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Story : Revanche sur le passé

GoodOldDays
GoodOldDays
Niveau 8
28 janvier 2007 à 11:16:23

PS : 300 :fete: Désolé si tu le réservais au chapitre 16...

[Reen-Go]
[Reen-Go]
Niveau 7
28 janvier 2007 à 11:34:48

Episode 16 : Lendemains difficiles

Je repris conscience dans un lit, que j´identifiais immédiatement comme n´étant pas le mien. J´ouvrai timidement les yeux, et fut éblouit par la lumière. Je refermai immédiatement les yeux, et prit conscience d´une deuxième chose.

J´avais très mal au crâne. Ma tête semblait sur le point d´exploser. Et puis.... j´avais la bouche pateuse, envie de vomir. Mes articulations semblait sur le point de craquer. Je ne pu m´empêcher de pousser un terrible gemissement, venu des profondeurs de mon larynx. Je n´ai aucune idée du son qui a pu sortir, mais ça ne devait pas être agréable à entendre. En tout cas, cela eût son petit effet.

- M. Blonde, comment allez-vous ?
- Je... euh, où suis-je ? Qui êtes-vous ? Qu´est-ce que ?
- Ne vous affolez pas ! Vous êtes à l´hôpital, vous avez fait un malaise à cause de l´alcool, mais tout va bien....
- Je... un malaise à cause de l´alcool, vous dites ?
- Oui.
- Je... je ne me souviens pas.
- Comment vous sentez-vous ?
- Mal au crâne, envie de vomir.
- C´est normal, je vais faire quelques examens.

Ce que j´estimais être une infirmière, au vu de notre conversation, était en train de s´afferer autour de moi, prenant ma tension et autres. A vrai dire, mon état de fatigue m´empêchait de me concentrait, sur ce qui se passait. Je tentais de fermer les yeux, essayait de trouver le sommeil, mais malgré une envie irrépressible, malgré l´impossibilité totale de faire le moindre effort, je n´y parvenais pas. En réalité, je fermais les yeux, et ouvrait les yeux. Je m´aperçu ainsi que l´infirmière était une jolie jeune fille, asiatique. Une jolie asiatique en tenue d´infirmière, en général, c´était la trique assurée... mais là, rien, nada, que pouic. Et ça, c´était réellement inquiétant. Ca pouvait être l´âge aussi, mais étant donné la situation, je commençais à comprendre que j´avais fait une grosse connerie.

L´infirmière termina ses examens. Estima que ça allait, que j´allais me reposer, et partir ou dans la soirée, ou le lendemain. Elle quitta ma chambre, et me laissa seule. Je me laissais aller à mes pensées. Mon état actuel ressemblait furieusement à ce que, dans le language courant, on appelait une gueule de bois. Je me sentais mal, mais à point. J´étais persuadé que vomir me ferait beaucoup, mais je n´y parviens pas, et je n´avais pas la force ni l´envie d´utiliser la bonne vieille technique du doigt dans la gorge.

Vraisemblablement, je m´étais donc bourré la gueule. Restait à savoir pour quelle raison. Cela me sortait de la tête. Il y avait bien longtemps que je ne m´étais pas bourré la gueule pour de vrai. Il m´était arrivé, étant jeune, d´aller un peu loin... voir très loin... enfin bon de me torcher la gueule, et puis bien. Mais ça faisait quand même à peu près quinze ans, et j´étais passé à autre chose. Alors qu´est-ce qui pouvait m´être passé par la tête ?

Au fur et à mesure de mes réflexions, je retrouvais des bribes de mémoires, et j´étais profondément malheureux. Je ne savais pas pourquoi, mais je ressentais une sorte de vide. J´avais un creu dans l´estomac. Quelque chose était arrivé. Quelque chose de très grave, apparemment, mais je ne savais pas du tout quoi. Une peur insidieuse commençait à m´enserrer. Je le ressentis au plus profond de moi-même

Je parvins enfin à vomir.

    • *******

Après ce qui me sembla être de très longues heures. Je reçu de la visite. C´était Serge et Jules.

