Pagis l´anti-héros
Michael Pagis n´est pas le joueur le plus connu de l´effectif de l´Olympique de Marseille, et pourtant, son club lui doit une grande partie des bons résultats de l´équipe. Dans l´ombre de Cissé et Ribéry, Pagis s´affirme comme un pion essentiel du dispositif marseillais.
Pagis est un homme taiseux, un anti-héros des temps modernes, qui ont tendance à mettre en avant l´individualité avant le collectif. Pagis, lui, c´est au contraire l´incarnation du collectif, de la modestie. Mais ne vous méprenez pas, Pagis est un homme qui sait ce qu´il veut et ce qu´il vaut. C´est ainsi que son arrivée à Marseille a été vécu par le joueur comme un véritable compte de fée : "Pour moi, quand le club me contacte, j’ai du mal à y croire, c’est LE club en France. Je me souviens des matchs à l’époque de Jean-Pierre Papin avec la grosse équipe et un stade à la ferveur unique. C’était un honneur d’avoir la possibilité de jouer à l’OM." Honneur, le mot est lâché. Tant de grands joueurs ont échoué au Stade Vélodrome, n’ont pas supporté la pression, lui au contraire semble s´en délecter : "Rentrer dans un stade plein à domicile c’est un plus. On gardera longtemps en mémoire ces moments." Pagis, un homme de l´ombre qui vous permet de briller.
Ce joueur adepte du beau geste suscite toujours le débat, à pourtant plus de 33 ans, sur son véritable poste. Est-il un attaquant ou un milieu de terrain ? Aujourd´hui encore on n´a pas la réponse. On pourrait le rapprocher de joueurs tels que Youri Djorkaeff ou encore Antoine Sibierski. Cependant, la comparaison la plus récurrente est celle faite avec Eric Cantona. Des similitudes de comportement et de gestes techniques sont flagrants. Lui reste fidèle au personnage qu´il est, tout en modestie : "Cela me fait plaisir lorsque l’on me compare à Eric Cantona car je l’ai énormément apprécié en tant que joueur et en tant qu’homme. Mais je pense ne jamais arriver à faire la même carrière que lui." Pagis joue souvent le rôle du passeur, adorant les espaces qui sont plus nombreux encore aujourd´hui avec la présence sur les pelouses de Djibril Cissé : "Il est beaucoup plus apte à faire des appels en profondeur que moi. C´est son jeu. J´aime également tourner autour d´un joueur qui multiplie les appels". Une entente qui se perfectionne de jours en jours. Contrairement à celle de Pagis avec son collègue Mamadou Niang qui date du passage des deux hommes à Strasbourg : "Avec Mamadou Niang, on s’entendait déjà très bien à Strasbourg, il fait des passes décisives, marque des buts, moi aussi. Bref, on se trouve les yeux fermés". Un attaquant qui met le collectif avant son propre compte personnel de buts se fait très rare dans le football moderne. Pour Pagis : "Aujourd’hui, l’attaquant est le premier défenseur. Pour moi, le football ce n’est pas dribbler trois joueurs et marquer, c’est une osmose entre les joueurs d’une équipe. Je me régale à donner des ballons qui surprennent les adversaires, qui ne pensaient même pas que l’on pouvait développer notre jeu à cet endroit."
Pourtant, cela ne l´empêche pas de truster la première place du classement des buteurs de Ligue 1. Non seulement Pagis est indispensable au sein de l´équipe marseillaise, mais en plus, il sait être décisif. Auteur de l´ouverture du score face à l´AS Monaco (2-1, 17e journée), Mickaël Pagis a marqué contre Saint-Étienne avec Taiwo dans le rôle du passeur (2-1) lors du dernier match avant la trêve, offrant ainsi aux Marseillais trois précieux points. Déjà, contre Valenciennes (14e journée), il avait sorti l´OM d´un bien mauvais pas en reprenant un centre de Niang (1-0).
