En 2003, au moment où ce projet de film m’était proposé, je venais de publier, quelques mois plus tôt, deux grands entretiens avec Pierre Michon : « Les Carnets inédits de La Grande Beune » (Genesis n°18, 2002) et « Écrire avant l’autodafé », (Magazine littéraire n°415, décembre 2002) . Je l’ai appelé pour lui demander s’il acceptait le principe d’un film, il m’a dit oui, et nous sommes venus tourner chez lui dans la Creuse, avec une équipe réduite au minimum : le son, l’image, P.-A. Boutang et moi-même. C’était le début du printemps, le ciel était bleu et glacé, des traces de neige persistaient partout dans la campagne. Chez Pierre Michon, un grand feu brûlait dans la cheminée. On était un peu hors du temps. Le tournage a été bref et parfait : tout s’est passé avec l’aisance que l’on ressent dans les rêves.
Nous sommes rentrés à Paris avec assez de bonnes séquences pour faire un long métrage. Nous avions droit à une demi-heure, ce qui n’est déjà pas si mal à l’ère des cycles courts. Le montage, que j’ai réalisé avec Annie Chevalley, obligeait quand même à sacrifier beaucoup de beaux moments, mais on s’est consolé en prenant le parti pris d’un film intime, centré sur la parole exacte et chaleureuse de l’écrivain qui nous parle de ses méthodes de travail, de sa passion douloureuse et sauvage pour la littérature, de sa vie d’homme, de son enfance et de sa mère, de ses enthousiasmes et de ses doutes.
Sous le titre « Pierre Michon. Retour aux origines », ce film de 30 minutes, produit par On Line a été présenté par Arte pour sa première diffusion dans le magazine Métropolis du 6 septembre 2003. Voici la version intégrale du découpage après montage, transcrit et restitué avec le détail de chaque séquence grâce à la souriante et professionnelle vigilance de Katell Guillou.
Tiens ca c´est un extrait du livre que je suis en train de mettre en page, j´ai un document Word donné par l´auteur, a mettre en page et a envoyé a l´Imprimeur
