on a tellement entendu d'inepties sur ce jeu qu'à la veille de sa sortie (meme si je l'ai depuis jeudi...), je ne résiste pas à l'envie de poster ici le test de gameweb.fr (disponible en entier ici mais attention au spoil dans les sous sections : http://gameweb.fr/public/test.php?ID=496 )
Bref, enfin un test qui rend justice à un futur monument du jeu vidéo. Enjoy!
Final Fantasy XIII est le Grand Oeuvre, dépassant largement le cadre imposé par sa nature de jeu vidéo. Une mutation qui échappe à n'importe quelle case ou catégorie. Une histoire interactive, qui révolutionne les codes de la narration, la notion-même de personnages, et la nature des relations qui les unissent. C'est l'un des grands bouleversements du jeu : le gameplay et l'histoire sont intimement liés, comme mari et femme. Une union qui donne naissance à une structure narrative déroutante, car jamais entrevue avec une telle profondeur. Deux personnages qui se détestent ne vont pas combattre côte à côte.
Oui, c'est inhabituel, comme tout ce que propose FFXIII.
Ainsi, les villages, « l'exploration » et la simple idée « d'appropriation de l'univers » disparaissent totalement : FFXIII est une tragédie.
Le joueur n'est jamais maître de son destin ; esclave d'un scénario diabolique qui se joue de lui et lui impose un certain nombre de contingences, comme avancer sans cesse, et fuir... exactement comme ses personnages.
Il est un fugitif, l'ennemi public numéro 1.
Nous allons expliquer ce point en détails dans les questions/réponses, car vraisemblablement, ailleurs, on est passé à côté du jeu. Ce qui ne m'étonne guère.
Exit donc les annexes habituelles destinées à dissimuler les faiblesses du tronc commun (souvent). FFXIII n'a pas ce genre de problème, et ne s'encombre pas d'éléments superflus ; il en profite pour faire le ménage en virant la plupart des poncifs du genre, dont les dialogues inutiles avec des PNJ qui n'ont rien à dire. Le jeu se concentre sur son casting qui, une fois n'est pas coutume, réunit une vraie équipe de personnages ; chacun ayant une personnalité, des enjeux, une façon de parler et de réagir. Nouveauté : ils les revendiquent (ou pas) à travers leur manière d'interagir avec l'univers et les autres membres.
Leur groupe splitte souvent, permettant au joueur de découvrir chacun d'eux en détails (background personnel, spécificités, etc.), d'appréhender le jeu différemment (seul, en duo ou plus). Au final, une façon très habile d'investir le joueur tout en « l'obligeant » à déceler la vraie richesse du gameplay.
A l'écran, cela se traduit par le contrôle exclusif d'un personnage, « imposé », et la collaboration logique avec une ou plusieurs IA (parfaites), qui réagissent en fonction des stratégies que vous choisissez, et des évolutions que vous leur permettez. Une tournure totalement inédite : l'impression de diriger une équipe, sans la priver d'action. Une première - et quel résultat ! Les combats sont intenses comme jamais, obligeant le joueur à réfléchir vite et bien, et à opérer de fréquents changements de stratégies pour pallier à chaque situation.
Inutile de préciser que la bande sonore est extraordinaire (Hamauzu a lorgné sur Cowboy Bebop), qu'il s'agit de la plus belle réalisation sur console, que l'histoire est riche de plusieurs niveaux de lecture, à l'approche singulière et non manichéenne.
Sincère, touchant, souvent juste dans son utilisation de l'émotion et de la mise en scène, Final Fantasy XIII fait passer un cap au genre RPG en ébranlant son cœur-même.
On déplore toutefois quelques niveaux un peu « rallongés », la sous-exploitation de certains éléments, et le troc de certaines scènes qui auraient pu être jouables en échange de scènes vidéos spectaculaires... Quelques frustrations, comme le système d'évolution des objets, mal foutu, et une subtilité à double effet (certains boss sont plus symboliques que vraiment imposants). Mais rien d'alarmant, surtout en comparaison de l'incroyable richesse intrinsèque du jeu, du travail exceptionnel fourni sur son univers, son background et son gameplay.
Final Fantasy XIII s'inscrit comme l'une des œuvres majeures du jeu vidéo ; une réussite quasi-totale, avec des cojones, qui met une violente gifle à un genre qui se regardait depuis trop longtemps le nombril ; plus prosaïquement, une aventure initiatique irrésistible, émaillée de moments émotionnels parmi les plus forts du jeu vidéo. Un Final Fantasy, en somme.