PARIS ( AFP), le 6 oct - Le Bureau de vérification de la publicité ( BVP) a annoncé publiquement lundi, ce qui est exceptionnel, avoir demandé à la marque Sloggi ( groupe Triumph) de retirer définitivement les affiches de sa campagne de publicité pour des strings, qui a suscité un tollé partout en Europe, pour sexisme.
Cette demande est intervenue après le coup de colère vendredi de l´ancienne ministre de la Famille Ségolène Royal contre cette campagne qui montre des jeunes femmes de dos vêtues uniquement d´un string, dans une mise en scène érotique. Mme Royal avait affirmé qu´elle comptait écrire au BVP.
La demande du BVP n´a cependant " aucun caractère obligatoire", a-t-on précisé au BVP, qui n´est qu´un organisme d´auto-discipline de la profession géré par les grandes agences et les annonceurs.
Déjà une première campagne il y a six mois
La campagne Sloggi est l´une des affiches que le BVP avait jugé dégradante pour les femmes dans sa récente étude sur le respect de la personne humaine dans la publicité.
Le BVP a expliqué lundi dans un communiqué avoir rappelé à l´ordre l´annonceur dans sa première campagne sur les strings il y a 6 mois, alors que les affiches étaient dénoncées par l´association féministe La Meute. Mais cette campagne a pourtant repris sur la France entière.
" Ce manquement réitéré aux codes de bonnes pratiques publicitaires est très dommageable pour l´image et la réputation de la publicité, alors même que les organisations professionnelles ont demandé à leurs adhérents de renforcer leur vigilance en matière de représentation du corps féminin et que cet effort commence à porter ses fruits", s´est indigné le BVP.
Si, pour Sloggi, le BVP a édicté une inhabituelle condamnation publique, son étude sur la présentation dégradante des femmes dans la publicité minimise considérablement le problème : elle ne relève que 43 campagnes " non-conformes" à l´éthique, soit " seulement 0,29%" des campagnes de presse et d´affichage nationales. Le BVP en a déduit que la profession est en " amélioration notable".
Une campagne et un tollé européens
Sloggi étant une marque multi-pays du groupe suisse Triumph International, l´un des leaders mondiaux des sous-vêtements, sa campagne pour les strings est une campagne européenne.
Dans de nombreux pays, par exemple en Allemagne, elle a suscité un tollé, avec même le saccage d´affiches et des plaintes pour sexisme. Mais Sloggi a pourtant rediffusé sa campagne cet automne.
L´hebdomadaire suisse " L´Hebdo" écrivait la semaine dernière : " Elles sont de retour, les rangées de fesses plastifiées de Sloggi, mais si le fabricant de string persévère, c’est d’abord que la campagne rapporte. +En terme de ventes, l’opération est un succès+, explique son directeur marketing Peter Triner" au journal.
En Suisse, des plaintes ont été déposées pour +réduction de la femme à un objet sexuel+ auprès de la Commission suisse pour la loyauté, organisme composé de représentants des publicitaires et qui est le seul rempart aux dérives de la publicité puisque rien n’est prévu dans la loi.