1242. La guerre fait rage depuis des années entre le Saint Empire Romain et son voisin vénitien, luttant pour la possession de la ville de Zagreb.
La situation est critique. Les Vénitiens, qui ont décidé d´en finir, ont rassemblé une armée de plus d´un millier de soldats, tandis qu´épuisée par des sièges successifs, la garnison de Zagreb ne compte que 300 hommes. Alors que l´ennemi approche, le gouverneur de la ville comprend qu´il s´agira de mourir avec honneur.
Les Vénitiens disposent de trois béliers, d´une tour de siège, d´échelles et surtout de deux balistes. C´est elles qui ouvrent la bataille, détruisant méthodiquement un pan de mur; le seigneur ennemi veut ainsi éviter le goulet d´étranglement que forme le portail, protégé par 4 puissantes tours. Il n´est pas question d´attaquer les balistes qui sont trop bien escortées:la rage au coeur, le gouverneur de la ville ne peut qu´assister à la destruction du mur.
Mais l´assaut n´est pas lancé. Les balistes visent à présent une tour. Le gouverneur prend alors une héroïque décison: pour provoquer l´ennemi, il fait sortir la garnison juste devant la brèche percée dans les murailles. Les Vénitiens n´attendent plus et attaquent directement, abandonnant tours de siège, béliers et échelles. En surnombre écrasant, ils infligent de lourdes pertes aux quelques deux cent vouguiers qui tiennent l´accès. Du haut des remparts, les archers impériaux font pleuvoir une pluie de flèches démoralisante sur l´ennemi. Les tours lancent elles aussi des traits et affaiblissent les Vénitiens, qui finissent par reculer et changer de tactique. Leurs arbalétriers s´avancent et tirent sur les défenseurs, qui rentrent précipitamment à l´intérieur du chateau, tandis que les archers criblent les arbalétriers vénitiens de flèches.
Mais la garnison est déjà bien affaiblie. Le seigneur vénitien décide de lancer l´assaut final. Le gros de son armée retourne tenter de forcer le passage, tandis que des bataillons contournent le château avec les échelles et la tour de siège. Au pied des remparts, le combat est sanglant. L´heure n´est plsu aux fioritures: les archers sont envoyés en renfort dans la mêlée, sauf un bataillon qui défendra courageusement les murailles contre les envahisseurs qui escaladent déjà la paroi. De son côté, le gouverneur, à la tête de sa cavalerie, se jette à l´assaut des troupes qui se disposaient à monter dans la tour de siège, et réussit à les mettre en fuite. Puis, avec le reste de sa cavalerie, il galope pour prendre à revers les Vénitiens qui commençaient à triompher de la résistance acharnée des défenseurs au pied des murs.
Enfin un courageux vouguier abat le chef ennemi. Dès lors les Vénitiens perdent confiance, et quelques minutes plus tard, fuient dans toutes les directions.
Témoins de cette bataille, les innombrables cadavres qui jonchent le sol. La garnison est décimée: sur les 300 hommes valides, il n´en reste pas une trentaine. Mais Zagreb reste au Saint Empire, et la principale force d´attaque des Vénitiens est anéantie. Moins d´une centaine de soldats ont pu se sauver.