Pape Diouf : «Une impatience que rien ne justifie»
13/08/07 - Valenciennes-OM
Les inquiétudes après les deux matches nuls, les sifflets du Vél’, la « Nasri-dépendance » et les conditions de sa titularisation contre Rennes, le recrutement d’un attaquant. Pape Diouf réagit aux sujets qui font débat, pour les lecteurs d’OM.net
Que répondez-vous aux inquiétudes nées de ces deux matches nuls ?
Je trouve que ce n’est que l’expression-là d’une impatience que rien ne justifie. Le championnat compte 38 étapes. A l’heure où nous parlons il n’y a que deux matches joués. Il est prématuré de former un jugement dans un sens ou dans un autre. D’autant, que pour rappel, je peux renvoyer les gens à de précédentes saisons comme par exemple en 1971-72 où l’OM avait débuté sa saison par deux matches nuls et cela n’avait pas empêché l’équipe d’être championne.
Sans vouloir dire là que nous voulons être champions, puisque j’ai déjà dit ici et là que Lyon reste l’équipe phare du championnat et son favori numéro un. Je suis persuadé que notre équipe est loin d’avoir tout donné. Il faut lui laisser le temps de trouver ses marques et à ses composants de se retrouver eux-mêmes.
Cela dit, il y a un élan médiatique très contradictoire. Puisque d’un côté nous avons été placés à notre corps défendant dans la position des favoris, et ce même élan-là aujourd’hui se contredit en revenant sur ces pronostics. Laissons du temps au temps. Il sera temps de toute façon d’apprécier notre bilan.
Quel est votre sentiment après les sifflets de samedi ?
J’ai été assez déçu par le mouvement d’humeur du public à la fin du match. Notre force a toujours résidé dans le soutien massif de nos supporters. Ils ont suffisamment la connaissance du football et du jeu, mais également le sens du discernement pour ne pas tomber dans le panneau qui consiste à faire de nous le favori du championnat et de ne pas nous laisser le temps d’affûter nos armes. Chaque saison, la compétition montre qu’elle est sujette à des variations. Aujourd’hui, après deux matches il n’était pas bien indiqué de manifester cette mauvaise humeur. On sait que l’attente est grande, cela n’exclut pas que nous souhaitons bénéficier aussi de ce soutien habituel que nous avons toujours reçu de notre public.
Un autre sujet fait débat, Samir Nasri. Est-ce que l’OM a pris un risque en l’alignant dès samedi, notamment quand on observe qu’il a du sortir à la mi-temps ?
Je fais une confiance totale à notre staff médical. C’était le seul habilité à valider le retour de Nasri sur le terrain. A partir du moment où il a été aligné dans l’équipe je pars de la conviction que médicalement il était apte. Je peux comprendre qu’il en découle un débat, puisqu’il est de bon ton de débattre de tout et de son contraire. Mais ce que je sais c’est qu’à l’OM il y a le sens de la mesure et le sens de la responsabilité. Jamais nous ne prendrons de risques sur la santé d’un joueur, fut-il d’un joueur précieux. Si Samir est sorti à la mi-temps et a éveillé pour certains le soupçon d’une guérison qui ne serait pas parfaite, je répondrai qu’il est sorti plutôt à cause d’une légère contracture. Et que cela-même peut se comprendre car il a peu joué et il a eu besoin de compenser le mal qui le rongeait à la cheville. Et ça, les gens qui pratiquent le haut niveau le savent. Je ne pense pas qu’il faille additionner les idées, ni en tirer des plans sur la comète.
Cette titularisation répondait-elle finalement aussi à une « Nasri-dépendance » ?
J’entendais l’an dernier parler de Ribéry-dépendance. Il faut évidemment que le vocable qui a prospéré continue d’être, mais différemment. Comme il n’y a plus Ribéry, on parle de Nasri-dépendance. A la réserve près que ce même Samir était déjà là l’an dernier. On me dira qu’il n’avait pas pris l’envergure qui est la sienne aujourd’hui ? Oui, mais il était tout de même là quand on évoquait cette dépendance à Franck. Sur ce plan-là, il faut déjà avoir de la considération pour ses coéquipiers. Samir le premier refuserait cette étiquette-là.
Si l’OM a été placé prématurément favori du championnat c’est aussi à la lueur des matches amicaux que l’équipe a joués. Or ils l’ont été quasiment sans Samir. Donc vouloir qualifier l’OM de Samir-dépendant ce n’est ni bon pour le garçon, ni très respectueux pour ses partenaires. Un joueur aussi talentueux soit-il ne fait pas l’OM. L’OM est plus grand qu’un joueur. Disons simplement que nous serons toujours ravis de compter sur tous nos atouts et parmi ceux-là Samir fait partie des premiers.
On sait que l’OM recherche un attaquant. La blessure de Mamadou Niang a-t-elle accéléré votre réflexion ?
On ne fait pas une politique quotidienne, à courte vue. On a configuré l’effectif d’une manière qui nous est apparue cohérente. Ce n’est pas nous qui l’avons dit les premiers, mais plutôt les observateurs et nos propres supporters.
Donc, aujourd’hui, il me parait un peu déplacé de remettre en cause notre recrutement, même partiellement. L’absence d’un attaquant supplémentaire parait réelle. Mais nous n’avons pas attendu la blessure de Mamadou Niang pour l’apprécier nous-mêmes. Cela dit, trouver l’attaquant qu’il nous faut n’est pas forcément un jeu facile. Car, soit il faut mettre beaucoup d’argent sur la table pour recruter, forçons les termes, un Eto’o ou un Tevez. Nous ne sommes pas dans cette situation-là. Nous n’en avons pas les moyens.
Soit, sinon, il s’agit de compléter l’effectif par un joueur ou à relancer, ou un joueur de qualité mais dont nous pourrons répondre à la demande financièrement. Voilà la réflexion. Il n’est pas nécessaire de préciser quel choix nous avons opéré. Nous travaillons dans ce sens-là pour essayer de trouver ce garçon qui va venir compléter la ligne offensive.
Sans parler d’urgence à recruter, ce dossier pourrait-il aboutir rapidement ? dans les prochains jours ?
On essaie toujours d’aller le plus vite possible. Vite fait bien fait c’est une belle expression mais il faut être dans la situation de pouvoir l’appliquer. On va aller au rythme qui est le notre et en essayant de trouver la meilleure solution pour l’OM.
- L’équipe avait concédé le nul contre Lyon (1-1) puis à Ajaccio (1-1), avant de s’imposer à Rennes (1-2) lors de la troisième journée.
Laurent Oreggia
Pape 