J’ai mal partout. Est-ce la réalité ? Ou bien suis-je mort ? J’essaie d’ouvrir tant bien que mal les yeux. Un homme d’au moins 2 mètres est face à moi, avec un sourire démentiel et des yeux explosés comme s’il avait fait la tourné des coffee shop. Je suis attaché à une sorte de table renversée, je suis nu. On m’a changé de place, je ne suis ni dans la salle de torture, ni dans l’autre pièce avec l’ordinateur. J’étais cette fois ci dans une pièce grise, il n’y a pas de meuble, rien. Juste moi et ce à quoi je suis ligoté, et bien entendu, le grand type devant moi, habillé tout de noir, comme ses cheveux tirés en queue de cheval. Cela ne me rassure pas, il faut que je trouve un moyen de me délivrer et d’me barrer, mais comment faire ? Tiens, on frappe à la porte. Le grand ne me quitte pas des yeux, près à me démonter si je tente quoi que ce soit. La porte s’ouvre dans un grincement sinistre, c’est l’homme de tout à l’heure, l’espèce de pédale que j’ai failli tuer, avant que j’m’en prenne une bonne. Il tient un talkie-walkie et me regarde avec un regard haineux, comme si j’avais tué sa mère. Il me tend le talkie au visage :
<< - Sieg Heil connard, T’es réveillé ? Quoi de plus excitant qu’un nazi skizo comme acteur principal de mon premier film. Rhaa… ça va être une tuerie, félicitation mon gars.
- Qui ?
- Ta gueule, laisse le parler, me dit la masse, j’entends enfin le son de sa voix. Une voix très aigue, à ma grande surprise.
- Donc, je reprends, tu sais que t’es taré mon enfoiré ? On t’a attaché et laissé dans la pièce où tu étais tout à l’heure pendant une semaine pour te tester, voir si t’étais pas une de ces tapettes qui crève au bout de trois jours sans manger. Tu n’a même pas cherché à te barrer, la seule que t’a trouvé à faire quand tu t’es libéré était de tuer et de bouffer le chien d’Harry qui te surveillait. J’aurai dû mettre une caméra, j’ai manqué une belle scène de massacre, mais bon, mettons ça sur le compte de l’expérience. Bref, revenons en à nos moutons, nous t’avons recruté pour que tu participes à un long métrage, mon premier long métrage. Quelle excitation, tu ne partages pas mon enthousiasme ?
- Et si j’refuse ?
- Tu n’a pas le choix, c’est le combat de ta vie ce film, et puis de toute façon, tes médecins m’ont dit que…
- Mes médecins ?
- Oui tes médecins ducon, j’parle pas portugais que j’sache. Donc, je reprends, tes médecins m’ont dit que tu n’étais pas fait pour vivre en société, alors tu ne seras pas nue grande perte ahahah.
- Enculé !! ! j’vais t’…
Et là le grand type se mis à me tabasser. Droite, gauche, je crachais du sang, je sentais des dents se briser sous l’impact de ses mains, telles des enclumes.
- Arrête ! Harry empêche le de… s’écria la voix dans le talkie.
Mais Harry n’était pas de taille et voltigea contre le mur. J’étais dans les vapes, ma vue se troublait. La porte claque, je perçois la silhouette d’un homme, je reconnais la voix de l’homme qui me parlait dans le talkie, c’est un homme assez svelte. La masse parait faire le double de lui, mais celui-ci l’écoute et vocifère des excuses de sa voix aigue. Le nouvel homme, qui paraît être barbu lui ordonne d’aller se préparer, la masse s’en va. Je suis seul avec l’homme qui semble être le responsable de tout ça, et bien sûr, avec Harry qui essaie de remettre sa mâchoire en place.
- Désolé, il est très obéissant et presque aussi taré que toi. Logan vie avec des cochons, il rêve d’être un cochon, d’ailleurs cela peut être une idée intéressante pour un futur film, j’y penserai. Enfin bref, prépare toi, dans trois jours nous commençons le tournage, tu seras lâché dans la cage au lion, n’est ce pas excitant ? Aller, trêve de bavardage, j’ai du boulot. Salut ducon. >>
Les 2 hommes s’en allèrent, j’étais à présent vraiment seul, seul avec moi-même. Le sang coule le long de ma poitrine. Dans quoi me suis-je fourrer…