action action mouaiiiiiiiiiiif on aurais pu mieux faire !! !!
L´équipe de France a achevé sa Coupe du monde vendredi, au Parc des Princes, sur une amère 4e place après sa cuisante défaite (10-34) concédée face à l´Argentine, à l´occasion d´une petite finale disputée dans un climat détestable. Tombés dans le piège de la provocation, les Bleus ont concédé cinq essais à des Pumas survoltés et donc promis à une place sur le podium de la compétition. Historique pour Pichot et ses hommes. Pour ses adieux, la génération Ibanez s´en va par la petite porte...
Ibanez a eu beau dire, la flamme n´y était plus... (Reuters)Il y avait trop de rancoeur, trop de déception surtout autour de ce match pour que cette petite finale entre Argentins et Français se déroule dans un climat apaisé et serein. Et au petit jeu de la provocation et des coups bas, ce sont les Bleus qui ont plongé vendredi, renouant avec le Parc des Princes comme Raphaël Ibanez - seul rescapé tricolore sur la feuille de match - l´avait quitté il y a dix ans face à des Springboks intouchables (52-10). Par une défaite qui cette fois encore laissera de profondes traces. Car le capitaine tricolore et la génération des trentenaires, pour leurs dernières en bleu, avaient mérité autre chose que ce combat malsain...
Jamais en cinq éditions, cette petite finale, marquée par un traditionnel fair-play entre des formations n´ayant plus rien à perdre, ni à gagner, n´avait été émaillée par un quelconque carton. Les meilleurs ennemis du monde ont offert cette triste première au public du Parc des Princes, qui méritait pourtant tellement mieux. Les Bleus voulaient être champions du monde, ils sont morts de ne pas avoir joué face aux Anglais. Le XV de France voulait se racheter, il achève sa Coupe du monde à la quatrième place et auréolée d´un bien triste honneur, celui d´avoir perdu trois de ses sept matches joués...
Trois essais envolés...
De l´envie, les Bleus pourtant en débordent au coup d´envoi. Et ils ne se privent pas pour l´exprimer. Dans le combat au près, comme sur ce maul qui fait reculer les Pumas sur plusieurs dizaines de mètres, mais aussi et surtout au large. Enfin! En l´espace de quelques minutes, Raphaël Ibanez et ses coéquipiers vont envoyer plus de jeu à l´aile qu´en quatre-vingt face aux Anglais. Et si la défense argentine veille, Christophe Dominici, le premier à saisir un intervalle, rage au ventre et au coeur, indique la voie à suivre avant que Yannick Nyanga, à son tour, ne s´engouffre dans la brèche. Le flanker toulousain s´offre une relance chaloupée parmi des Pumas impuissants avant de servir Imanol Harinordoquy, lui-même au relais d´Aurélien Rougerie, servi à hauteur pense-t-on sur son aile. L´essai français est brûlant mais M. Honiss a décelé un en-avant peu évident et refroidit un Parc des Princes pas du tout décidé, malgré l´échec en demi-finale, à lâcher ses Bleus (11e). Un essai refusé, puis deux sur cette touche vite jouée par Rougerie à cinq mètres de la ligne d´en-but adverse pour David Marty dont l´essai ne trouve pas plus grâce aux yeux de l´homme au sifflet - le ballon avait touché un panneau publicitaire (13e). Il faut finalement une merveille de plaquage signé David Skrela à l´origine pour offrir sur pénalité l´ouverture du score à Jean-Baptiste Elissalde (3-0, 18e).
Avantage de courte durée toutefois puisque Felipe Contepomi égalise dans la foulée sur une faute au sol face aux poteaux de Jérôme Thion (3-3, 21e). Mais la pression est clairement française et c´est un troisième essai refusé, cette fois à Yannick Nyanga, en coin, qui récompense bien mal les efforts de la bande à Michalak. La supériorité numérique, sur un renversement de jeu de l´ouvreur toulousain, est pourtant flagrante mais une nouvelle passe en avant d´Ibanez pour Dominici, évidente cette fois, vient ternir l´action (23e).Les occasions n´en sont pas moins nettes en faveur des Tricolores qui pêchent dans la dernière passe. Ce qui n´est pas le cas des Pumas, qui savent aussi jouer à la main et dont la première offensive digne de ce nom fait mouche. Felipe Contepomi se démultiplie. A l´initiative de l´action côté droit, le centre argentin est à la conclusion en bout de ligne opposée sur un service quatre étoiles de son capitaine Agustin Pichot (3-10, 28e). Un essai coup de massue pour les Bleus qui prennent l´eau en suivant après ce drop de Juan Martin Hernandez stoppé par le poteau (30e). L´action se poursuit et, sur un ballon gagné par le talonneur Alberto Basualdo, déjà impliqué sur le premier essai, c´est cette fois dans la pure tradition des avants pumas que le pilier de Toulouse, Omar Hasan, va passer la ligne sous les barres (3-17, 32e).
Le rachat est alors bien loin pour des Français incapables de convertit leurs temps forts et qui tombent dans le piège de la provocation argentine, à l´image d´Elissalde qui s´essuie les crampons sur un adversaire au milieu d´un regroupement. L´atmosphère devient électrique à mesure que les échauffourées se multiplient. Malheureux au large, les Bleus tentent le passage en force mais échouent par deux fois sur la ligne adverse. Et alors qu´une bagarre quasi-générale éclate, c´est sur deux cartons jaunes adressés à Rimas Alvarez-Kairelis et surtout à Raphaël Ibanez, qui quitte alors la pelouse écoeuré..., que M. Honiss renvoie les deux équipes vers les vestiaires.
L´humiliation en supériorité numérique !
Ce match a tourné à l´aigre. Et c´est tout sauf une bonne nouvelle pour une équipe de France tombée dans un panneau plus gros qu´elle... La reprise, vaguement marquée par la réaction des Français, n´est qu´une illusion et ce sont au contraire les Pumas qui enfoncent le clou sur un troisième essai. Clément Poitrenaud avait annoncé cette semaine, en réaction à une pique argentine annonçant la mort du rugby champagne chez les Bleus de France, que tout se réglerait sur le pré. Federico Martin Aramburu s´en va prouver que son équipe sait y faire dans ce domaine, comme pour mieux marquer la faillite adverse... Une accélération d´Ignacio Corleto côté gauche, le jeu rebondit, alerte et rythmé, une sautée d´Hernandez et l´ailier Catalan va à dam côté opposé (3-22, 53e).
L´équipe de France ne répond plus et boit son calice jusqu´à la lie... Pourtant en supériorité numérique après le nouveau carton jaune reçu par Juan Manuel Leguizamon pour un lamentable plaquage à retardement sur Sébastien Chabal (63e), les Bleus concèdent en contre un quatrième essai signé de l´arrière parisien Corleto auteur d´une course de cent mètres (3-27, ). Poitrenaud peut bien enfin passer la ligne (10-27, 69e), l´honneur français n´en est pas moins bafoué, Felipe Contepomi ajoutant une cinquième réalisation en fin de match (10-34, 77e). Les supporters argentins peuvent chanter la gloire de Pichot et des siens et le public français siffler la sono qui n´a rien trouvé de mieux que d´entonner le très malvenu: Je ne regrette rien, d´Edith Piaf. Cette sixième défaite en sept matches face aux Pumas causera sans doute les maux les plus douloureux...