Nous rentrâmes de notre entraînement quotidien quand une flèche s´échappa de la forêt et transperça le heaume d´un de mes guerriers. Alerté, j´ordonnai à mes magiciens de brûler les endroits de forêt d´où la flèche était venue. J´attendis des cris, et je vit sortir une vingtaines d´épéistes elfiques. Heureusement pour nous, aucun magiciens n´étaient parmi eux.
Mes archers décochèrent une volée de traits qui s´abattit sur la troupe. Cinq elfes ennemis tombèrent, les autres se dispersèrent redoutant une nouvelle volée. Dégainant Baen, mon épée, je me jeta sur mes adversaires avec l´aide de mes Kulls, ainsi que de mes hommes : l´assaut fut terrible ; les elfes étaient redoutables et abattaient facilement mes guerriers ; aussi j´ordonnai à mes magiciens de passer à l´action. Ils unirent leur esprit, et jetèrent un puissant sort. Le résultat fut surprenant. Les elfes ennemis furent pris de nausées et tombèrent à terre, inconscient. Cependant, cinq avaient échappé au sort et tuèrent les magiciens d´un coup d´épée. Deux d´entre eux furent tués ensuite par mes soldats, et un autre fut maîtrisé par deux Kulls.
Il ne restait plus que deux elfes ennemis libres, deux Kulls occupés à garder prisonnier l´elfe pour un saignant interrogatoire, et moi.
- Te crois-tu assez fort pour nous vaincre, petit insolent ?
Je refusa le dialogue. Comme réponse, je dégaina mon épée et me mit en garde.
- Comme tu voudras, ce n´est pas parce que les elfes noirs ont comme réputation d´être plus fort et plus agile qu´un elfe normal que tu gagneras. Je vais te prouver le contraire. Nous sommes deux ! Mets toi en garde !! et sens ma lame te transpercer !
Gardant mon sang froid, j´attendis qu´ils entamèrent leur approche pour frapper. Mon premier coup fut paré au dernier moment par mon interlocuteur, et des étincelles jaillirent des deux lames. Esquissant d´un mouvement brusque une attaque à mi-hauteur, je frappa mon adversaire dans la nuque avec le manche de la lame. Il s´effondra inconscient sur le sol. Cette prouesse m´avait mis dans une situation difficile, car j´étais désormais à la merci de mon dernier adversaire. Je contra qu´à moitié un violent coup qui me déchira sur quinze centimètres la peau. Enragé mais diminué physiquement, je préféra me cacher dans la forêt un moment. L´elfe me suivit, mais j´étais plus rusé et il finit par perdre trace. Content d´avoir chargé la veille de l´énergie dans mon épée, je l´absorba et me remit en chasse. Grâce à mes sens développés, je le retrouva ; il était assis contre une roche et se déshydratait. Décidé à le prendre par surprise, je m´approcha de lui par le côté, en rampant prudemment. Arrivé à moins de deux mètres de lui, je me releva brusquement et me jeta sur lui. Saisi de panique, il chercha son épée, la heurta et elle tomba. Une aubaine pareille ne se présenterait pas deux fois ; sans hésité, je plaça un coup fatal dans la nuque de mon adversaire qui s´effondra sur le sol ; la tête roula quelques décamètres plus loin.
Vainqueur mais épuisé, je retourna au lieu où l´attaque avait commencé et je découvris que mes Kulls étaient morts, et qu´à côté gisait le corps de l´elfe, gravement blessé. Sans état d´âme et voyant qu´il ne pouvait surmonter ses blessures, je lui trancha la gorge et rentra à mon château, épuisé.