dernière news :En pourparlers de rachat avec Mercedes, Ron Dennis met l´avenir de McLaren au centre de ses préoccupations. En pensant à sa retraite.
Depuis qu´il a pris les rênes, en 1978, de l´écurie McLaren, Ron Dennis donne l´image d´un homme méthodique, froid, voire austère. Pourtant, son nom est devenu indissociable de l´équipe qu´il dirige avec une chaleur humaine insoupçonnée de ses détracteurs, à tel point que "Ron Dennis" est devenu synonyme de "McLaren"... à moins que ce ne soit l´inverse. "Je veux être un chapitre glorieux du roman, pas le roman lui-même", précise t-il. Le fait est qu´il est difficile d´imaginer l´écurie sans son patron. Mais, à bientôt 60 ans, NDLR : le PDG de McLaren Group aimerait enfin renouer avec le succès pour quitter la F1 avec un nouveau titre en poche.
Des solutions techniques osées, des choix de pilotes controversés et surtout 7 titres de Champion du monde des Constructeurs (sur 11 au total pour McLaren) ont fait de lui un des personnages les plus charismatiques de la Formule 1 actuelle. Bref, Ron Dennis n´est pas un homme comme les autres, il semble donc évident que la préparation de sa succession à la tête du groupe McLaren ne ressemble à rien de connu.
Une entreprise hors-norme
Pourquoi Mercedes courtise McLaren ? 124 victoires et 16 titres de Formule 1, une des 3 écuries les plus prestigieuses de la F1 actuelle, une entreprise à la pointe de la technologie : le McLaren Technology Centre (MTC) est le leader mondial dans son domaine et, contrairement à beaucoup d´autres équipes, l´écurie est peu endettée. Logique, dès lors, que Ron Dennis fasse de la pérennité de son groupe une priorité et qu´il a au moins autant consacré les neuf derniers mois aux négociations avec Daimler-Chrysler (propriétaire à 40 %) qu´à son objectif sportif : reconquérir une couronne mondiale de F1.
L´image de marque de McLaren est l´excellence. Pour Ron Dennis, on le sait, seule la victoire est belle. Il semble donc improbable que le changement de direction se fasse de manière trop brutale, au détriment des résultats sportifs. Il ne s´agit pas de couper des têtes mais bel et bien de construire l´avenir comme le confie Ron Dennis lui-même à nos confrères d´Autosport : "Est-ce que je serai encore là dans 5 ans ? A ce poste, c´est très improbable (...) Il n´y a pas de plan, pas de calendrier et aucune pression. Il y a juste un très fort désir de grandir et d´avancer. McLaren a un tas d´ambitions."
Des enjeux hors-norme
L´enjeu majeur auquel tous les protagonistes doivent faire face est d´éviter à l´équipe le sort qu´ont connu beaucoup d´autres écuries britanniques prestigieuses qui donnaient l´illusion d´être invincibles, du moins éternelles : Lotus, Tyrrell, Brabham et plus récemment Jordan (même si le succès était bien moindre) ont prouvé avec quelle facilité une équipe peut passer d´une position de concurrent pour le gain d´un championnat à celle d´entreprise au bord de la banqueroute, désespérément à la recherche d´un repreneur. L´avenir, semble-t-il, passe donc par le moyen de concurrencer les géants qui investissent la F1, tels que Renault, Honda ou Toyota, à côté de la puissance économique desquels même Ferrari fait office de petit artisan.
Seulement McLaren n´a aujourd´hui aucune raison de se brader et si Mercedes veut acquérir la machine à gagner de Ron Dennis, il faudra y mettre le prix : au moins 750 millions d´euros selon la dernière estimation du groupe publiée en 2000... soit, avant la construction du MTC ! "Daimler-Chrysler n´a pas particulièrement besoin de la marque "McLaren [...] mais j´ose espérer qu´ils sont conscients de ce qu´on peut leur apporter en tant qu´entité relativement autonome", explique Martin Whitmarsh, chef de l´équipe F1 McLaren.
L´encadrement et le propriétaire de McLaren seront différents...
Enfin, dernier enjeu, mais pas des moindres : la question du successeur de Ron Dennis. Le nom de Martin Whitmarsh est évidemment sur toutes les lèvres, et ce dernier aurait même déjà été officieusement assuré du poste, mais l´actuel numéro 2 de McLaren saura t-il faire oublier un "Ron Dennis" lors de cette prochaine grande évolution de McLaren ? Comme l´admet Whitmarsh lui-même : "Personne ne peut prévoir précisément ce que sera notre structure dans 20 ans, mais ce qu´on peut prédire, c´est que l´encadrement et le propriétaire de McLaren seront différents..."