- Thomas, bon dieu ! Tu nous a fait une de ces peurs.
- Je... euh... comment ?
- C´est nous deux qui t´avons retrouvé, alors que tu... enfin que tu comatais quoi !

Je les dévisageais. En général, quand tu vas voir un vieux pote qui est hors de danger, à l´hôpital, tu es rassuré, soulagé, souriant. Tout va bien, et la conversation est relativement dégagée, amicale

Jules et Serge me dévisageaient. Ils étaient pale, et semblaient effrayés. Quelque part, je me disais que cela avait un rapport avec l´étrange sensation que je ressentais depuis mon réveil. Je commençais à avoir très peur. Serge prit timidement la parole.

- Ça... ça va ?
- Je... ben comme un type qui s´est tapé une cuite et qui se retrouve à l´hôpital. Mal au bide, j´me sens con...
- Tu... ne te souviens pas ?

Jules était effrayé, c´était clair et net. Ce que je disais ne lui plaisait pas du tout, et moi je ne comprenais toujours pas.

- Je... non.... mais

Tout d´un coup, quelque chose me frappa comme une évidence.

- Où est Julie ?

Etant malade, un mari ne pouvait pas attendre moins qu´une visite cordiale de son épouse. Pourtant, il n´en était rien. Mes deux meilleurs amis étaient venus me voir mais pas Julie, et je sentais que c´était là le problème. Lorsque mes yeux s´attardèrent sur Serge, je m´aperçu qu´il n´était même plus pale. Il était blanc.

- Alors... tu ne te souviens pas.

Bien sûr que si je me souvenais. Le bloquage était rompu, et la sinistre vérité me retombait sur la gueule. Julie m´avait quitté, peut-être définitivement.

Je me pris la tête entre les mains...

- Putain... putain... PUTAIN... PUTAAAAAAAAAAAAAIN !

C´est tout ce que je pouvais dire. Ce n´était pas constructif, ça ne soulagait absolument pas le moins du monde. Mais je pouvais le faire, alors je le faisais. Des larmes faisaient briller ma peau. Le creu dans mon estomac se fit ressentir de plus en plus. Je n´avais qu´une seule envie, une envie viscérale, une passion destructrice, celle-là même qui m´avait fait vidé plusieurs bouteilles entière d´alcools fort en un temps ridicule

Mourir.

    • *******

- Il faut que je la retrouve, les mecs !
- Rassied-toi Thomas, tu n´es pas en état, et en plus ça ne sert à rien.
- Mais bien sûr que si ! Putain, je sais même pas si... si ça se trouve elle... elle est en danger ou je ne sais quoi.
- Tu te fais des histoires, Thomas, je te jure qu´il n´y a absolument rien à craindre. Elle a besoin de temps, elle te l´a dit.
- Tu as lu la lettre ?
- Aussi.
- Comment ça, aussi ? Serge ! Tu... tu n´as rien à voir là-dedans n´est-ce pas ?

C´était la fin du monde. Qu´est-ce que voulais dire Serge, bordel ! C´était déjà suffisamment difficile comme ça, il n´allait pas en rajouter !

- Elle... elle m´en avait parlé. Rien de plus.
- Quoi ?

Je le regardais désormais avec une haîne sauvage. Le salopard avait ouï dire que ma femme avait l´intention de me quitter mais il n´a pas jugé utile de m´en faire la confidence. Mais je n´étais pas en colère. J´étais... triste. C´était une véritable trahison, pour moi. Je ne parlais plus que d´une voix faible, haletante, comme si un vague son réussissait à franchir péniblement tout les pièges de ma gorge.

- Mais... pourquoi est-ce que tu ne m´as rien dit ?
- Parce que...

Serge ne pouvait plus parler. Je le sentais pas. Je sentais qu´il allait me dire une horreur, un truc qui allait définitivement m´achever, et bon dieu, je n´avais pas du tout besoin de ça.

- Parce que c´est vrai, Thomas. Tu ne vis plus qu´à travers ton club. Tu ne penses plus qu´à ça...
- Mais non ! Je... c´est faux ! C´est complètement...
- Thomas... depuis que tu es au club, combien de fois m´as-tu appelé ?

