Thalès conçoit la genèse du monde comme le résultat d'une « réaction » physique, car il pense que, après avoir été composées par un principe unique, les forces élémentaires de la nature, par « combinaison », mélanges mutuels et « transmutations », produisent les choses réelles.
Thalès observe donc la nature avec ce regard nouveau de physicien, et isole l’archè qui tient la place du commencement dans le processus de création du réel : pour lui, ce sera l'eau. De l'eau tout est issu et l'humide est la qualité commune à toutes natures ; l'eau est donc le principe de toute nature (l'eau serait ce qu'il y a au commencement, ce serait le début de la succession des états du monde)
Remarque : Thalès n'était pas le premier à souligner le rôle essentiel de l'eau comme principe ; avant lui les Babyloniens, les Égyptiens, Homère même, avaient accordé une importance à l'eau dans leur mythologie. Ainsi, selon Homère, les dieux prêtent serment par l'eau.
Pour bien comprendre Thalès il convient de ne pas concevoir son principe, l'eau, comme quelque chose de purement "aquatique". Thalès aurait en effet attribué une âme même à ce qui était inanimé (donc l'eau aurait eu une âme). Ce sont donc des choses animés !