Arsenal, le show sans les buts
Après quatre matches de poule de Ligue des Champions, les deux finalistes de l´édition 2006 sont encore loin d´avoir assuré leur qualification pour les huitièmes de finale. Comme Barcelone, Arsenal, qui a concédé le nul à domicile contre le CSKA Moscou (0-0) va jouer son avenir dans la compétition lors des deux derniers matches face à Hambourg et Porto. Mais Arsène Wenger n´est pas inquiet, lui qui a vu sur la pelouse de l´Emirates Stadium, le plus beau match de son équipe en C1 depuis qu´il en a la charge...
Arsène Wenger est un esthète, pas un comptable. Le technicien alsacien, malgré un résultat nul mercredi contre le CSKA Moscou qui met son équipe dans une situation compliquée dans l´optique de la qualification pour les huitièmes, a apprécié le spectacle. Frustré par la stérilité de son attaque, peut-être, mais avant tout satisfait par le jeu produit. "L´équipe a joué exceptionnellement bien. C´était peut-être le meilleur match d´Arsenal en Ligue des Champions depuis que je suis en poste", s´enthousiasmait Wenger qui n´est pourtant pas coutumier du fait.
Battus quinze jours plus tôt par cette surprenante équipe du CSKA Moscou malgré un but inscrit par Thierry Henry, parfaitement valable mais refusé, les Gunners avaient à coeur, à l´occasion du match retour, de prendre leur revanche. Et ils s´y sont d´ailleurs employés avec brio. Arsenal a ainsi copieusement dominé le match sans pour autant trouver l´ouverture. Rosicky, qui manquait l´immanquable seul face au but vide, Fabregas, Henry, Van Persie, Gilberto Silva se heurtaient tour à tour au gardien moscovite quand ils ne faisaient pas preuve d´une surprenante maladresse à ce niveau de la compétition. Une domination quasi sans partage étayée par les chiffres. Les statistiques parlent d´elles-mêmes, Arsenal ayant tiré vingt-quatre fois au but pour seulement six tirs cadrés.
Une foi inébranlable
Face à ce manque de réalisme qui aurait pu coûter cher quand Vagner Love était tout prêt de tromper la vigilance de Lehmann, Arsène Wenger refuse de s´alarmer. Invoquant la malchance, il préfère s´attarder sur les belles séquences de jeu développées par ses joueurs. "L´équipe a très bien joué mais n´a pas su prendre sa chance tôt dans le match. Quand on manque une occasion puis une deuxième, la pression est de plus forte pour les suivantes. Ce match, on aurait dû le gagner 5, 6 ou 7-0. On ne peut pas nous accuser cette fois d´avoir cherché à marquer le but parfait. Nous avons de très loin dominé cette équipe de Moscou et nous nous sommes créé des occasions. Il y avait un fossé entre les deux équipes mais c´est ainsi..."
Thierry Henry avait du mal, lui, à voir autre chose que la stérilité de son équipe : "On a bien joué mais sur les deux matches ils ont pris quatre points et nous un seul..." Autrement dit, pour les Gunners, l´équation est simple, quoi qu´en pense Arsène Wenger, lors du prochain match contre Hambourg, il faudra absolument s´imposer, quelle que soit la manière. L´entraîneur français qui dirige les Gunners depuis dix ans et qui dispose d´une confiance exceptionnelle de ses dirigeants qui ne cessent de le relancer pour un contrat à vie, est confiant, fidèle à ses principes qui lui ont déjà permis d´avoir raison quand beaucoup étaient sceptiques. "Je continue à penser que cette équipe a un grand potentiel. C´est la façon dont elle va mûrir ces prochains mois qui va décider si on gagnera ou non un trophée. Ce sera difficile mais il y a tellement de points positifs à retirer de cette performance... Je suis persuadé que nous jouerons un jour encore mieux et que nous marquerons quatre, cinq ou six buts. Il suffit de continuer à y croire." Arsène Wenger a la foi. Jusqu´à maintenant Arsenal n´a jamais eu à s´en plaindre...
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