La réponse, je ne la connaissais que trop bien. Jamais je ne l´avais appelé, depuis que j´étais avec Raon l´Etape. J´avais... j´avais déconné... je crois que c´est tout ce qu´on peut me dire. Et maintenant tout me retombait sur la gueule. Je ne pouvais rien dire. Ils avaient tous entièrement raison. Serge avait raison de m´en vouloir. Julie avait raison de m´en vouloir. Edwin avait raison de mon vouloir. Mes collègues de lycée avaient raison de m´en vouloir. J´étais une petite merde qui n´avait pas sû s´adapter aux exigences d´une carrière dans le football. Je pensais être un pro, mais j´avais échoué. J´avais oublié deux choses : je n´étais pas encore un pro, et j´avais une vie en dehors du football.

- Serge... excuse-moi. Je... c´est tout ce que j´ai à dire.

    • *******

Nous discutâmes un peu. Serge ne m´en voulait pas. Il ne comprenait que trop bien combien ça pouvait être difficile. Il n´empêche que j´étais franchement mal à l´aise. Je me promettais intérieurement de ne plus déconner, de faire plus, de rétablir l´équilibre entre le club et ma vie difficile.

Après cela, j´essayai de trouver le sommeil, car bon dieu, que je pouvais être fatigué. Je fut cependant dérangé par la somptueuse infirmière asiatique. Toujours pas de trique à l´horizon. J´en déduis que je n´étais pas encore en forme.

- M. Blonde, un coup de téléphone urgent pour vous ?

Julie ?

- Il s´agit d´un certain... Jean-Pierre Rossi.

Et merde.

Je pris le combiné sans aucune conviction, m´attendant bien évidemment au pire.

- Blonde ! Blonde. Comment allez-vous ?
- Je... euh... ça va. Ça va, vraiment ! Qu´est-ce que...
- On m´a dit que vous vous étiez... euh... que vous avez bu plus que de raison.
- Oui... je sais, c´est un peu pitoyable et...
- Votre femme vous a quitté ?
- Oui et non... c´est...
- A cause de votre emploi à Raon ?
- Il semblerait... que ce soit la raison principale, en effet.

Rossi s´arrêta un moment. Cela ne me disait rien qu´y vaille. Il s´était fait beaucoup d´illusions, au début de saison, sur notre qualité de jeu. Le fait que, finalement, nous nous battions comme prévu contre la reléguation, lui avait foutu un sacré coup au moral. Je le sentais pas.

- Ecoutez Blonde... je... peut-être que ce n´était pas une bonne idée de vous engager. Vous êtes doués, cela ne fait aucun doute. Mais peut-être n´êtes-vous pas adaptés pour ce genre d´emploi.
- Vous me virez, c´est ça ?
- Non... non... bien sûr que non. Etant donné nos exigeances, vos résultats ne le justifient pas. Le comité directeur ne comprendrait pas, ni les joueurs, ni le staff, ni les supporters... mais... si vous démissioniez, je le comprendrais, et j´accepterais votre démission.

L´enfoiré. C´était comme ça qu´il comptait se débarasser de moi ? En me poussant à la démission ? Il savait que si je démissionais, j´accélérais mes chances de retrouver Julie, que je pourrais retrouver une vie normale, chose qui me manquait. Il ne voulait plus de moi, j´en étais sûr, et me foutrais une pression d´enfer si jamais je ne démissionais pas.

Mais c´était mon rêve, et je devais aller jusqu´au boût.

- M. Rossi, avec tout le respect que je vous doit, vous pouvez sucer votre bite.

Bearcock
Bearcock
Niveau 10
28 janvier 2007 à 11:39:22

:rire:

dommage pour l´orthographe stikmou :(

[Reen-Go]
[Reen-Go]
Niveau 7
28 janvier 2007 à 11:41:49

tain oui...

Je me suis pas relu, encore une fois...

Je vais faire ça... je vais les républier.. .tous à la suite, en les corrigant intégralement :(

GoodOldDays
GoodOldDays
Niveau 8
28 janvier 2007 à 11:46:27

Super! :clap:

PTDRR la fin!

