Après Jan Ullrich, suspendu vendredi par l´équipe T-Mobile, l´Italien Ivan Basso et l´Espagnol Francisco Mancebo ont été écartés du Tour de France 2006 par les organisateurs. Le grand ménage attendu est en train d´avoir lieu et la Grande Boucle s´élancera donc sans trois de ses principaux favoris.
La terre a tremblé. Les dégâts sont considérables. "Je voulais vous assurer de notre détermination. Elle est totale." Visage fermé, Christian Prudhomme a fait le point sur la situation vendredi midi lors d´une conférence de presse. Le nouvel homme fort du Tour a confirmé que les coureurs dont le nom est cité dans l´enquête sur le réseau de dopage sanguin organisé en Espagne, étaient indésirables. Désormais en possession de documents, officiels, en provenance directe de la Garde civile, les organisateurs ont pu prendre des décisions concrètes, comme il le souhaitait.
Prudhomme a d´abord salué la décision de l´équipe T-Mobile, qui a suspendu Jan Ullrich et oscar Sevilla, tous deux incriminés. Jean-Marie Leblanc s´est lui aussi félicité de cette décision de l´équipe allemande. "C´est un geste courageux et un bon exemple pour les autres directeurs sportifs. Aujourd´hui, on ne peut plus faire que ça: être courageux", a-t-il estimé. ASO a également décidé de prendre ses responsabilités en écartant de facto Ivan Basso et Francisco Mancebo. "Bjarne Riis va annoncer la nouvelle à Ivan Basso. Vincent Lavenu est en train de parler à Mancebo", a expliqué Christian Prudhomme, annonçant également que les exclus ne seraient pas remplacés.
Le cas Astana en suspens
Il a en revanche refusé de dresser la liste nominale des coureurs incriminés dans le rapport de la police et de la justice espagnoles pour laisser le temps à leurs directeurs sportifs de les prévenir, ni de donner le nombre exact de coureurs incriminés. On sait toutefois que quatre équipes sont concernés: T-Mobile, CSC, AG2R et Astana-Wurth. "Le cas d´Astana est plus complexe, car il y a tellement de noms issus de cette équipe sur la liste, que cela ressemble fort à un système de dopage collectif", a ajouté le directeur du Tour.
Le cas de l´ancienne formation Liberty-Seguros n´est donc pas encore tranché. Pour l´heure, trois des neuf coureurs d´Astana engagés sur le Tour sont cités: les Espagnols Isidro Nozal et Joseba Beloki, ainsi que l´Allemand Jorg Jaksche, récent deuxième du Tour de Suisse derrière Jan Ullrich. "On ne peut que regretter que ces documents ne nous soient pas parvenus 24 heures plus tôt, car cela aurait peut-être inversé la décision du TAS", peste Prudhomme. Le Tribunal Arbitral du Sport avait rejeté jeudi la demande des organisateurs du Tour de France de récuser l´équipe Astana, faute d´éléments tangibles en sa possession. Les éléments tangibles, sont là, mais un peu tard.
Vertiges
Après trois heures de pure folie, le cyclisme, pris de vertiges, a la tête qui tourne. On ne sait trop s´il faut se réjouir ou s´attrister d´un tel spectacle. Le coup est rude, mais peut-être sera-t-il salvateur. Le coup de balai orchestré vendredi matin est sans précédent. Même l´affaire Festina, qui avait pourtant amené le Tour au bord du précipice, n´avait pas provoqué un tel chambardement, car elle se limitait à une seule équipe.
Là, ce sont les deux principaux favoris du Tour de France, plus un sérieux outsider, qui se retrouvent bannis. Ivan Basso, Jan Ullrich, Francisco Mancebo. L´an dernier, ils avaient terminé respectivement deuxième, troisième et quatrième à Paris, derrière un certain Lance Armstrong. Certes, la mise en accusation du trio n´absout pas le Texan de tout soupçon. Au contraire, serait-on tenté de dire. Mais quand même. On ne peut s´empêcher de penser que le Texan, implicitement accusé par ses détracteurs d´avoir volé un ou plusieurs maillots jaunes à ses rivaux, doit se friser les moustaches...
Il est pas sur de participer l´Equipe AG2R et pas sur 