Chapitre 21 : Un nouveau mort !
Le colosse individu s’approcha à une allure relativement modérée des deux Sayens qui ne le quittaient pas du regard. Ces derniers se tenaient debout, immobiles ; ils restaient de marbre et considéraient minutieusement les moindres faits et gestes de leur antagoniste. Au fur et à mesure qu’il s’avançait près d’eux, celui-ci leur jetait un sourire gouailleur, vaniteux qui ne disait rien qui vaille et lorsqu’il se trouva à une distance relativement proche de ses ennemis, il les contempla de la tête aux pieds ; puis il se comporta soudainement d’une façon singulière, étrange. En effet, aucun sourire ne se dessinait sur son visage, il semblait être devenu grave car il ne souriait plus. Il s’adressa alors aux acolytes de Barduck qui continuaient à le toiser avec bravade et mépris.
<< Je ne vais pas vous faire de cadeaux ! Vous venez de vous débarrasser effroyablement de mes deux compagnons à l’instant, donc préparez vous à mourir ! >>
L’un des deux Sayens fixa son opposant de son regard étincelant et répondit :
<< Si tu crois que tu nous fais peur ! lança Topo, tout en balbutiant.>>
L’autre, voulant soutenir moralement son coéquipier dit :
<< Oui, tu as beau être un homme coriace, robuste, tu ne nous impressionnes pas ! Approche ! Qu’on en finisse de suite !> >
Le robuste et allègre gaillard ne semblait pas prendre leurs déclarations sérieusement, il se mit alors subitement à rire à gorge déployé sans prêter attention à ce que ses rivaux marmottaient entre eux. Puis, réalisant qu’il était temps d’en finir, il redevint tout à coup posé, réfléchi, mais surtout serein et par conséquent moins niais qu’auparavant.
Soudain, il courut promptement à grandes enjambées vers les Sayens et lorsqu’il se trouva en face d’eux, il disparut et réapparut aussitôt derrière ceux-ci. N’ayant pas le temps de pivoter sur eux même, les alliés de Barduck reçurent dans le dos une boule de feu d’une impétuosité inouïe.
Suite à l’assaut qui venait de leur être porté, l’un des deux Sayens s’effondra et tomba raide mort sur le sol, les yeux exorbités et blancs comme de la neige. Quant à l’autre, il ressortit indemne de l’attaque sans que l’on sache réellement comment.
Topo, le rescapé de l’attaque, éprouvait à présent une furie immense envers son adversaire ; il désirait se ruer sur celui-ci et le rouer de coups, tous plus forts les uns que les autres. Toutefois, il prenait conscience qu’un tel agissement ne serait d’aucune utilité ; il reprit alors ses esprits et redevint placide. Son opposant se gaussait sans cesse de lui, mais il faisait la sourde oreille. Soudain, une idée traversa son esprit ; il songea à s’enfuir et à retourner sur la planète Végéta en vue de rendre visite à son supérieur, Barduck, mais cet acte perfide, félon le contraignit à rester sur la planète Yardrat. Alors qu’il paraissait subitement bouleversé, déconcerté par ce qu’il se passait, il se résolut à abandonner et à se laisser tuer, mais une fois de plus, une pensée bienveillante consola son esprit ; il se figura que Barduck ne tarderait pas à venir l’aider et cela lui remonta le moral.
Comme l’être hercule constatait que le Sayen se parlait de temps à autre à lui-même et qu’il semblait préparer un mauvais coup, il lui réengagea la parole.
<< Que fais tu, le singe ? demanda alors celui-ci d’un ton sarcastique. Tu fais tes prières !? Tu mijotes un mauvais coup !? >>
Topo resta de marbre, interdit, suite à ce qu’il venait d’entendre. Il continua à éprouver de la haine envers l’être cruel qui s’était auparavant débarrassé de son ami. L’insulte qui venait de lui être proférée par le rude gaillard le tourmenta, l’excita, l’enfiévra et le poussa à réagir à cet outrage avec maladresse. Il fonça à brûle-pourpoint vers l’ennemi, l’accabla de coups de poing au visage ainsi qu’au plexus solaire que celui-ci reçut sans broncher ni remuer. Alors que Topo pensait qu’il venait d’infliger une leçon à son antagoniste, sa jubilation fut de courte durée. En effet, lorsque son opposant leva la tête, il remarqua que celui-ci ne présentait aucune égratignure. Le puissant individu qui ne montrait, du moins pour le moment, aucune faiblesse se mit alors à regarder Topo dans les quinquets, puis il se mit rapidement à lever son poing en l’air et après un certain élan, il l’envoya frapper le Sayen qui hurla aussitôt de douleur et qui tomba avec vivacité sur la terre ferme. Ce dernier n’était cependant toujours pas mort, il agonisait. Le visage en sang, il se releva péniblement en gesticulant dans tous les sens, puis tout en boitant, il continua à considérer ses moindres faits et gestes bien que sa vision fut brouillée. Alors que son ennemi s’apprêtait à lui porter le coup de grâce, une voix plutôt grave et comique se fit entendre :
<< Attends ! cria Doria. Laisse moi un peu m’amuser, je veux le tuer de mes propres mains !> >
Le rude bougre s’en vint près de la boule rose et le laissa agir comme il le désirait. Doria partit alors à la rencontre du Sayen et lorsqu’il se trouva à proximité de ce dernier, il se mit à le saisir par le cou et à le soulever d’une main ; il lui jeta un sourire narquois, puis il lui dit à voix haute :
<< Allons ! Allons ! N’aie pas peur ! Tu vas mourir instantanément ! Tu ne sentiras même pas la douleur extrême et atroce qui te rongera de l’intérieur>>
L’autre, grièvement blessé au visage et extrêmement choqué par les propos de Doria répliqua alors :
<< Pourquoi faites vous tout ça ? demanda celui-ci en tremblant et en regardant le visage informe de l’être qui se trouvait en face de lui.
- Cette question a déjà été posée auparavant par tes camarades ! Mais comme tu désires avoir la réponse à ta question, eh bien je vais te la dire.>>
La boule rose resta muette durant quelques instants, puis elle reprit :
<< Sa Majesté Freezer pense que les Sayens représentent une menace à l’avenir ! C’est la raison pour laquelle il désire exterminer tous les membres de votre race !> >
Doria s’arrêta une fois de plus de parler et regarda son adversaire dans les yeux, puis tout à coup, il proféra à voix haute :
<< Allez ! Maintenant, va au diable !> >
Il porta un sublime coup de poing au visage du Sayen, puis malgré que celui-ci soit assommé, il lui donna un ultime coup de pied dans le ventre qui l’envoya s’écraser comme une mouche sur le sol empli de cailloux, graviers et d’autres matières granuleuses.
Le pensant mort, le fidèle complice de Zarbon quitta les lieux en compagnie de ses sbires et retourna au vaisseau, lorsque soudain, une puissance relativement élevée fut captée par l’intermédiaire de son dispositif. Il zieuta alors un coup d’œil sur son détecteur et vit s’inscrire :
<< 5000 unités >>
