De la lecture
L´ANTARCTIQUE
L’Antarctique (substantif féminin, du grec
ἀνταρκτι&
- 954;ός, « opposé à l’Arctique ») est un continent situé au pôle Sud de la Terre. Il est presque entièrement recouvert de glace, et comprend les régions les plus froides de la planète.
Avec une superficie de 13,9 millions de kilomètres carrés, l’Antarctique est plus petit que l’Asie, l’Afrique, l’Amérique du Nord et l´Amérique du Sud. Il ne possède aucune population permanente, mais un millier d´habitants temporaires qui sont des personnes travaillant dans le cadre de missions scientifiques.
UNE HISTOIRE LIEE A LA FORME DE LA TERRE
Son histoire est très liée aux nombreuses hypothèses concernant la forme de la Terre.
La plupart des sources s´accordent pour affirmer que c´est Aristote qui nomme le premier ce continent. En effet, les Grecs pensent à l´époque que la Terre étant une sphère symétrique, il lui faut nécessairement un point d´équilibre, un ""pivot" (polos en grec) de part et d´autre de l´équateur : l´Arctique (Arktos en grec) et son opposé (anti), l´Antarctique (Antarktos). Arktos signifie « ours », en référence au groupe d´étoiles indiquant le nord, encore appelé aujourd´hui « Petite Ourse ».
Au IIe siècle, Ptolémée (astronome grec), est persuadé que le continent existe, au point d´affirmer que ses terres sont habitées et cultivées, mais restent inaccessibles au reste de la Terre à cause d´une grande bande de terre infranchissable abritant des monstres.
Mais au Moyen Âge, les savants abandonnent les réflexions sur ce continent, trouvant étrange que Dieu ait oublié une partie de sa Création sur ces terres si reculées. On se met à repenser que la Terre est plate, ce qui exclut l´existence de l´Antarctique (d´un point de vue géographique).
On y repense à partir du XVe siècle, lorsque Bartolomeu Dias de Noveas et Vasco de Gama découvrent de nouvelles terres. Ces derniers dépassent le cap de Bonne Espérance (au sud de l´Afrique) et réfutent ainsi l´hypothèse d´un continent africain étendu jusqu´aux plus hautes latitudes Sud. Néanmoins, lorsque Ferdinand Magellan contourne le sud du continent américain, il découvre qu´il y existe un détroit difficile à franchir, et au-delà duquel un épais manteau neigeux apparaît sous un climat très froid.
Du coup les géographes de l´époque émettent l´hypothèse qu´un immense continent appelé continent Austral sur les planisphères de l´époque existe et qu´il serait continu de la Terre de Feu à l´Australie.
LES PREMIERS PAS VERS LA DECOUVERTE
Parti du cap de Bonne-Espérance le 22 septembre 1772, il est arrêté à deux reprises par la banquise et regagne la Nouvelle-Zélande après avoir dépassé le 61e parallèle.
Le 30 janvier 1774, la Resolution rencontre la banquise après deux mois de navigation au sud de la Nouvelle-Zélande et avoir franchi le 70e parallèle pour la première fois dans l´histoire. Cook découvre alors une plaine de glace, dans laquelle il compte quatre-ving-dix-sept montagnes de glace, très larges et ressemblant à une chaîne de montagne s´élevant les unes sur les autres et se perdant dans les nuages.
S´avançant jusqu´à 71° 10´ de latitude sud et 106° 54´ de longitude ouest (position proche de l´île Thurston, mer d´Amundsen), il entend des « penguins » (manchots) et aperçoit quelques oiseaux, mais se persuade de l´absence de terres dans cette mer et renonce à chercher un passage vers le sud à travers les glaces.
L´EXPLORATION DU CONTINENT
En 1928, George Wilkins survole le continent pour la première fois.
En 1946, les États-Unis, à l´initiative de l´amiral Richard Evelyn Byrd, organisent la plus importante expédition qui sera jamais envoyée dans l´Antarctique, l’opération Highjump :
4 700 personnes ;
13 bateaux dont un porte-avions ; 25 avions, dont deux hydravions PBY Mariner.
L´opération Highjump sera suivie l’été austral suivant (1947-1948), par l’opération Windmill au motif de sous-exposition des clichés pris lors de la campagne précédente.
LA CONQUETE SCIENTIFIQUE DU CONTINENT
Le Traité sur l´Antarctique est signé le 1er décembre 1959 à Washington par 12 pays (l´Argentine, l´Australie, la Belgique, le Chili, la France, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, l´Afrique du Sud, l´URSS (actuelle Russie), le Royaume-Uni, l´Irlande du Nord et les États-Unis. À l´heure actuelle, 45 États l´ont ratifié.
SITUATION
L´Antarctique est entouré par l´océan Antarctique, recouvert par une banquise d´épaisseur et d´étendue variable en fonction de la saison, mais qui peut dépasser le 60e parallèle au printemps austral.
Les navigateurs à la recherche du continent austral ont donc d´abord rencontré les îles (cf. liste des îles de l´Antarctique) libres de glace pendant la plus grande partie de l´année, comme : l´île Bouvet ; la Géorgie du Sud ; les îles Shetland du Sud ; les îles Orcades du Sud.
