Le débat (CM2)
Introduction
Le terme « débat » se présente sous différentes formes dans notre société. Parmi celles-ci, il est nécessaire de situer celles qui peuvent servir de références pertinentes aux pratiques pédagogiques conduites dans les classes de cycle 3 de l’école primaire et celles qu’il faut écarter parce qu’elles ne sont pas en cohérence avec les finalités de l’institution scolaire, notamment celles qui ne visent pas l’activité, l’autonomie et la responsabilisation de l’élève futur citoyen. Il convient d’éviter le débat politique, le débat médiatique tel qu’on le voit à la télévision. Le seul débat possible à l’école élémentaire un débat réglé argumentatif. C’est un débat ordonné où tout le monde est à égalité du point de vue de la parole et où chacun parle pour lui-même.
Le débat permet d'éviter un comportement d'attente de l'élève qui attend ordinairement passivement la vérité absolue de la part de l'enseignant. Or, on se détache des performances des élèves en les laissant échanger des réflexions. Le professeur n'est plus un comptable des résultats des élèves mais un arbitre neutre. En instaurant le débat en classe, ce n'est pas tellement le résultat qui compte mais la démarche mise en œuvre par chacun pour parvenir à ordonner et faire comprendre ses idées.
- Sujet : domaine + niveau = ?
- Compétences visées = ?
- Objectifs d'ordre intellectuel ; démarche = savoir questionner les autres, d'interroger soi-même, fournir des efforts pour s'expliquer, développer son esprit critique.
- Objectifs d'ordre éthique : savoir s'écouter
- Instructions officielles = ?
- Caractéristiques du sujet + difficultés éventuelles = ?
- Référence aux documents (critique et analyse des supports) => voir feuilles PE1.
La séquence : (+ différenciation)
- Connaissances requises au préalable
- Séance 1
- Séance 2
- Séance 3
- Séance 4
- Séance 5
- Séance 6
- Prolongements
- L’évaluation (UE3)
- Séance 1 : qu’est-ce qu’un débat ? (45 minutes)
Objectif : faire prendre conscience au élèves de la notion de débat.
Phase 1 :
Le concept de débat peut émerger dans l'esprit des élèves sans avoir besoin de le nommer. Par exemple, dans le cadre d'un album en littérature de jeunesse, un débat interprétatif peut être mené sans que les élèves prennent conscience qu'ils sont en train de débattre. Or, le fait d'échanger et de discuter de leurs idées ainsi que de leurs points de vue les place pourtant bien dans une situation où il y a confrontation de leurs idées.
Par exemple, à partir de l'album A la gloire des petits héros, qui peut également servir à atteindre d'autres objectifs (comme comprendre un texte littéraire adapté, comprendre le vocabulaire de la guerre, répondre à des questions de compréhension, reconnaître le vocabulaire lié au « front » etc), les élèves de CM2 peuvent en venir à s'interroger sur l'interprétation de certains passages ayant recours à l'implicite (exemples : recours au symbolisme pour identifier la nationalité d'un soldat, métaphore à propos de fourmis travaillant de concert sous la terre etc) voire s'interroger sur l'intérêt de faire la guerre vu les malheurs qui en résultent. En effet, ce livre raconte l’aventure de quatre écoliers qui, en 1918, après avoir été marqués à l’école par une affiche de propagande, décident de partir et rejoindre le front pour participer à la guerre. Deux d’entre eux, espèrent aussi y retrouver leur père dans un hôpital de campagne car il est blessé. Après s’être séparés en deux groupes, les enfants se retrouvent à Épernay dans la Marne non loin du champ de bataille. C’est en cherchant l’hôpital de campagne qu’ils découvrent la violence, l’absurdité et les horreurs de la guerre des tranchées.
L’enseignant va procéder, en classe complète, en leur demandant d’expliciter leurs arguments en prenant appui sur le texte. Ainsi, à la fin de la séance, le professeur explique que la confrontation des idées qui vient d'avoir lieu s'appelle un débat.
Phase 2 :
Ensuite, un travail est effectué avec les représentations des élèves : « qu’est-ce qu’un débat ? » Les élèves discutent de ce qu’est un débat selon eux, de ce qu'on peut dire ou pas. L’objectif de cette phase est des les amener à la création d’une fiche outil à propos du débat, fiche outil qui s'étoffera en fonction des futures séances et des besoins des élèves.
- Séance 2 : les mots outils (45 minutes)
Objectif : enrichir le débat par l’utilisation de mots outils variés.
Lors de la séance précédente, les élèves sont parvenus à exprimer leurs idées mais sans méthode particulière. Ils se sont alors rendus compte – ou du moins l'enseignant s'est débrouillé – pour leur faire prendre conscience qu'ils avaient besoin de mots particuliers pour argumenter et réfuter lors du débat. C'est l'occasion de chercher les mots qui ont été souvent employés lors du débat de la séance 1 et de les recenser au tableau, en sollicitant les élèves. A partir de là, des synonymes émergent du vocabulaire des élèves et un classement peut se faire entre les mots utilisés pour en faveur d'une idée ou, au contraire, pour la réfuter.
Ainsi, divers mots servant à défendre un argument ou à le réfuter sont répertoriés et intégrés sur une fiche outil.
- Séance 3 : phase de débat en classe sur le thème : « à quoi reconnait-on un véritable ami ? » (45 minutes)
Objectif : enrichir le débat par l’utilisation des mots outils variés vus lors de la séance précédente.
Le débat a lieu en classe complète. A la fin de celui-ci, l'enseignant sollicite les élèves afin d'en dresser le bilan.
Les élèves se rendent compte que certains ont beaucoup parlé tandis que d'autres n'ont jamais pris la parole. En arrivant à cette conclusion, l'enseignant fait en sorte que les élèves comprennent qu'ils n'ont pas pu tous participer en raison de leur nombre, qui est important et que ce sont les plus bavards qui se sont accaparés la parole au détriment d'élèves plus timides. L'idée de faire de plus petits groupes afin que chacun puisse participer finit par voir le jour, au besoin habilement suggéré par l'enseignant.
Ainsi, des groupes homogènes sont constitués. Les plus bavards sont dans les groupes les plus nombreux afin qu'ils ne mobilisent pas tout le temps de parole alors que les plus timides sont dans des groupes plus restreints, afin de les obliger à prendre la parole vu qu'ils n'ont pas d'élément dans leurs groupes pour monopoliser la parole. Il s'agit d'une différenciation basée sur l'hétérogénéité des élèves vis-à-vis de l'oral.
De la même façon, la prise de parole au cours du débat est abordée. Tout comme les règles de vie de la classe, il convient de mettre au point des règles de vie pour le débat en classe.
A terme, l'enseignant désire avoir les points suivants apparaître :
chacun a le droit à la parole
une seule personne parle à la fois
priorité de parole à celui qui n'a jamais ou a le moins parlé
faire l'effort d'être le plus clair ou possible
faire l'effort de convaincre et d'être explicite
toute réponse doit être argumentée en employant des arguments et des exemples
avoir le droit de posséder des idées à des conditions logiques et éthiques
respect dû à chacun (pas d'injure)
pas de pugilat
pas d'endoctrinement
nécessité d'un arbitre neutre, garant de la bonne marche du débat
Pour cela, il se sert de ce qui n'a pas été lors du débat précédent afin d'aider les élèves à trouver des solutions pour assurer un débat dans de bonnes conditions.
(et c'est pas fini !)