Le défi logistique du GP de Turquie
Dans moins de deux semaines, le Grand-Prix de Turquie marquera la fin de la pause estivale, et la reprise des activités en piste pour la dernière ligne droite avant la fin de la saison 2006. L’année dernière, la Turquie devenait la première course décrite par les équipes logistiques comme étant une course « par voie maritime » en opposition avec les courses où l’on se rend « par la voie des airs » qui se déroulent en dehors de l’Europe : les équipes doivent en effet organiser leur week-end de course en se passant des gros transporteurs et des motor-homes. La Turquie se situe entre les deux : la présence des poids et des motor-homes dans le paddock laissent planer une ambiance Européenne, mais la plupart du matériel est amené par bateau et non par la route ou par avion.
En charge des opérations de logistique pour la Scuderia Ferrari, Miodrag Kotur revient sur quelques points de sa carrière dans le sport automobile avant d’évoquer le GP de Turquie, mais aussi la perspective de se rendre sur le Mont Fuji… « J’ai commencé à travailler dans ce milieu en 1988 avec Peugeot Talbot Sport ; c’est là que j’aie connu Jean Todt. J’ai ensuite travaillé sur différents événements tels que des rallyes comme le Paris-Dakar et d’autres courses Africaines » se souvient Kotur, « C´était un coup de chance d’obtenir ce travail et je suppose que l’on pourrait dire que je suis passé par l´escalier de service ! Peugeot s’est inscrit en course automobile avec la 905 et c’est à ce moment là que je me suis penché et investi dans le domaine de la logistique. »
« Après les 24h du Mans, Mr Todt a signé un contrat avec Ferrari et il m’a proposé de le suivre dans cette aventure. Travailler pour Ferrari n’est pas une offre que l’on peut refuser. J’étais si jeune, je ne parlais pas un mot d’Italien et je n’étais pas marié » ajoute Kotur. Dans un premier temps, le rôle principal de cet homme de confiance fut de superviser les allers-retours de Jean Todt de la France à l´Italie et tout ce que cela impliquait. Il a ensuite travaillé à plein temps pour les opérations de logistique de la Scuderia, à partir de 1994.
L’année dernière, l’inauguration du Grand-Prix de Turquie, fut un bon exemple du travail réalisé par Kotur, face à l’inconnu, puisque pour la première fois les voitures devaient être acheminées sur place par la mer. « Tout s’est bien passé » explique Kotur « Nous avions hésité entre l’acheminement par bateau et celui par la route depuis la Hongrie. Mais la seconde option nous a paru plus compliquée. Il faut compter 56 heures de traversée. Le plus important était de pouvoir revenir ensuite en Italie, après le GP car une autre course nous attendait 15 jours plus tard. Il n’était donc pas question de rater le bateau. »
« Cette année nous partirons le 18 Août afin d’arriver dès le Lundi 21 sur place, et de rallier ensuite le circuit. Ensuite c’est un peu comme un Grand-Prix Européen classique, si ce n’est le fait que cela se déroule en Asie. L’infrastructure est neuve et répond parfaitement aux demandes des équipes. Les autorités douanières Turques coopèrent et nous facilitent la vie administrativement parlant. Tout est fait très rapidement et nous n’avons rencontré aucun problème l’année dernière » précise Kotur.
La seule difficulté réside dans l’arrivée au circuit, qui nécessitait de s’y prendre un minimum de 90 minutes à l’avance l’année dernière. Mais des leçons ont pu être tirées de l’événement 2005. « Cette année nous aurons des chauffeurs Turcs, ils connaissent toutes les petites routes et comprennent très bien la façon inhabituelle dont les automobilistes roulent en Turquie. »
En 2005, Istanbul était une nouvelle expérience pour le monde de la F1, qui doit s’habituer à s’adapter à de nouvelles destinations. En 2007 les équipes devront faire face à un nouveau défi : Le Mont Fuji au Japon, que la F1 n’a plus visité depuis 1977. « J’y suis allé après le GP d’Australie cette année, j’ai visité les alentours, notamment les hôtels » explique Kotur en évoquant un premier repérage des lieux. « Le circuit en lui-même n’est pas mal. Ce qui m’inquiète c’est l’accès au circuit et les hôtels, qui pourraient nous poser quelques soucis. Du centre de Tokyo il faut environ 1h pour y arriver mais c’est sans compter la foule les jours de Grand-Prix… il faudra compter 4h voire 5h ! Je pensais déjà que Suzuka était un défi en terme de logistique mais le Mont Fuji semble être un scénario bien plus complexe. »
Peu importe la complexité du travail des équipes logistiques, elles doivent s’assurer que tout se passe bien le moment venu. Pour les pilotes, les ingénieurs et les mécaniciens, la situation géographique du circuit ne doit en aucun cas affecter leur travail sur le circuit.