L’arrière garde était droit devant nous, ces imbéciles ne nous avaient pas remarqué : j’avais du mal à retenir mes hommes tellement ils étaient impatients d’en découdre, ces chiens de païens avaient pillé quelques villages sur leur route. Je pointai l’ennemi de ma lance et criai pour encourager mes hommes : « Sus à l’ennemi ! Que Dieu guide votre bras et votre glaive ! Tuez-les tous ! Et pas de quartier ! »
L’ordre était lancé, j’abaissai mon épée : les archers de mon compatriote Kimmuriel tirèrent une première volée et les rebelles furent fauchés sur place. Mes frères d’armes étaient assez expérimentés, j’avais confiance en eux.
« Pour la gloire ! »
La charge fut violente, l’ordre de mon ami l’archer avait ravagé la dernière ligne des rebelles juste avant notre arrivée et ils fuirent sous le choc. J’ordonnai au clairon de sonner la charge pour aider nos vougiers aux prises avec des soldats ennemis en surnombre. Ils furent rapidement encerclés et abattus. Les tirs avaient cessé, nous permettant de combattre sans crainte. Jusqu’à maintenant tout se déroulait comme prévu et sans grande perte de notre côté.
Je réorganisai mes hommes, la charge de l’ennemi était imminente. Mes trois groupes n’en formèrent plus qu’un seul, vougiers au milieu : la bataille pouvait commencer.
Les archers étaient attaqués par l’armée païenne mais je ne pouvais pas les aider. Je plantai ma lance et chargeai avec mes vougiers, cela créerait un effet bélier. Mon capitaine en second lança ses troupes légèrement en retrait par rapport à notre ligne. Nos vouges empalaient l’ennemi avant même qu’il nous approche. Mais les renforts étaient nombreux et nos hommes peinaient à les retenir. J’ordonnai à mon second de reculer. Alors que nous maintenions nos vis-à-vis en respect les deux groupes de soldats chargèrent chacun des flancs de l’ennemi.
C’était un spectacle magnifique : le sang giclait, les têtes volaient, des hommes s’empalaient sur nos vouges, la mort se répandait dans les rangs de Pirelli. Je suis sûr que mon Dieu me pardonnera mon impatience : sous l’effet du combat je me précipitai face à l’ennemi, un lourd coup des deux mains faucha trois brigands mais je ressenti une vive douleur dans l’épaule : une lance avait transpercé mon armure et ma cotte. Je sentais une nappe chaude couler dans mon armure, que j’étais bien, je ne sentais plus la douleur, jusqu’à ce que le vougier la retire. Je fit tournoyer mon épée autour de moi et donnai des coups amples pour me dépêtrer d’un encerclement et rejoignis mon corps d’armée.
Les rebelles étaient maintenant en sous nombre et ils étaient à notre merci. J’arrêtai mes hommes d’un geste de la main, les rebelles jetèrent leurs armes. J’entendis un cri de mon compagnon Kimmuriel d’Exeter. Ce sarrasin avait fait son travail, l’hérétique était mort j’ordonnai la retraite à contre cœur. Nous les avions massacré…