9a va être difficile une recette en poëme ! Mais tiens en voilà un :
Agonie
Dans le silence une foule, innombrable et attentive regardait mourir l'homme...
Enchaîné par la vie
il commençait son agonie.
J'avais beau lui dire « Libère toi »,
la foule lui disait « viens par-là »,
fais comme nous, sois raisonnable,
sois responsable,
sois prévisible
reste invisible.
Chaque jour son corps ralenti
S'enfonçait dans l'ennui
Chaque jour son cœur meurtri
Dégageait des relents de maladie
La foule regardait
Son nombre grandissait
A chaque tremblement
Au moindre affaiblissement
Des mots l'emmenaient
Vers le firmament
Mais le slameur lui a souri
Dans un bar
Un soir de cafard
Alors que l'agonie
L'avait presque fini
Achevé, déglingué,
Un spasme violent
Lui rappela sa vie d'avant
Quand il était libre, de vivre, de parler, de dire non, de se révolter
Quand il était libre d'aimer, de donner, de guérir,
De sourire, d'écrire, de regarder, de toucher
Dans les yeux du slameur
Il a lu l'absurdité de ses peurs
Sur les lèvres du slameur
L'antidote s'est inscrite
Et la vie l'a repris
Dans un spasme violent et salvateur
Raidi, engourdi par l'oubli
Il a fallu qu'il rit et qu'il pleure
Pour fuir la maladie de l'ennui
La maladie qu'attrapent ceux qui fuient la vie.
Slameur de malheur
Cria la foule d'abrutis
Tu lui a rendu la vie
Il a oublié ses peurs
Il a des envies
Et il va vivre