GoodOldDays
GoodOldDays
Niveau 8
28 janvier 2007 à 11:47:05

:bravo: Smilix :(

Ronaldijoe
Ronaldijoe
Niveau 2
29 janvier 2007 à 16:33:41

J´uppe pour ceux qui ne connaissent pas the story !

Kinroi
Kinroi
Niveau 10
29 janvier 2007 à 19:57:12

Rien a dire superbe comme d´hab :bravo:

Kinroi
Kinroi
Niveau 10
30 janvier 2007 à 20:41:49

:up:

Kinroi
Kinroi
Niveau 10
31 janvier 2007 à 20:42:19

:up:

Ronaldijoe
Ronaldijoe
Niveau 2
01 février 2007 à 16:12:22

La suite pour bientôt ?? ? :p)

Reen-Go3
Reen-Go3
Niveau 10
01 février 2007 à 16:12:45

non :(

Reen-Go3
Reen-Go3
Niveau 10
01 février 2007 à 16:13:34

Sauf bien sûr si stikmou se fait cordialement humilier en bonnet et du forme au cours de ces élections forumiales :(

GoodOldDays-3
GoodOldDays-3
Niveau 3
01 février 2007 à 19:05:47

Ca semble bien parti, il est 3e et assez loin de Bearcock et encore plus derrière PsykoCors... Enfin, ne parlons pas trop tôt :-)

Kinroi
Kinroi
Niveau 10
04 février 2007 à 10:47:30

Si vous le dites :lol:

Reen-Go3
Reen-Go3
Niveau 10
04 février 2007 à 12:35:33

Episode 17 : La vie continue

Tu... tu lui as vraiment dit ça ?
Ouais. Texto.
Whaou. Eh be... t´es cinglé.
Bah ouais. C´est même pour ça qu´on me surnomme... enfin comme tu sais.

Serge esquissa un sourire. Mon superbe surnom, acquis après ma légendaire victoire aux échecs contre Jonathan Belondi, l´avait toujours amusé. Il y avait de quoi. Moi-même, j´avais toujours pris cela avec le sourire, mais avec aussi un tantinet plus de circonspection. Il faut dire qu´à la fac, j´avais aussi la réputation d´être un sacré castagneur, fouré dans pas mal de mauvais coups, et capable de me faire des ennemis en quelques secondes. Ce surnom ma valorisait un peu, mais il était aussi un objet de moquerie. Keith Moon, le fantasque batteur des Who, était surnommé Moon the Loon (Moon le cinglé). Moi, j´était surnommé Bloody Blondy, et finalement, c´était la même chose, quoique mon surnom se réfêrat aussi aux quelques molaires qu´avaient pu malheureusement (ou pas) perdre certains de mes ennemis d´un jour. Je n´étais pas sûr que le fait d´être traîté avec autant de considération qu´un individu décédé à 32 ans dans son sommeil (je suppose ne pas avoir besoin de vous en dire plus) était une excellente chose. Je n´étais pas non plus sûr d´entrer dans la postérité au même titre que Moon.

Bloody Blondy. Blonde le sanguin.

Nous marchâmes dans ce parc, situé à proximité de l´hôpital, observant les feuilles voleter au sol en cette douce matinée d´automne, et regardant avec nostalgie les rangées d´hirondelles qui se réunissaient et fuyaient nos contrées hostiles pour la chaleureuse Afrique. Nous profitions de nos ´retrouvailles´, en quelque sorte. Je ne me rendais pas compte à quel point il avait pû me manquer. Nous étions au tout début de Novembre, et les éclats du soleil illuminaient les branchages d´une aura de clarté, d´un orange presque rose, et les ombres formaient sur le sol comme autant de splendides mosaïques.

N´empêche, t´aurais pas dû.

Serge me regardait, l´air mi-inquièt, mi-amusé. Mais quelques débordements avaient tendance à beaucoup le faire rire, contrairement à certains (Edwin, si tu m´entends). Pour le coup, peut-être avais-je effectivement un peu abusé.

Oui... bon. Il me pardonnera. Il est au courant pour le surnom, mon caractère et tout.
Ouais... mais... euh.

