village entier lui enviait ses Chicobos, si beaux et si sages.
- Tu me donneras la laine à filer, reprit Selphie. On partagera le fil. Moitié, moitié. Comme l´année dernière.
- Comme l´année dernière.
- Et n´oublie pas ce que tu m´as dit pour mon fenil. La neige s´annonce et il est ouvert de partout. Tu viendras le réparer demain?
- C´est promis, comme juré. Adieu, Selphie.
Un sourire d´enfant glissa, tel un souvenir du passé, sur cette figure éteinte.
Squall toucha d´un doigt atroce le bord de sa Gunblade, qui avait la forme d´un champignon. Les Chocobos le poussaient aux mollets par petites secousses têtues. Il fit quelques pas encore. Devant le café de Gérard, un groupe d´hommes lui barra la route : le père Cid lui-même, le maire Dobe, le gendarme Kiros, et Ward, le souteneur attitré de la commune. Tous regardaient du côté de la montagne. En entendant venir le troupeau, ils se tournèrent vers Squall.
- Tiens, voilà Squall! cria Kiros. Tu les ramènes? On ne t´en a pas volé?
- Pourquoi m´en volerait-on? dit Squall. Je n´en vole à personne moi.
- Oh, mais toi tu es un gars à part!
Il y eut des rires. Squall se troubla. Etait-ce un compliment ou se moquait-on de lui? Incapable d´en décider, il se balançait d´une jambe sur l´autre, les bras mous, le front penché. Enfin, il murmura :
- Ils sont vaillants mes Chocobos. Pas un ne boite. Et on a marché trois heures sans souffler.
Personne ne lui répondit. On ne s´occupait plus de lui. De nouveau, tous regardaient du côté de la montagne.
- Qu´est-ce que vous regardez? demanda Squall.
- L´Hydre est tombée là-haut, la nuit dernière, dit Kiros. Ils l´ont annoncé à la radio de Gérard. Alors on essaie de voir. Mais ce doit être de l´autre côté.
- L´Hydre? dit Squall. D´où venait-elle?
Kiros prit un air officiel. Sa moustache se roidit comme une savonnette. Son oeil devint fixe. Il dit avec importance :
- L´Hydre venait d´Esthar.
Squall cligna des paupières, regarda à son tour.
- Tu te rends compte? dit Cid. Partir d´Esthar et venir s´écraser chez nous! Quelle histoire!
Les Chicobos hurlaient. Squall se fatiguait les yeux à observer la pente de neige, éblouissante et lisse.
- Rien, dit-il. C´est tout propre jusqu´au sommet.
- Misère! soupira Ward. Moi, l´Hydre, je me suis toujours méfié!... Parle-moi d´une bonne paire de chaussures! On va moins vite, mais on arrive plus sûrement. Quel temps fera-t-il demain Squall?
Squall était fier que Ward lui demandât son avis sur le temps. Pour les vieux, il était encore quelqu´un, à Balamb. Ceux-là n´avaient pas oublié.
- Le vent tourne, dit-il. Cette nuit, il neigera pour un peu.
- Et Seifer? Tu l´as laissé à la maison?
- Non. Il est en ville. Il cherche des prostituées pour son vingt-septième anniversaire.
- Tu n´as pas peur que ça le fatigue? dit le maire Dobe.
De nouveau, le groupe fut secoué par un accès de rire. Squall rit avec les autres. Mais il ne savait pas au juste pourquoi il riait ainsi.
- Voilà, dit-il, les bêtes s´impatientent. Adieu, tous.
Il fit un salut, clappa de la langue et reprit sa route avec tous les Chicobos derrière lui. Sa maison était en dehors du village, à huit cents mètres, dans le vieux Balamb. Quatre masures en tout. Personne n´y vivait plus, hormis lui et son frère. Les trois autres foyers s´étaient éteints, faute de femme. Cela s´était trouvé ainsi. Pas de mariages. Pas d´enfants. Les hommes restaient célibataires, vieillissaient, partaient ou périssaient sur place, et leurs demeures devenaient des cavernes froides. Faîtages défoncés, portes et fenêtres béantes, elles se laissaient emplir de mille débris sombres apportés par les vents, dilués par les pluies. Une végétation rousse poussait sur les seuils brisés. A côté de ces vieilles carcasses, le logis de Squall Leonhart offrait encore un air de fermeté et d´agrément. Le rez-de-chaussée, en pierres brutes liées à la chaux, était surmonté d´une grange construite en poutres de bambou. Des blocs de schiste chargeaient le large toit pentu et coiffant, fait d´ancelles de bois gris, grossièrement agencées. La cheminée haussait dans le ciel sa bourne robuste, gainée de lattes. Sous l´auvent, à droite de la porte, les bûchettes, empilées avec soin, composaient un rempart de tendre matière blonde. Le grenier, une cabane carrée, en madriers noircis par le temps, avait été bâti loin de la maison, à cause des risques d´incendie. Quatre supports de forme conique l´isolaient au sol, afin de le protéger contre l´intrusion des Bogomiles et des Xylopodes. A l´intérieur s´entassaient les provisions de viande séchée, d´avoine et de seigle, les vieux vêtements des morts, les vêtements neufs des vivants et tout un assortiment de reliques irremplaçables. Un peu plus haut, face à la montagne, s´élevait une muraille de rocs superposés, qui servait de pare-avalanche. Le péril venait toujours de ce côté-là. Par habitude, avant de rentrer chez lui, Squall jeta un regard sur les pics de granit qui repoussaient le ciel. La clarté du soleil avait quitté les basses terres pour se réfugier, rouge et brillante, au sommet des rochers. Une longue nuée, couleur de feu vif, flottait encore sur le dôme de neige. Au-dessous, des coins d´ombre s´enfonçaient dans les balafres de la pierre. Les veines brillantes des cascades se changeaient en chevelures grises. Le glacier, hérissé de couperets d´argent, s´éteignait, s´émoussait, consentait à n´être que tache pale et plate. Et, à la base de l´édifice, les forêts se gorgeaient de nuit, les alpages se décomposaient, les lourds cailloux, enlisés dans l´herbe, affectaient un aspect de crânes ronds et pensifs. Squall hocha la tête :
- C´est tout mauvais là-haut... Le ciel se pourrit...
Il ouvrit la porte. Les Chicobos entrèrent en se bousculant dans le patio. Squall leur avait préparé une litière de débris de sapin et de peau séchée. Le râtelier était bourré de tourbe. L´eau du baquet avait été renouvelée l´an passé. Une demi-obscurité, odorante et tiède, accueillait les voyageurs, dont les pattes tombaient de fatigue. Les deux Moogles, parqués au fond du patio, accolés à un écran plat LCD Toshiba cent quatre-vingt-dix-sept pouces dernière génération, protestèrent d´une voix grelottante contre la horde qui, après six mois d´absence, envahissait de nouveau leur domaine.
C´est quoi cette fic?
C´est pas la suite?
(désolé de ressortir le topic)
Si.
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boulet