Ligue 1, 27ème journée : OM - Lens 0-1 (05/03/2007)
Un ressort est cassé...
L’envie des joueurs, la tactique d´Emon, le manque d’animation offensive, tout est à remettre en cause après ce match. La 2e place s’éloigne et à ce rythme, la Ligue des Champions sera bientôt inaccessible...
Un dispositif à l’envers…
Mais à quoi joue donc Albert Emon ? Alors qu’il a toujours gardé une ligne de conduite assez logique, l’entraîneur olympien a placé un peu les joueurs n’importe où ce soir. Ainsi, Niang n’est jamais aussi performant sur le côté gauche et il aura passé toute la première mi-temps à droite. Nasri s’est imposé au fil des matchs dans l’axe et le voilà de retour sur le côté. L’association Cissé-Pagis a été désastreuse à Toulouse mais Emon a tenu à retenter l’expérience. De quoi s’en mordre les doigts et être obligé de faire sortir Djibril sous une bordée de sifflets… ce qui n’est pas très psychologue de la part d’Emon.
… et pourtant, ce n’est pas si compliqué !
On a coutume de dire qu’à Marseille, il y a 60 000 supporters et donc aussi 60 000 entraîneurs. Si c’est évidemment exagéré, il ne faut tout de même pas faire n’importe quoi. L’organisation face à Vannes n’a-t-elle donc pas satisfait Emon ? Même contre une équipe de National, n’était-ce pas suffisant de marquer 5 buts ? Auteur d’un doublé, Maoulida méritait-il d’être sur le banc… Et bien non !
Emon aurait dû aligner la même équipe et le fait de tout chambouler pour cette rencontre n’a vraiment pas été judicieux. De plus, s’il voulait vraiment aligner Pagis, il aurait pu sortir M’Bami du onze de départ et placer Samir au côté de Cana. Certes, l’équipe serait ainsi très offensive mais ce serait déjà mieux que de faire n’importe quoi. Et encore, on n’ose même plus se demander pourquoi Valbuena n’a pas encore débuté une seule partie…
Mais cela n’explique pas tout !
Cependant, il faut tout de même relativiser les choix de l’entraîneur. Ils sont ce qu’ils sont mais de là à ne se créer aucune occasion de toute la partie ! Il manque évidemment autre chose à cette équipe, ce petit plus d’envie qui fait que le Vélodrome peut chavirer du bon côté. Et encore, même à 0-1, le public aura continué de soutenir son équipe d’une manière indéfectible, ce qui est à souligner…
Si l’organisation mise en place n’a donc pas facilité les choses, on peut se demander également si certains joueurs n’en ont pas marre de se cacher. Personne n’ose prendre de responsabilités dans cette équipe et les clés sont données à Nasri qui du haut de ses 19 ans ne peut pas assumer pareil statut.
Que c’est ennuyeux le Vél’…
Sans ce brin de folie, l’OM n’arrive donc pas à faire le jeu et il est pitoyable de voir que les Olympiens ne se sont pas créés la moindre occasion, si ce n’est une tête de Civelli sur un coup franc de Nasri. A part ça, c’est le néant le plus complet. Les Marseillais auront bien essayé d’envoyer de longs ballons devant mais sans plus de réussite, à cause notamment d’une charnière centrale Hilton-Coulibaly intraitable de la tête.
L’espoir ne pouvait donc venir que d’un coup de pied arrêté, mais comme l’OM est passé maître dans l’art de maîtriser cet exercice, aussi bien offensivement que défensivement d’ailleurs, il n’y avait pas grand espoir de voir les filets trembler. Comme on le dit quelquefois, les Olympiens auraient pu jouer pendant des heures sans marquer tant l’animation offensive faisait peine à voir…
Et Lens dans tout ça…
Du côté des Sang et Or, on ne peut pas dire non plus que le spectacle était au rendez-vous. Venus avant tout pour se rassurer après leur élimination incroyable en coupe de France, les Lensois étaient organisés dans un schéma très défensif avec le seul Aruna Dindane en pointe. Cette équipe bâtie pour contrer l’OM a donc réussi parfaitement son coup, bien aidée par l’arbitre de la rencontre qui a transformé une des seules incursions lensoises en penalty contestable…
Penalty ou pas ?
Car sur l’action, on peut douter énormément de la décision de M. Bré qui n’a pourtant pas hésité une seconde. C’est certainement parce que Taiwo est un monstre physique que la faute paraît nette mais pourtant, quand on revoit les ralentis, on s’aperçoit bien que le Nigérian touche le ballon du bout du pied. Alors certes, il y a contact mais c’est quand même très sévère et cela s’ajoute surtout à la décision du match aller où l’OM avait été clairement « volé » à Bollaert. Au total, ça ne s’est donc pas équilibré ce soir… et sans ses erreurs d’arbitrage, cela ferait quand même une différence de 6 points entre les deux équipes !
La coupe de France, seul espoir européen ?
Bref, cela ne sert pas non plus à grand-chose de ressasser tout ça. Aujourd’hui, l’OM a fait une croix sur la seconde place et se retrouve maintenant obligé d’aller faire un exploit à Gerland pour espérer encore accrocher la troisième marche du podium qui semble tout de même bien loin après cette défaite…
Seul finalement le tirage au sort de la coupe de France mettra un peu de baume au cœur aux supporters marseillais qui peuvent se dire qu’en recevant Nantes, l’occasion est belle de retourner au stade de France une deuxième saison d’affilée et pourquoi pas gagner cette année enfin un trophée, synonyme également de qualification pour la coupe Uefa. On se contente donc aujourd’hui de ce qu’on a et on peut également se réconforter en se disant qu’au moins, l’OM est encore loin d’être relégable !
M.V.