Serge marqua un temps. Je ne savais pas s´il était véritablement concerné par mon sort, ou s´il retenait un éclat de rire. Les deux étaient parfaitement crédibles.

T´es allé un peu loin là.
Je sais bien ! Mais l´autre enfoiré là. ´Si ça vous va, on peut s´arranger pour votre départ. Je me suis sans doute trompé sur vous´. Comment je suis censé le prendre, moi, ça ?
Mal... mais de là à... enfin bref. C´est quand même... particulier... ce que tu lui as dit.
Il apprendra qu´on ne me cherche pas sans conséquences.
Et pour Julie, alors ?

Je marquai un temps. A vrai dire, j´y avais beaucoup réfléchi. J´avais pensé aux stratagèmes les plus étranges, à faire appel à un détective, à parcourir la France, armé d´un fusil de chasse à la recherche de ma bien-aimé. Mais j´avais finalement choisi la voie de la raison, la seule qui me ramènerait Julie, en tout cas je le pensais.

Je vais attendre. Elle m´a promis qu´elle me rapellerait. A ce moment-là, j´essaierais de la convaincre.
Et si elle ne rappelle pas ?
Elle me rapellera... ne serait-ce que parce que nous sommes mariés, et que, encore heureux, le droit français la forcera à me prévenir si elle voulait rompre les liens sacrés du mariage.
C´est vrai...

Cette perspective ne me réjouissait guère. Je n´avais pas vraiment envie qu´elle m´appelle en me disant simplement qu´elle voulait divorcer, mais je ne pouvais rien faire. Néanmoins, j´y avais mûrement réfléchit, et ce simple fait signifiait que de toute façon, quoiqu´il arrive, j´aurais de ses nouvelles. Elle ne pouvait disparaître de ma vie comme n´importe quelle relation sexuelle de courte durés. C´était déjà un réconfort.

Tu sembles y avoir beaucoup songé. Je me trompe ?
Non, tu ne trompes pas. En fait, je n´ai pensé qu´à ça.
Eh...
Oui ?
Quand elle te rapellera, évites les conneries !

J´esquissai un sourire. En temps normal, j´aurais même éclaté de rire, mais cette bravade, dans le contexte actuel, ne s´y prétais pas nécéssairement. Je commençais cependant à sortir du gouffre. Il me venait à l´esprit que ce tunnel dans lequel j´étais entré, après avoir lu la terrible lettre de Julie, pouvait avoir une fin.

Malgré toutes les souffrances, la vie devait suivre son cours. J´avais un travail, et même deux. Mon poste a Raon L´Etape, malgré mes quelques débordements, tenait toujours. Et j´avais un match contre Laval à préparer. Je ne prétendrais pas cependant que mon retour ne fûr pas tumultueux.

Blonde, BLONDE !

Je venais tout juste de franchir en voiture le portail qui conduisait aux infrastructures du terrain d´entraînement, et Edwin s´était précipité vers moi. J´ouvris négligemment la vitre. Il posa son coude condre le rebord, essouflé, presque en sueur.

Bon Dieu, Blonde, me dites pas que ce qu´on dit sur vous est vrai !
Euh... ça dépend de ce qu´on dit sur moi.
Eh bien, euh... il paraîtrait que vous avez bû jusqu´au coma éthylique.
Il semblerait, hélas, que ce soit vrai.
Ceci explique cela. C´est pour ça que vous êtes absent depuis deux jours ?
Exactement...
Et, euh, si je puis me permettre...
Mais permettez-vous Edwin, permettez-vous !
Je... euh... vous n´avez tout de même pas conseillé à Rossi de... hum... de pratiquer une auto-fellation.
Eh bien, en terme châtié, c´est à peu près ça !
Mais bon dieu, Blonde, vous êtes complètement inconscient. Savez-vous de quoi ce type est capable ?
Et vous Edwin, savez-vous de quoi JE suis capable.
Vraisemblablement, rien ne vous arrêtes... bon dieu, qu´est-ce qui vous a prît ?
Ma femme m´a quitté.
Ah...

