[Partie 5 - Chapitre 4]
La bataille
- J’espère que tu auras la force pour ça… Marmonna Opélie, assez fort pour que tout le monde puisse l’entendre.
- Bien sur que j’aurais assez de force ! Je suis en pleine forme ! Rétorqua Tom Nook. Mais, la faiblesse de sa voix trahissait la fatigue qui l’envahissait peu à peu au fur et à mesure du voyage.
- On est tous au courant de ta faiblesse… On sait que tu ne tiendras peut-être plus très longtemps. Mais, je pense qu’on a assez discuté. Tortimer et Tanguy courent peut-être un grand danger, et nous, nous sommes là à imaginer la souffrance de Charfalaq quand il se fera battre ? C’est égoïste…
- Toujours aussi sage, Opélie ! Répondit Tom Nook. Il avait retrouvé un peu de vigueur dans la voix, mais, elle était toujours un peu brisée, à cause de la fatigue.
- Le plus sage serait de partir maintenant ! Allez ouste, levez-vous tous, bande de flemmard ! Dit-elle, en décochant un sourire à ses amis. Certains rigolait, d’autres étaient encore exténués.
La résistance s’engagea sur le sable fin du désert. Opélie, qui n’avait pas de chaussure se retint à grand peine de se plaindre de la chaleur du sable du désert sous ses pieds. C’était impressionnant comment le décor changeait du tout au tout : Il y a à peine quelques minutes, ils marchaient tranquillement sous les feuilles mortes de la forêt, et là, ils marchaient sur le sable fin et brulant du désert qui menait au repaire du néfaste et puissant sorcier. *Surement une œuvre de sa magie, un changement comme ça est impossible* ne put s’empêcher de penser Tom Nook. Les militants de la résistance regardaient devant eux, plongés dans leurs pensées. Le silence régnait, ils économisaient leurs salives le plus possible. Ils avaient de la chance : Ils n’étaient que très faiblement chargés. Ils n’avaient pas emporté beaucoup d’affaire.
Tortimer progressait lentement vers la ville. Tanguy était encore submergé par la tristesse. Lui qui pensait que Tortimer était une tortue sage et droite, il s’était bien trompé ! Comment avait-il pu lui faire confiance à ce point ? Il regrettait… Il espérait grandement que ses amis viendraient le chercher, et vite ! Peut-être qu’il était l’élu d’une prophétie, mais, il ne tiendrait pas longtemps fasse à Charfalaq. Mais, il ne devait pas s’inquiéter. Par contre, une chose bizarre le tracassait… Il avait sentit un air de « faux » quand Tortimer lui avait dit qu’il devait le ramener voir Charfalaq… Et puis, Tanguy ne pouvait pas s’empêcher d’éprouver encore du respect pour la vieille tortue ! Peut-être était-il fou, pensa t-il. Ou peut-être était-ce une insolation due au soleil !
Brusquement, le maire de TornVille fit tomber Tanguy au sol. Le jeune garçon constata avec surprise qu’il pouvait bouger. Il commençait à avoir des fourmis dans les jambes, et, commença à marcher pour se dégourdir les jambes.
- Je t’ai peut-être lâché, mais, n’essaye pas de t’enfuir, lui glissa Tortimer. Il y a des sortilèges qui pourraient te paralyser à vie… Rajouta t-il, d’une voix glaciale et cruelle, inhabituelle chez le vieux sorcier. Ne t’inquiète pas trop... Continua t-il, d’une voix qui était celle que Tanguy avait l’habitude d’entendre.
Tanguy ne comprit pas le sens de ces mots. Comment pourrait-il ne pas s’inquiéter ? La personne qu’il croyait être une des plus sages sur cette terre lui annonçait qu’il le jetait, lui, héros de la prophétie, dans la gueule du loup !
Le fantôme survolait encore le désert. Les fantômes ne sentaient pas la chaleur, ni la fatigue, c’était un avantage. C’est là qu’il vit des silhouettes se trainer lentement au sol. Elles étaient trois. Trois animaux, plus précisément. Il s’approcha rapidement d’eux. Un des animaux lui dit :
- On a été attaqués… Les autres… Sont… Encore… Là-bas… A se battre… Je suis… Tom Nook… Je dois… Sauver… Tanguy… Le dernier mot fut exprimer avec une rage fortement marquée.
Tom Nook ferma les yeux, et ne bougea plus. Il respirait encore. Le fantôme, alerté par les paroles du raton laveur se dirigea vers un cri de douleur. C'est là qu'il vit qu'une bataille était en train de se livrer...