Après une semaine de cheminement dans des conditions climatiques somme toute éprouvantes du fait de la neige tombant sans discontinuer, nous parvînmes en vu du chastel de Von Firthër.
Sire Sopraluk n´avait point raconté d´inepties quant à la position critique de ce dernier, le Chastel-Blanc du Temple avait cet aspect avant que mes frères ne le rebâtissent.
Les coeurs se serrèrent à la vue de ces quelques pierres qui n´opposeraient qu´une résistance symbolique aux engins de siège que construisaient les rebelles.
Sentant l´athmosphère, je me dressai alors sur mes étriers, et remontai la colonne de nos vougiers et archers, les haranguant et rappelant que l´objectif notre cause dépassait de simples considérations se résumant à défendre un général qu´ils ne connaissaient pas, mais que si nous cédions, les villages alentours seraient impitoyablement rasés par ce fourbe de Casstroul.
Mes compagnons, Alexanderr van Kassel et Xamarius relayèrent mes paroles, et c´est déterminés que nous fîmes notre entrée dans le château de Von Firthër. Avec mes compagnons, nous nous présentâmes à lui.
Quelle ne fut pas ma surprise de reconnaitre le chavalier qui m´avait félicité, il y a de cela quelque temps, lors de la messe d´action de grâce à Jérusalem ! Son nom ne me rappelait rien, mais maintenant que son visage était rappelé à ma mémoire, je me souvins de ce noble chevalier dont la réputation avait traversé les limites de la principauté d´Antioche lors de son séjour en Terre Sainte.
Mais le temps pressant, les retrouvailles ne furent pas longues, mais le fait de savoir pour qui se battre et mourir, outre notre but d´extinction des rebelles, donna un moral que je qualifierai d´inébranlable à nos hommes, et donc à ceux de Von Firthër.
Une fois plaçés sous son commandement, il nous posta, mes compagnons et moi, aux endroits stratégiques de son château; je me trouvai alors au rempart est.
Le répit fut de courte durée avant que nous n´entendîmes des cors de chasse, et que nous ne vîmes un ramassis de geux de la pire espèce, qui n´auraient point démérité au gibet de Montfaucon.
Nos archers décochèrent leur traits sur leurs homologues rebelles, lesquels subirent des pertes sensibles. Mais les paysans parvinrent à dresser leurs échelles contre les murailles, aussitôt rejoints par leurs archers, qui se séparèrent de de leurs arcs pour se ruer à la curée. La déferlante submergea nos archers, et c´est pourquoi je décidai de prendre 20 vougiers avec moi afin de nous porter à leur rescousse. J´entendis des clameurs parvenant de l´entrée, les rebelles avaient fracturé la porte nord. Je décidai alors de jouer le tout pour le tout. Je pris finalement 30 vougiers avec moi pour bloquer l´accès à la tour gardant la porte est, sans quoi les rebelles se seraient répandu dans le château, envoyai le reste des vougiers à la porte nord, apportant un précieux soutien à Xamarius qui, je le pensai, en avait pour l´heure plus besoin que moi. Mes vougiers et moi formâmes un carré de défense hermétique à l´entrée de la tour, repoussant tant bien que mal les paysans. Il faut dire que ceux-ci étaient galvanisés, échaudés par le butin promis. Si ils subissaient de grandes pertes, chaque vougier tombant, outre la déchirure qu´il causait à nos coeurs, affaiblissait notre position. Vint le moment où celle ci n´était plus tenable. Je demandai alors à mes hommes si ceux ci voulaient se constituer prisonniers. Un ricanement me fis écho, sachant très bien que le terme prisonnier est inconnu des rebelles. Nous chargeâmes alors à quatre de front et moi en tête sur la muraille, et notre élan fit valser les rebelles, dont certains s´écrasèrent 6 mètres en contrebas, d´autres étant piétinés par mes vougiers, les plus chanceux ayant le privilège de mourir d´un coup de lance ou de mon épée. Le désespoir accompli parfois de bien grandes choses, tant et si bien que nous dégageâmes le chemin de rondes jusqu´à arriver aux échelles, que nous précipitâmes à l´envers, ainsi que la dizaine de rebelles y grimpant. Seul 4 vougiers étaient encore vivant, mais le mur était était libre de tout rebelles, et ce définitivement. Du moins le croyais-je. Une volée de flèches venant de la porte nord abbatit mes 4 hommes, et je ne dû ma survie qu´à l´armure du comte d´Edesse. Les rebelles avaient pris position à la porte nord, les efforts désespérés de Xamarius, que je voyais d´ici se couvrir de gloire et de sang, se heurtant à un front uni, et ce malgré le renfort des vougiers que j´avais été en mesure de lui adjoindre, ne portaient pas leurs fruits. C´est alors que tout en me précipitant pour le rejoindre, une charge menée par Von Firthër me dépassa, causant de lourds dégâts parmi les rangs des chiens qui leurs faisaient face. Seulement, il advint que Von Firthër se trouva isolé, et ce malgré la grande bravoure de Alexanderr qui se frayait un chemin jusqu´à lui. Saisissant mon épée, je trucidai un premier rebelle, tailladai le torse d´un second qui s´affala en hurlant de douleur, et fini par la planter dans la gorge d´un tierce rebelle. Je fus soudain déséquilibré et le retrouvai à terre démuni de mon épée, et un colosse s´apprêtant à m´embrocher. Je me saisi de la lance d´un vougier gisant à côté, et le transperçai avant qu´il ne mette son dessein à exécution. Ma profonde incursion dans les rangs des rebelles avait crée une grande confusion, que mit à profit Alexanderr pour ramener Von Firthër à l´abris d´un glacis de vouges mis en place par Xamarius, dont le sens tactique fut exemplaire. C´est alors que chût le général rebelle, ce qui provoqua la déroute du reste de l´armée. Von Firthër, dont le sang ne fit qu´un tour, rassembla la cavalerie, et se lança à leur poursuite, avec Alexanderr, qui me salua d´un sourire rayonnant. Xamarius était en train de rassembler les soldats lorsque j´apperçu quelque chose qui bougeait parmi le monceau de cadavres. M´approchant, quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris que le général Casstroul essayait de se traîner vers la sortie, tel le pleutre et le lâche qu´il était. Je m´empressai de pointer mon épée sur sa gorge et en fis mon prisonnier.
La bataille était donc un réel succès, assombri toutefois par les nombreuses pertes que l´infériorité numérique et la motivation des rebelles, causée par le butin, nous avaient infligées.