Et soudainement, Edwin me souhaitât un bon retour, et s´en alla. Je m´attendais à des remontrances aussi ennuyeuses qu´inutiles, mais Edwin me lâcha la grappe comme si de rien n´était. Satisfait, mais néanmoins surpris, je me garai, et me rendit sur le terrain pour assurer l´entraînement.

Si jamais vous aviez l´idée saugrenue de devenir entraîneur de football, souvenez-vous d´une chose. A moins d´avoir la stature d´un José Mourinho, assurez-vous que jamais vos joueurs n´apprennent que vous menez un train de vie dissolu. Disons que cela avait porté une sacré atteinte à ma crédibilité. En clair, les joueurs se foutaient de ma gueule, et même ouvertement. Ce fut difficile de les remotiver. A chaque fois que je prenais la parole, ils devaient se retenir de ne pas ricaner. J´aurais été tout seul, je leur aurais fait un sermon, disant que bon, ok, j´avais déconné, mais que bon, c´était pas une raison. Je me serais comporté comme un pote... celui qui, au cours d´une soirée, n´a pas fait trop gaffe, s´est gerbé dessus après s´être effondré comme une merde, et qui s´excuserait pour ses conneries de la veille. Mais Edwin me jetait déjà un regard suffisamment haineux, et je ne voulais pas en rajouter.

Ce qui m´inquiétait le plus, au fond, c´était la réaction de Rossi. J´avais fait fort, je dois bien l´admettre, et je ne savais pas vraiment si je devais aller le voir pour me rattraper et m´excuser. Finalement, j´ai décidé de faire comme si de rien n´était. Après tout, ce n´était que justice. Il m´avait offensé, et ma réponse n´avait que pour but de lui rabattre son caquet. En d´autres termes, il l´avait bien cherché. Ce n´était bien sûr aucunement de la lâcheté. J´aurais parfaitement eû le courage d´aller le voir, d´aller m´expliquer et de justifier mes dires. Ce n´était cependant pas la peine. D´ailleurs, ce type, je ne le voyais quasiment jamais, en dehors des matchs où il s´asseyait à sa place habituelle. Ça n´allait pas changer.

Finalement, le 4 Novembre arriva très vite, et avec lui ce match déjà décisif contre Laval, le leader incontestable. Il fallait absolument reconquérir un certain statut à domicile, et effacer les dernières défaites. En d´autres termes, j´espérais surfer sur notre superbe victoire contre Romorantin pour balayer les Lavallois. J´espérais une victoire.

Reen-Go3
Reen-Go3
Niveau 10
04 février 2007 à 12:37:30

Hum... scusez-moi, c´est allé un peu vite là :(

Oubliez ça, ne lisez pas (si si j´vous jure)

Je m´occupe de tout ce qui est - et * :(

Reen-Go3
Reen-Go3
Niveau 10
04 février 2007 à 12:40:07

Voilà, ce sera mieux comme ça :)

Episode 17 : La vie continue

- Tu... tu lui as vraiment dit ça ?
- Ouais. Texto.
- Whaou. Eh be... t´es cinglé.
- Bah ouais. C´est même pour ça qu´on me - surnomme... enfin comme tu sais.

Serge esquissa un sourire. Mon superbe surnom, acquis après ma légendaire victoire aux échecs contre Jonathan Belondi, l´avait toujours amusé. Il y avait de quoi. Moi-même, j´avais toujours pris cela avec le sourire, mais avec aussi un tantinet plus de circonspection. Il faut dire qu´à la fac, j´avais aussi la réputation d´être un sacré castagneur, fouré dans pas mal de mauvais coups, et capable de me faire des ennemis en quelques secondes. Ce surnom ma valorisait un peu, mais il était aussi un objet de moquerie. Keith Moon, le fantasque batteur des Who, était surnommé Moon the Loon (Moon le cinglé). Moi, j´était surnommé Bloody Blondy, et finalement, c´était la même chose, quoique mon surnom se réfêrat aussi aux quelques molaires qu´avaient pu malheureusement (ou pas) perdre certains de mes ennemis d´un jour. Je n´étais pas sûr que le fait d´être traîté avec autant de considération qu´un individu décédé à 32 ans dans son sommeil (je suppose ne pas avoir besoin de vous en dire plus) était une excellente chose. Je n´étais pas non plus sûr d´entrer dans la postérité au même titre que Moon.