RELIEF
L´Antarctique est coupé en deux parties inégales par les Monts Transantarctiques, chaîne de montagne de 2500 km de long, formant une courbe en « S » depuis la côte de la mer de Weddell (face à l’île Berkner) jusqu´à la côte de l´océan Antarctique face aux îles Balleny. Ces monts bordent la barrière de Ross sur près de 1000 km ; c´est là que se trouvent les plus hauts sommets (en s´éloignant du pôle Sud) :
le mont Fridtjof-Nansen, 4069 m ;
le mont Kirkpatrick, 4569 m ;
le mont Markham, 4351 m.
Cependant, le point culminant de l´Antarctique se trouve dans les monts d´Ellsworth, au massif Vinson à 4897 m ; ces monts dominent la partie la plus occidentale de la mer de Weddell (barrière de Ronne).
La partie du continent délimitée par les monts Transantarctiques et qui fait face aux océans Atlantique et Indien est appelée Antarctique orientale. Elle forme un plateau d´environ 10 millions de kilomètres carrés, recouvert d´une importante couche de glace : celle-ci atteint ainsi une altitude maximale de 4030 m à proximité du centre de ce plateau, alors que le soubassement rocheux ne dépasse guère les 1000 m.
L´autre partie du continent est appelée Antarctique occidentale ; elle comprend la terre Marie Byrd, la terre d’Ellsworth et la péninsule Antarctique, dont la partie la plus large est la terre de Palmer, alors que son étroite extrémité nord constitue la terre de Graham.
C´est dans la péninsule Antarctique que se trouvent la plupart des zones non glacées du continent, où affleure la roche. Cette péninsule est environnée de nombreuses îles, dont la plus grande île de l´Antarctique, l’île Alexandre-Ier (49 070 km²), qui borde à l´ouest la terre de Palmer ; reliée au continent par une étendue glacée (le détroit George-V), cette île fut appelée terre Alexandre-Ier jusqu´à la mise en évidence de son insularité...
L´inlandsis, qui recouvre la majeure partie des terres, s´étend localement sur la mer en barrières de glace permanentes, comme les barrières de Ronne et de Filchner sur la mer de Weddell (à l´est de la péninsule Antarctique), ou la barrière de Ross sur la mer de Ross ; ces barrières de glace flottante se confondent presque avec la partie continentale glacée sur l´image de gauche (ci-dessus), mais ressortent en bleu-vert sur l´image de droite.
Le volume des glaces qui recouvre le continent Antarctique approche les 30 000 000 km³, ce qui correspond à une épaisseur moyenne de l´inlandsis supérieure à 2000 m.
L’altitude moyenne calculée au-dessus du niveau de la glace étant voisine de 2300 m, l’altitude moyenne du continent (le soubassement rocheux) ne dépasse donc pas quelques centaines de mètres, ceci même sans comptabiliser les régions « continentales » dont l’altitude est inférieure au niveau de la mer (comme la fosse subglaciale de Bentley, en Antarctique orientale, dont le point le plus bas se trouve à 2499 m en-dessous du niveau de la mer).
L’Antarctique comporte également de nombreuses étendues d’eau subglaciaires, dont la plus grande est le lac Vostok, avec une superficie de 14 000 km².
CLIMAT
Le continent Antarctique détient le record de la température la plus basse du monde, avec -89 °C à la base de Vostok (base russe installée en 1957)
L´inlandsis qui recouvre la quasi totalité de la superficie du continent, atteint plus de 4500 m d´épaisseur par endroits ; elle constitue 90 % de l´eau douce du globe.
Malgré toute la neige et la glace qui recouvre l´Antarctique, une partie importante du continent, dont les précipitations annuelles sont inférieures à 50 mm, peut être assimilée à un désert.
En tant que zone géographique au climat polaire, l´Antarctique est ainsi peu propice à la vie et aux activités humaines.
LA FAUNE EST LA FLORE
L´Antarctique est l´une des huit écozones ou régions biogéographiques terrestres.
L’océan Antarctique contient une biomasse importante grâce à des eaux très riches en nutriments et en oxygène. Une véritable frontière de brume le sépare des autres océans quand la température passe en quelques kilomètres de 6 à 16 °C en moyenne.
ACTIVITE ECONOMIQUE
Certains états maintiennent une présence humaine permanente ou semi-permanente, dans des bases à vocation essentiellement scientifique. Ces bases sont ravitaillées par la mer pendant l´été polaire, lorsque le retrait ou la diminution de l´épaisseur de la banquise permet aux navires de s´approcher suffisamment des côtes.
Des expéditions scientifiques sont notamment envoyées dans le cadre du programme ANSMET pour la recherche et la récolte de météorites, disponibles en quantité sur le continent.
La beauté des paysages et la richesse de la faune favorisent une activité touristique modeste, car non encouragée.
POLITIQUE
Le continent antarctique fait actuellement l´objet d´un régime juridique défini par le Traité sur l´Antarctique de 1959. Ce traité reconnaît le continent comme une terre propice à la recherche scientifique, et dans ce cadre, à la coopération internationale.
Le Traité sur l´Antarctique établit également un "gel" des prétentions territoriales. En effet, en raison de la proximité géographique de leur métropole ou par intérêt géostratégique ou économique (au vu des probables ressources naturelles que comporte son sous-sol), des États ont revendiqué des portions du continent.