Chapitre XI : Bouga Bouga :
Ratchet se hissa de toutes ses forces. C’était seulement la première falaise qu’il escaladait, mais il était exténué. Cependant, il n’était pas dans le pire des cas. Certaines personnes de son groupe peinaient encore plus que lui. En particulier Daxter, qui ne faisait que râler depuis que l’escalade avait commencé.
-C’est impossible ! se lamentait-il. On n’y arrivera jamais ! Si on continu sans faire de pose, on moura bientôt, que ça soit en tombant de fatigue ou en tombant tout court ! Je risque de faire un infarctus. Jak ! Aide-moi ! S’il vous plaît ! Quelqu’un ! C’est ce que vous voulez ? Vous voulez que je meure ? Non, vous ne pouvez pas être aussi cruel, je…
Soudain, la beloutre sentit une main se refermer brutalement sur sa gorge. Elle se retrouva suspendue au dessus du vide, à cinquante mètres du sol. Kratos pointait une lame argentée sur son ventre.
-Tu as oublié de signaler que tu pourrais malencontreusement de faire éventrer par un camarade énervé de t’entendre japper, dit-il d’une voix doucereuse. Alors si tu ne veux pas finir embroché, puis écrasé au fond du ravin, je te conseille de la fermer…
À moitié étouffé, Daxter ne pu répondre.
-Très bien, repris le spartiate. Maintenant, continue de grimper et en silence…
Ils arrivèrent à la moitié de la falaise une heure plus tard. Ils trouvèrent une corniche pour se reposer et reprendre des forces. Les prises ne manquaient pas. Grimper de quelques mètres n’était pas si difficile. Non, ce qui les avait tous fatigués, c’était la raideur et la longueur de la paroi. Celle-ci, de deux kilomètres de hauteur, était inclinée à 180°.
Ils allaient repartir lorsqu’un bruit se fit entendre au-dessus de leurs têtes : un énorme rocher leur tombait dessus à une vitesse affolante ! Par chance, celui-ci les rata avant de continuer sa chute.
Une heure plus tard, une énorme pierre fondit sur Ratchet. Il l’esquiva de justesse, en sautant sur le côté et en se rattrapant à une prise.
Deux heures après, dix rochers leur était tombés dessus. La plupart étaient tombés à quelques mètres de leur cible. Aucun n’avait atteint son but, pour peu que leur but était de toucher les membres du groupe. Alors qu’ils n’étaient plus qu’à trente mètres de « l’arrivée », une pluie de cailloux gros comme des têtes leur tombèrent dessus. Ils se protégèrent avec leurs bras en attendant que le déluge cesse. Mais il ne cessa pas. Au contraire, il empira. Dante décida d’y remédier. Il sorti son bazooka, tritura quelques boutons, puis tira. Un énorme grappin en sorti. Celui-ci alla se planter sur un arbre. Le fils de Sparda empoigna la corde et se mit alors à courir verticalement sur le mur. Dix secondes plus tard, il était en haut.
Ratchet entendit soudain deux coups de feu. La pluie de pierre s’arrêta, les coups de feu continuèrent.
« Il est attaqué », songea le lombax en pensant à Dante.
-GRIMPEZ !! ! hurla-t-il à voix haute. Grimpez comme vous ne l’avez jamais fait !! ! Il faut profiter de ce répit !
Et il s’élança, effleurant à peine les prises.
Une minute plus tard, ils étaient tous en haut. Ici se trouvait Dante, tirant comme un fou sur une tribu de créatures ressemblant à des indigènes croisés avec des lézards. Mais ceux-ci se protégeaient à l’aide de boucliers en métal. Les balles ne pénétraient pas les défenses mais empêchaient une éventuelle riposte. Ils reposaient tous sur un tas de pierres énorme.
-STOP !! ! hurla Ratchet. On ne sait même pas ce qu’ils veulent !
Les tirs cessèrent.
-Tu plaisante j’espère ! Ces trucs…
Il ne termina pas sa phrase, une volée de flèche venait de fuser. Le lombax sentit une douleur à l’épaule droite. Aussitôt, tout devint noir.
L’homme avait les yeux révulsés et vides. Ses lèvres était explosées et répandaient un sang âcre. Une large fissure traversait son visage. Une flèche était plantée dans son coup. Elle avait traversée la nuque et la pointe brillait de l’autre côté du crâne. Un liquide vert clair perlait sur le métal luisant. Soudain, un homme-lézard apparût, arracha la flèche et la remit dans son carquois avant de passer son chemin.
Ratchet revint à lui. Il dégaina son arme mais il était trop tard : sa vue se brouillait ; il ne percevait plus que quelques sons… Le poison avait fait son office. Il chancela, lâcha son arme et posa un genou à terre. Autour de lui, il vit quelques formes tomber, puis tout bascula.
Ratchet ouvrit les yeux. Il voulu esquisser un geste mais une pointe de lance vint lui chatouiller le cou. Aussitôt, tout redevint noir.
La femme était immobile, adossée au mur. Sa poitrine était rouge de sang, son tablier crasseux déchiré en multiples endroits. Elle ne bougerait plus jamais. Mais elle resterait sûrement toujours adossée au mur ; ou devrais-je dire clouée. La lance plantée dans son cou la fixait au bois. Même si elle avait été encore en vie, elle n’aurait pu s’extraire de cette emprise mortelle…
Le lombax ouvrit de nouveaux les yeux. Il se surprit à se demander qui était cette femme et cet homme et dans quel contexte ils étaient morts.
Il chassa ces idées noires et regarda autour de lui. Il ne voyait toujours pas très clair. Il était apparemment entouré d’hommes-lézards. Les autres membres du groupe n’étaient pas ici. Il espéra qu’il ne leur était rien arrivé. Il aperçu également un trône sur lequel une silhouette flou se dessinait, ainsi qu’une créature différente, ressemblant à un shaman : il portait tout un tas de plumes et de bibelot et tenait un sceptre de bois. Soudain, Le sorcier parla, tout en faisant une série de gestes au moins aussi incompréhensible que ses paroles :
-Rabdala haï esta. Coga busta ramoula. Toi ô Bouga Bouga ! Terna cina thara. Radoulala a quesa. Toi ô Bouga Bouga.
Á chaque fois qu’il prononçait les mots « bouga bouga », il tendait sa main décharnée vers la chose sur le trône.
Il parla durant trois minutes. « Bouga Bouga », songea Ratchet. Quel drôle de nom pour un chef. Lorsqu’il s’arrêta, la vue du lombax s’était améliorée et il voyait désormais plus loin et plus précisément. Pourtant, la forme sur le trône ne lui apparaissait pas clairement. Malgré cela, cette ombre floue lui rappelait quelque chose ou quelqu’un. Mais son esprit était encore embrumé et son cerveau fonctionnait toujours au ralenti.
Tous les hommes-lézards mirent soudain un genou à terre, puis ils ne bougèrent plus. Alors le chef parla :
-Alors Ratchet, on ne dit pas bonjour à un vieux collègue?
Cette fois, le lombax tilta. Cette voix, il aurait pu la reconnaître entre mille. Il aurait voulu ne jamais l’entendre de nouveau. La personne se trouvant devant lui, sur ce trône, il ne la connaissait que trop bien : Gleeman Vox.