Bloody Blondy. Blonde le sanguin.

Nous marchâmes dans ce parc, situé à proximité de l´hôpital, observant les feuilles voleter au sol en cette douce matinée d´automne, et regardant avec nostalgie les rangées d´hirondelles qui se réunissaient et fuyaient nos contrées hostiles pour la chaleureuse Afrique. Nous profitions de nos ´retrouvailles´, en quelque sorte. Je ne me rendais pas compte à quel point il avait pû me manquer. Nous étions au tout début de Novembre, et les éclats du soleil illuminaient les branchages d´une aura de clarté, d´un orange presque rose, et les ombres formaient sur le sol comme autant de splendides mosaïques.

- N´empêche, t´aurais pas dû.

Serge me regardait, l´air mi-inquièt, mi-amusé. Mais quelques débordements avaient tendance à beaucoup le faire rire, contrairement à certains (Edwin, si tu m´entends). Pour le coup, peut-être avais-je effectivement un peu abusé.

- Oui... bon. Il me pardonnera. Il est au courant pour le surnom, mon caractère et tout.
- Ouais... mais... euh.

Serge marqua un temps. Je ne savais pas s´il était véritablement concerné par mon sort, ou s´il retenait un éclat de rire. Les deux étaient parfaitement crédibles.

- T´es allé un peu loin là.
- Je sais bien ! Mais l´autre enfoiré là. ´Si ça vous va, on peut s´arranger pour votre départ. Je me suis sans doute trompé sur vous´. Comment je suis censé le prendre, moi, ça ?
Mal... mais de là à... enfin bref. C´est quand même... particulier... ce que tu lui as dit.
- Il apprendra qu´on ne me cherche pas sans conséquences.
- Et pour Julie, alors ?

Je marquai un temps. A vrai dire, j´y avais beaucoup réfléchi. J´avais pensé aux stratagèmes les plus étranges, à faire appel à un détective, à parcourir la France, armé d´un fusil de chasse à la recherche de ma bien-aimé. Mais j´avais finalement choisi la voie de la raison, la seule qui me ramènerait Julie, en tout cas je le pensais.

- Je vais attendre. Elle m´a promis qu´elle me rapellerait. A ce moment-là, j´essaierais de la convaincre.
- Et si elle ne rappelle pas ?
- Elle me rapellera... ne serait-ce que parce que nous sommes mariés, et que, encore heureux, le droit français la forcera à me prévenir si elle voulait rompre les liens sacrés du mariage.
- C´est vrai...

Cette perspective ne me réjouissait guère. Je n´avais pas vraiment envie qu´elle m´appelle en me disant simplement qu´elle voulait divorcer, mais je ne pouvais rien faire. Néanmoins, j´y avais mûrement réfléchit, et ce simple fait signifiait que de toute façon, quoiqu´il arrive, j´aurais de ses nouvelles. Elle ne pouvait disparaître de ma vie comme n´importe quelle relation sexuelle de courte durés. C´était déjà un réconfort.

- Tu sembles y avoir beaucoup songé. Je me trompe ?
- Non, tu ne trompes pas. En fait, je n´ai pensé qu´à ça.
- Eh...
- Oui ?
- Quand elle te rapellera, évites les conneries !

J´esquissai un sourire. En temps normal, j´aurais même éclaté de rire, mais cette bravade, dans le contexte actuel, ne s´y prétais pas nécéssairement. Je commençais cependant à sortir du gouffre. Il me venait à l´esprit que ce tunnel dans lequel j´étais entré, après avoir lu la terrible lettre de Julie, pouvait avoir une fin.

    • *******

Malgré toutes les souffrances, la vie devait suivre son cours. J´avais un travail, et même deux. Mon poste a Raon L´Etape, malgré mes quelques débordements, tenait toujours. Et j´avais un match contre Laval à préparer. Je ne prétendrais pas cependant que mon retour ne fûr pas tumultueux.

- Blonde, BLONDE !

