Zubar: "Je suis un humaniste"
De belles leçons de vie, le défenseur international espoirs de l’OM, Ronald Zubar, sait en faire. Foot-Interview.fr pensait tomber sur un jeune ordinaire de 21 ans, mais non. Ce mec est hors du commun et "pas comme les autres" comme il aime le dire…
En m’installant devant Ronald Zubar (Je vais me permettre de parler à la première personne), je pensais parler de tout et de rien, comme Foot-Interview.fr le fait constamment pour les "interviews décalées". D’ailleurs, souvent, nous partageons les passions musicales ou cinématographiques des footballeurs. Mais le défenseur guadeloupéen a vite tourné l’entretien en réflexion psychologique et humaniste. Vous cherchez un joueur de foot qui a du cœur ? Alors écoutez Zubar. Une véritable leçon d’humilité pour l’ensemble du foot. Pour l´homme tout simplement...
« Je ne suis pas un footballeur comme les autres.
Je ne fumes pas, je ne bois, je ne sors pas en boite tous les soirs. Je suis même casanier, alors je préfère une bonne soirée cinéma. D’ailleurs en ce moment, j’ai adoré les films qui racontent une histoire vraie. Des histoires touchantes. Oui, je ne suis pas particulièrement fan de film d’action à l’américaine. Bon, j’aime l’humour et les spectacles comiques – Gad Elmaleh, c’est le meilleur (en rigolant) ! -, mais je suis très sensible aux films dramatiques.
Indigènes : c’est le dernier film que j’ai vu, je l’ai adoré. Mais surtout, ça te remet en place. Tu te dis, "mais putain, j’ai trop de chance de vivre ma vie". Je ressens de la compassion pour tous ceux qui souffrent dans le monde. Je suis un humaniste. Si tout le monde pensait à la planète cinq minutes par jour, alors on pourrait peut-être faire quelque chose de nos existences. Ma philosophie, c’est un peu "pour un monde meilleur".
Parfois, je suis chez moi, je ne fais rien de spécial, et je relativise. L’argent, très franchement, je m’en fous. Moi, j’ai signé un contrat avec la marque Mizuno. Mais de leurs euros, je n’en ai pas besoin ! Je gagne suffisamment bien ma vie grâce au foot. Alors je leur ai demandé de donner des ballons et des équipements à certains clubs. Je viens de la Guadeloupe, et je ne l’oublie pas. Repartir là-bas me permet de rester sur terre, de garder mon humilité.
Quand je vois la misère, et que moi, je gagne des millions, cela me pousse à faire quelque chose… La Guadeloupe prend un mauvais chemin. Je suis parrain d’un centre de formation. Ce n’est pas grand-chose mais à la longue, j’espère changer la Guadeloupe. D’ailleurs après ma carrière, j’aimerais créer des petites structures sportives. Le foot est un des moyens pour s’en sortir. Sur mon île, mais également en Métropole. J’ai participé à un tournoi en région parisienne, une sorte de mini-Coupe du monde pour promouvoir l’intégration. La preuve que je ne pense pas qu’à ma Guadeloupe. Certains devraient prendre exemple…
Parfois même, j’ai envie de remettre en place certains joueurs. Mêmes des internationaux (il pense alors aux Bleus). Ils ne comprennent pas qu’un jour, tout ça, leur belle vie, ça va s’arrêter. Qu’après 35 ans, il y a une vie. Je ne dis pas qu’il ne faut pas en profiter un peu. Ne vous inquiétez pas, ça m’arrive de sortir, d’aller boire un verre, de profiter de mon statut de footballeur. Mais faut garder les pieds sur terre.
(On lui parle alors de sa ressemblance avec Thuram, et non avec Gallas). C’est vrai que l’on m’a rapidement comparé à Gallas, du fait de mon transfert de Caen à l’OM. Mais Will, c’est un ouf ! Par exemple, je ne suis pas du tout comme lui (rires) ! Pour Lilian Thuram, j’espère déjà faire ne serait-ce que la moitié de sa carrière : j’en serais heureux.
Et à la base, je n’aime même pas le football… »
Source : http://foot-interview.fr