16/10/2006
Cyclisme : Basso «parie» qu´il gagnera le Tour
«Si l´on veut parler de revanche, je l´obtiendrai en gagnant le Tour, pas autrement.» Quatre mois après son exclusion en prélude du Tour de France, Ivan Basso retrouve espoir. Alors qu´une décision de justice vient de causer le classement de son dossier dans l´affaire Puerto, un scandale auquel il affirme «être étranger», l´Itaien revient dans L´Equipe sur sa façon de vivre sa mise à l´écart, assimilée à «un grand choc, très dur à vivre», et sur sa volonté de rester au sein de l´équipe CSC.
Ivan Basso raconte son exclusion du Tour comme on se remémore un accident, avec des flashes, des absences et un sentiment d´irréalité. «Entre le moment où je suis parti m´entraîner, celui où je suis retourné à l´hotel et celui où je me suis retrouvé dans une voiture (vers) l´Italie, il ne s´est pas écoulé plus de quatre heures», déclare-t-il. Comme pris dans un mauvais rêve, il se dit alors : «tu n´as que 29 ans, ce n´est pas ton dernier tour.» Puis tente de se réveiller : «Pendant quatre mois, j´ai eu tout le temps pour penser à cette histoire mais aussi pour oublier.»
«Aujourd´hui, beaucoup (de managers) voudraient m´avoir»
«Qu´est-ce qui vous a tenu debout ?» , demande le journaliste Philippe Brunel. «La pensée que tout cela finirait bien un jour.» Déni ? Optimisme ? Ce «jour» ne lui semble plus très loin. «Aujourd´hui, beaucoup (de managers) voudraient m´avoir dans leur équipe», poursuit Basso, qui confirme à demi-mots les contacts avec Discovery Channel et Milram. Mais sa priorité va à un maintien au sein de la CSC. «C´est mon équipe, di-il. Je crois avoir largement contribué à sa structuration.» Pour cela, il lui faut renouer une relation de confiance avec le manager Bjarne Riis.
Le Danois et l´Italien en se sont pas parlés pendant quatre mois avant de se revoir la semaine dernière. «Son silence m´a fait mal, très mal, explique Basso. Après, j´ai digéré (...) Nous sommes dans la situation d´un couple qui a connu quelques problèmes et qui s´applique à recoller les morceaux.» «Je n´ai pas de rancoeur», résume l´ancien vainqueur du Giro, comme si un départ de cette équipe serait une preuve que tout cela a bien existé alors qu´il ne «se sentait pas concerné», qu´il «ne se reconnaissait pas» dans son image publique dégradée et qu´il ne considère «pas responsable» des maux d´un cyclisme qui lui «manque terriblement.» «Et j´ai l´impression que moi aussi, je manque au cyclisme», dit-il. Un rêve éveillé ? X.C.