Une "fourchette" de Blaise Kouassi dans les yeux de Nicolas Plestan, une échauffourée de fin de match obligeant Claude Puel à tomber la veste afin de calmer tout son monde et un arbitre apparemment dépassé - de l´avis des Lillois - par les évènements tout au long de la partie, jouant plus qu´à son tour du sifflet : voilà ce que l´on retiendra surtout de la rencontre Troyes - Lille, disputée samedi soir au stade l´Aube (1-1).
Rentrés dans la nuit en avion dans le Nord de la France, les Dogues se montraient encore particulièrement sceptiques sur l´arbitrage de Monsieur Castro, ce dimanche matin, après le décrassage ensoleillé opéré au centre d´entraînement de Luchin. «Il y a eu un regroupement, des mots et carrément une agression sur Nicolas (NDLR : Plestan), explique Grégory Tafforeau. Il y a des gestes qui ne doivent pas rester impunis et l´arbitre a mis de l´huile sur le feu en nous insultant.» Le destinataire de ces mots ? Mathieu Bodmer : «L´arbitre m´a insulté sur une phase de jeu anodine. Tous ceux qui étaient alors dans la surface de réparation ont entendu. On avait d´ailleurs l´impression, tout au long de la rencontre, qu´il voulait absolument siffler, comme par exemple sur le penalty troyen. Maintenant, si on ne se prend pas la tête, je trouve ça inadmissible.»
«On ne voulait pas repartir de là-bas sans signaler tout cela sur la feuille d´arbitrage, au délégué, poursuit Tafforeau. Mais on sait que c´est peine perdue quand il s´agit de la parole des joueurs contre celle de l´arbitre. Maintenant, on ne veut pas passer pour une équipe qui se plaint. Nous étions énervés et nous avons bien analysé les choses.» Victime du mauvais et dangereux geste de Kouassi, le défenseur Nicolas Plestan souhaite, de son côté, élargir le débat, regrettant notamment l´absence générale de dialogue entre les arbitres et les joueurs ainsi que le manque de clairvoyance dans les décisions, pour un niveau d´ensemble jugé sinon faible, tout du moins trop hétérogène.
«Que les arbitres n´oublient pas que le Football peut exister sans eux, que ce sont les joueurs qui font le Football, pas eux. On peut faire un match sans arbitre, pas sans joueurs», estime l´ancien Monégasque. «On ne les voit jamais, on ne se parle pas. On les voit au coup d´envoi et c´est terminé au coup de sifflet final. Certains parlent ou font semblant de dialoguer quand ils ont le micro de Canal + mais, quand ils ne l´ont pas.», regrette Mathieu Bodmer. Bref, voilà qui ne fera rien pour améliorer l´image de l´arbitrage, décrié depuis le début de saison, et déchiré par des luttes internes.
Quelqu´un a vu ce qu´il s´est passé 