. ..ça pue bien la merde.
Ben voilà, ce qu’on imaginait s’est réalisé… et Sammy a bien réussi son cou. C’est peut-être la pire chose qu’il pouvait arriver à Sega, mais apparemment ça n’affole pas grand monde. J’espère que ceux qui sont certains que ce rachat par Sammy représente une opportunité ne viendront pas se plaindre dans les prochains mois de la faiblesse de la production de jeux Sega.
Sammy, faut-il le rappeler, est avant tout un fabricant de pachinko. Les jeux video ne représentent qu’une partie très marginale de son activité ; il n’y a pas de « culture du jeu video » dans cette société comme il pourrait y en avoir chez Sega, Nintendo ou autres. Inutile donc d’imaginer une coopération entre les créatifs des deux groupes pour nous sortir des titres délirants, comme avaient pu l’espérer certains optimistes.
En réalité, on entre ici dans le monde de la finance internationale, et un tel rachat n’a qu’un seul objectif : faire de l’argent. Je ne porte pas de jugement de valeur, on peut trouver ça écoeurant ou tout à fait normal, quoi qu’il en soit le leitmotiv reste l’augmentation des bénéfices.
On connaît bien les premiers symptômes du rachat d’un groupe par plus gros que lui : prise de contrôle des postes clés -à commencer par l’ensemble de la direction- et recherche d’économies :
- Hajime Satomi, président de Sammy, dirigera la future holding. On peut compter sur lui pour imposer ses hommes aux places stratégiques et ainsi contrôler directement l’ensemble des décisions prises au sein de la nouvelle entité… donc le choix des futurs développement mis en œuvre.
- Les différents studios de développement de Sega vont fusionner prochainement. Cette annonce, au moment où l’on apprend le rachat de Sega, passe relativement inaperçue. Or il s’agit un processus très classique de regroupement des activités, qui est censé permettre des économies d’échelle, par suppression des « doublons »… donc disparition de postes. On peut légitimement redouter une réduction des effectifs des différentes équipes, voire des départs volontaires de créatifs qui ne trouveraient plus dans la nouvelle entité des conditions de travail acceptables.
Espérer de Sega des projets ambitieux et innovants dans l’avenir semble donc bien peu réaliste. Certains naïfs pensent que Sammy, dans son infinie bonté, va servir de banquier à Sega et financer le développement de grands titres… Au risque de me répéter, je vais rappeler la logique qui, à mon sens, détermine tous les choix de Sammy dans ce dossier : une simple soustraction résume la situation : « Ce que Sega nous rapporte » - « Ce que Sega nous coûte » = « Un chiffre qui a intérêt à être positif -et pas qu’un peu… ».
Du reste, il faut savoir que Sammy a, un temps, eu une réputation très particulière au Japon : l’entreprise était surtout connue pour ses liens supposés avec la pègre locale, c’est-à-dire les yakuzas, très « impliqués » dans l’économie des pachinkos et autres machines à sous. Or, pour Sammy, Sega représente avant tout l’accès à un immense parc de salles de jeu, c’est-à-dire une terre fertile pour ses chers pachinkos.
Alors, bien sûr, je peux me tromper, et je ne demande qu’à être agréablement surpris… Mais je n’ai plus d’illusion, et j’essaie de me faire à l’idée que les grands jeux Sega sont derrière nous. A ce titre, la line up de notre développeur fétiche présentée au dernier E3 est quand même tristement révélatrice : pas de projet d’envergure, à part l’énigmatique Phantasy Star Universe, et aucun autre nouveau volet d’une grande licence : au revoir ( adieu ? ) Shenmue, Skies of Arcadia, Panzer Dragoon…