Les Cévennes, automne 1828. Le narrateur, un officier, est surpris par la nuit et l´orage. Une menace étrange fait s´enfuir sa jument, et lui-même se précipite vers le premier refuge venu...
C´était une auberge. J´entrai. Personne ne s´y trouvait. Seule l´odeur du temps pourrissait là, tenace et pernicieuse. J´appelai et tapai du poing sur une table bancale qui faillit s´effondrer sous mes coups. L´aubergiste devait être au cellier ou dans une des chambres de l´étage. Mais, malgré mon tapage, on ne se montra pas. J´étais seul, tressaillant d´attente, devant un âtre vide inutilisé depuis bien longtemps, à en juger par les toiles d´araignées qui bouchaient la cheminée. Quant à la longue chandelle, allumée depuis peu, et soudée à une étagère, sa présence, au lieu de me rassurer, me remplit plus d´inquiétude que si je n´avais trouvé en cet endroit que la nuit et l´abandon.
Je cherchai un flacon d´eau-de-vie afin de me réconforter et chasser la crainte qui me retenait d´aller visiter les autres pièces de cette étrange auberge. Mais les bouteilles qui gisaient là, poussiéreuses, avaient depuis longtemps rendu l´âme. Toutes, de formes anciennes, étaient vides, les années assoiffées ayant effacé jusqu´aux traces des boissons qu´elles avaient contenues.
Tout était si singulier qu´attentif au moindre bruit, je me questionnai sur l´étrangeté des lieux. Du bois sec traînait. Je le rassemblai dans le foyer, sur un lit d´herbes sèches trouvées sans peine, et, frottant mon briquet épargné par la pluie, j´en tirai des flammes rassurantes.
Rencogné près de la cheminée, je me tendis à la chaleur, bien décidé à brûler le mobilier pour garder jusqu´à l´aube cette réconfortante compagnie. Les bouffées de résine me furent aussi revigorantes que des goulées d´alcool pur, mais, pensant à la perte de ma jument, je fus pris de tristesse, ne comptant plus que sur son instinct de bête pour qu´elle me revînt.
Tout à coup un insidieux frisson me traversa, semblable à celui ressenti dehors et qui m´avait chassé jusqu´ici. "On" se trouvait à nouveau là, tout proche !
Les murs avaient beau me protéger de trois côtés ; éclairé par le foyer craquant, j´étais visible et vulnérable. On pouvait m´atteindre de face, en tirant de loin, à plomb. Je me dressai, les muscles prêts à une nouvelle fuite.
Mais mon anxiété fit place à une vive angoisse qui m´oppressa jusqu´à m´étouffer. Maintenant "on" entourait l´auberge et, impitoyables dans leurs mystérieux desseins, d´invisibles regards, que je percevais, me fixaient par la fenêtre sans volets. "On" était attentif à ma personne et cela avec une telle violence que je suais, subitement terrifié.
Voici un texte que j´ai fait qui est inscrit dans mes documents . Il faut que je donne pour la rentrée ( En cours de francais bien sur .. vous me mettrez combien ? 