Je venais tout juste de franchir en voiture le portail qui conduisait aux infrastructures du terrain d´entraînement, et Edwin s´était précipité vers moi. J´ouvris négligemment la vitre. Il posa son coude condre le rebord, essouflé, presque en sueur.

- Bon Dieu, Blonde, me dites pas que ce qu´on dit sur vous est vrai !
- Euh... ça dépend de ce qu´on dit sur moi.
- Eh bien, euh... il paraîtrait que vous avez bû jusqu´au coma éthylique.
- Il semblerait, hélas, que ce soit vrai.
- Ceci explique cela. C´est pour ça que vous êtes absent depuis deux jours ?
- Exactement...
- Et, euh, si je puis me permettre...
- Mais permettez-vous Edwin, permettez-vous !
- Je... euh... vous n´avez tout de même pas conseillé à Rossi de... hum... de pratiquer une auto-fellation.
- Eh bien, en terme châtié, c´est à peu près ça !
- Mais bon dieu, Blonde, vous êtes complètement inconscient. Savez-vous de quoi ce type est capable ?
- Et vous Edwin, savez-vous de quoi JE suis capable.
- Vraisemblablement, rien ne vous arrêtes... bon dieu, qu´est-ce qui vous a prît ?
- Ma femme m´a quitté.
- Ah...

Et soudainement, Edwin me souhaitât un bon retour, et s´en alla. Je m´attendais à des remontrances aussi ennuyeuses qu´inutiles, mais Edwin me lâcha la grappe comme si de rien n´était. Satisfait, mais néanmoins surpris, je me garai, et me rendit sur le terrain pour assurer l´entraînement.

    • *******

Si jamais vous aviez l´idée saugrenue de devenir entraîneur de football, souvenez-vous d´une chose. A moins d´avoir la stature d´un José Mourinho, assurez-vous que jamais vos joueurs n´apprennent que vous menez un train de vie dissolu. Disons que cela avait porté une sacré atteinte à ma crédibilité. En clair, les joueurs se foutaient de ma gueule, et même ouvertement. Ce fut difficile de les remotiver. A chaque fois que je prenais la parole, ils devaient se retenir de ne pas ricaner. J´aurais été tout seul, je leur aurais fait un sermon, disant que bon, ok, j´avais déconné, mais que bon, c´était pas une raison. Je me serais comporté comme un pote... celui qui, au cours d´une soirée, n´a pas fait trop gaffe, s´est gerbé dessus après s´être effondré comme une merde, et qui s´excuserait pour ses conneries de la veille. Mais Edwin me jetait déjà un regard suffisamment haineux, et je ne voulais pas en rajouter.

Ce qui m´inquiétait le plus, au fond, c´était la réaction de Rossi. J´avais fait fort, je dois bien l´admettre, et je ne savais pas vraiment si je devais aller le voir pour me rattraper et m´excuser. Finalement, j´ai décidé de faire comme si de rien n´était. Après tout, ce n´était que justice. Il m´avait offensé, et ma réponse n´avait que pour but de lui rabattre son caquet. En d´autres termes, il l´avait bien cherché. Ce n´était bien sûr aucunement de la lâcheté. J´aurais parfaitement eû le courage d´aller le voir, d´aller m´expliquer et de justifier mes dires. Ce n´était cependant pas la peine. D´ailleurs, ce type, je ne le voyais quasiment jamais, en dehors des matchs où il s´asseyait à sa place habituelle. Ça n´allait pas changer.

Finalement, le 4 Novembre arriva très vite, et avec lui ce match déjà décisif contre Laval, le leader incontestable. Il fallait absolument reconquérir un certain statut à domicile, et effacer les dernières défaites. En d´autres termes, j´espérais surfer sur notre superbe victoire contre Romorantin pour balayer les Lavallois. J´espérais une victoire.

[Reen-Go]
[Reen-Go]
Niveau 7
04 février 2007 à 20:43:14

Aujourd´hui étant un jour heureux, je :up: ce topic :)

BeNiBeN_2
BeNiBeN_2
Niveau 7
04 février 2007 à 20:49:48

J´adore :coeur: j´avais pas encore lu la suite du coma :) Continues :)

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