- " Ça biche mec. Hf. "
- " Thxbye. "
L'apparition s'évanouit alors, la luminosité ambiante se fit plus vive, et le phoque arrêta de fumer et de jouer aux cartes, puisqu'il avait démarré un solitaire vers le début de la conversation.
Vous abandonnez donc la carcasse, et vous dirigez vers le fond de la pièce, pour y trouver une lettre cachetée. Vous l'ouvrez, vous lisez.
" Mouette.
- « Dites, pour un pirate, vous êtes sacrément compréhensif. »
- « Vous avez les augures de votre côté, les gars, venez, venez, vous allez apprécier. » Il se tourna vers Surkov. « Surtout vous, le dingue. »
L'artilleur semblait touché, comme si le capitaine venait de lui déclarer sa flamme. La larme à l'œil, il baissa son canon et suivit l'oriental dans les entrailles du navire pirate. Derrière, incapable de trouver une barque avec laquelle m'échapper, je me résignai à suivre les deux nouveaux meilleurs amis du monde.
- « Comme vous le savez, c'est un sacré bordel, là-dehors. »
Surkov paraissait interloqué, et m'agrippa assez violemment.
- « T'en savais quelque chose, toi ? Tu ne m'as rien dit ? Avoue, fumier ! Avoue ! »
- « Ma foi, c'est la guerre. On y était tous les trois, je crois. Enfin, pour lui, j'en sais rien, j'suis persuadé qu'ils sont plusieurs, là-dedans. »
Le dérangé regardait à droite, à gauche, même sous ses chaussures, et semblait mal à l'aise. Quand il s'aperçut qu'il ne pouvait décidément pas voir son propre front, il parut un peu déçu.
- « C'est bien pire que la guerre, les gars. »
Le capitaine ouvrit une bouteille de liqueur d'amande, d'où s'échappaient des arômes de poire, de piment, et de pétrole brut. Il servit trois coupelles, et reboucha la bouteille, en prenant garde de ne pas respirer les volutes mauves qui en sortait. Rassuré, j'avalai mon verre – sans respirer, sécurité, sécurité - et celui de mon compère, trop occupé à situer ses doigts dans l'espace.
« Il va bien, celui-là ? »
- « Parfaitement bien. C'est quoi, cette histoire ? Et à la fin, pourquoi on est toujours en vie ? »
- « Sur le continent, les montagnes bougent, les marais s'affaissent, les volcans explosent, et pour rendre la chose plus amusante, tous les prophètes et aruspices du monde déraillent complétement. »
- « Mauvais, mauvais tout ça. Déjà commencé, c'est mauvais, très mauvais. On va avoir besoin de plus de serviettes. Plus, plus de serviettes. Propres. »
- « Vous devriez l'écouter, camarade, il a déjà vécu une fin du monde et demie, ce gars-là. Moi, juste le début de la première. »
- « Et c'était la meilleure ! Ah ! La meilleure ! »
Le capitaine était amusé par notre numéro, c'était peut-être la seule raison pour laquelle on était encore en vie, tous les deux.
- « Figurez-vous qu'on s'organise, à Tortuga. Quoiqu'il arrive, on va y résister. Et j'ai comme dans l'idée que vous pourriez aider. D'ailleurs, j'ai quelqu'un à vous faire rencontrer. »
- « Qui donc, camarade ? »
- « L'instigateur de la défense, le prophète de la fin des temps, mon vieux. Comme ton ami, là. Sauf que le notre est sain d'esprit et qu'on le suivrait jusqu'en enfer. »
- « Celui-là aussi, je le suivrai jusqu'en enfer. Il m'y a déjà emmené une fois, et là, on est partis pour une seconde visite, je crois. »
- « Et quelle visite ! Les sources ! Oh, les sources chaudes d'Antiga ! »
- « Ah, oui, les sources. »
Ah, oui, les sources.
La nuit tombée, dans la cabine du quartier-maître du cuirassé – que les pirates avaient réquisitionné – Surkov cogitait, et moi, impuissant, je l'écoutai.
- « Allez, on s'en va. »
- « Doux Jésus, c'est reparti. Explique-moi, camarade, pourquoi je viens d'ouvrir le vin de prunes pour rien. »
- « Les peignés débarquent, on se fait la malle, et on tombe, purement par hasard, sur des pirates adeptes d'un illuminé qui tient à me voir ? Ils nous laissent en vie, eux, les dégénérés sanguinaires, et nous emmènent voir le grand chef ? Oh, non, non non non. Ça ne va pas, pas du tout. »
- « T'as une solution, je suppose ? »
- « Les mouettes. Descendues aux balles somnifères. Les gros-bras ronflent, certes, mais pas pour longtemps, 'faut se magner. »
- « Si tu le dis. J'en viendrais à regretter la catapulte, camarade. Adieu, ma belle. »
J'eus à peine le temps de poser la bouteille sur la table du quartier-maître que le tireur était déjà sorti de la cabine. J'agrippai un sabre et sorti. Un pirate gisait à terre, dans une mare de sang, juste devant la porte. Battre la campagne avec un détraqué, ça limite les contacts humains.
- « Surkov, le navire pirate est désert, c'est le moment ou jamais. » murmurai-je.
- « Mais ! On vient de baptiser le notre ! Et les canons-orgues ! Il n'y a pas de canons-orgues, sur sa barque pleine de vers ! »
- « Il n'y a pas non plus soixante pirates. »
- « Mais on les tue, ces cons ! »
- « Soixante. »
- « Mais... »
- « Soi-xante. Bientôt debout et frais comme des gardons, des gardons avec des sabres et des mousquets. »
- « Putain d'enfoiré de pisse-froid ! », siffla l'artilleur entre ses dents.
Surkov boudait, hésita cinq ou six fois à me percer la cafetière et à flinguer l'équipage, mais on arriva enfin à investir l'esquif. Les pirates, confiants et gavés de rhum et de mouettes hallucinogènes – malheureusement, la dose requise pour reprendre le navire sans heurts aurait fait éclater les oiseaux pendant la cuisson – n'eurent même pas eu le luxe d'assister à notre discrète évasion. "
- " J'aime bien, mais on dirait que l'auteur s'est méchamment pressé. Il y a des fautes, et tout, et c'est franchement bordélique. "
éwi. Sinon, il va falloir faire quelque chose pour sortir de là, non ? Et putain, qu'est-ce qu'il fait froid ! Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
BISMILLAH ! - On se bricole un pourpoint avec le parchemin, de la peau de phoque et de la mousse. Challenge accepted.
02/08/1953 - On improvise un numéro de comédie musicale pour se réchauffer. Shipoopi, shipoopi, the girl who's hard to get !
1 - On enfonce la porte pourrie, là, marquée "COME AT ME BRO !". On court, comme ça, droit dans la porte, et on pose les questions après. Rock'n roll !
A - On fait quand même le tour de la salle pour revérifier, on trouve rien, on essaye de sortir du puits en faisant appel à l'Achtuce. Putain, 'faut que j'revois ce film.
P - On vérifie l'orthographe de "Achtuce" sur Google, on est perplexe, on s'en cogne, et on décide que finalement, ça serait une bonne idée d'examiner la porte avant de passer au travers, en fait.