Ah on va enfin la voir
XD
Je l´attends avec impatience ![]()
-Naesala…
-Alors Leanne ? Vingt ans ont passés, mais je suis resté bel oiseau, tu ne trouves pas ?
La jeune fille le voyait. Le Roi de Kilvas avait toujours la même apparence que dans ces souvenirs.
Ou ces rêves qui avaient parfois surgi pendant son long sommeil.
Toujours aussi grand, ses longues et majestueuses ailes noires se dressant fièrement dans le ciel. Le vent s’amusait avec quelques mèches de ses longs cheveux noirs que Naesala repoussait parfois hors de son champ de vision d’un geste agacé. Son visage fin éclairé par deux prunelles aussi sombres que la nuit fixait la Laguz héron d’un air indéchiffrable, un sourire énigmatique.
- Oui…oui tu es resté le même.
Leanne lui répondit, souriante. Toujours aussi arrogant et prétentieux, mais si gentil avec elle. Sous son masque de froideur détachée et de charognard sans scrupules, Naesala pouvait être adorable quand il le voulait.
-N’est-ce pas ? Les ans ont passé, mais je ne vieillis pas si vite.
Le sourire de Naesala ourla ses lèvres quand ses yeux se posèrent sur Leanne. Son regard devint moins ardent, moins ironique mais plus doux. Comme avant.
-Sinon...ça ira ?
Oui…le même.
OoO
Leanne se réveilla. En voyant Mist qui dormait paisiblement à côté d’elle, la jeune fille se remémora les derniers évènements. Ils avaient vaincu Ashnard. Son frère et elle-même devraient repartir demain, à Gallia, afin d’arranger la situation du clan des hérons.
Leanne savait qu’elle devrait être en forme pour entamer le voyage…mais trop d’émotions la parcouraient. Inutile d’essayer de se rendormir cette nuit.
La jeune fille sortit dans la fraîcheur et l’obscurité de la nuit. Marchant au hasard dans les couloirs du château, portée par la douce brise du soir, ses pas résonnèrent sur le sol dallé. Les ombres ne paraissaient plus menaçantes. Elles l’entouraient en une étrange danse silencieuse.
Puis les ombres se dissipèrent quand Leanne se tourna vers un couloir éclairé par des chandelles. Comment étaient-elles encore allumées à cette heure ? La jeune fille n’en savait rien. Les flammes dansaient autour de Leanne, comme des lucioles prises dans un vent tourbillonnant. Le feu la réchauffait, la protégeait de la froideur de la nuit.
Et au bout du couloir, Leanne aperçut des plumes noires, aussi sombres que les ombres du couloir. Leurs empennes étaient recouvertes d’un liquide carmin.
Inquiète, la jeune fille courut, suivant la trace de ces plumes. Elle savait qu’elles devaient appartenir à un corbeau blessé. Et Leanne savait qu’il n’y en avait qu’un seul qui était censé dormir dans cette partie du château, réservée aux invités d’honneur.
Naesala.
Le Roi corbeau, adossé à une fenêtre, regardait les plaines plongées dans l’obscurité. Il admirait les étoiles dont la pâle lueur tentait en vain de rivaliser avec la lune, astre divin de la nuit. Quand Naesala entendit des pas résonner sur le sol, il se retourna pour croiser les yeux émeraude de Leanne. D’un geste, il l’invita à s’approcher de lui. Ce qu’elle fit. D’une voix douce comme le vent nocturne, le corbeau lui parla dans la langue des hérons :
-Tu pars demain. Ne devrais-tu pas dormir ?
-Je n’y arrive pas. Toi aussi non ?
-C’est vrai, lui répondit-il.
D’une petite voix, la jeune fille lui demanda :
-Es-tu blessé, Naesala ?
Surpris, il se tourna vers elle. Leanne lui montra la plume ensanglantée qu’elle avait trouvée tantôt.
-Cela t’appartient je crois.
D’un faible sourire, il lui avoua :
-Juste un sort de feu qui m’a légèrement touché, ne t’inquiète pas.
-Pourquoi n’as-tu pas demandé à ce que Rhys te soignes ?
-Je ne veux pas devoir quelque chose à un humain.
-Naesala…
Un silence, assez lourd et un peu gêné, s’installa entre eux. Jusqu’à ce que le Roi Corbeau décida de le briser d’un mot :
-Pardon.
Leanne le fixa, ne comprenant pas.
-Je sais bien que tu aimerais que les Laguzs et les hu…les Beorcs fassent la paix. Je n’ai pas à t’imposer mon opinion.
-Tu n’apprécies toujours pas les Beorcs ?
-Disons qu’ils ont légèrement monté dans mon estime. Mais ce n’est pas pour cela que je les aimerais de sitôt.
C’était étrange, se disait Naesala. Il ne pensait pas qu’il tiendrait un jour une conversation sans le moindre sarcasme, seulement avec franchise et sincérité. Peut-être ne se sentait-il pas capable de mentir à ces yeux verts d’une intensité telle qu’il se sentait misérable devant eux.
Ils étaient pareils à ceux qui hantaient ces souvenirs. Enfant, il l’aimait déjà. Cela n’a guère changé. Mais le corbeau ne l’avouera pas à Leanne.
Comment une ombre telle que lui pourrait-elle un jour espérer s’approcher d’une flamme aussi vive que la jeune fille ?
Naesala était condamné à ne pas voir le soleil du bonheur. Comment pourrait-il le regarder en face sans en avoir honte ? Lui, qui avait commis tant de crimes et de trahisons, qui n’avait pas su rallier les corbeaux en un peuple soudé. Tant d’ailes noires avaient passé du côté de Daein.
Parfois, le Roi Corbeau regrettait ne pas ressembler à son cousin faucon. Tibarn, lui, avait su convaincre le peuple d’être juste, d’être fort. Lui qui n’a pas trahi le frère de la personne qu’il aime.
Le corbeau ne devrait-il pas détourner les yeux du doux visage de Leanne, qui reflétait son déshonneur ? Même si cela avait été nécessaire à la survie du peuple des ailes noires et que Reyson lui a pardonné, la plaie de la disgrâce restait profondément enfouie dans son cœur.
-Leanne, s’entendit-il dire. Je vais partir explorer les terres de Daein pendant très longtemps. Cela sera dangereux. Tu risques de ne plus me revoir.
La jeune fille garda le silence. Alors Naesala continua, sa voix déchirant le voile de calme qui enveloppait la nuit.
-Tu devras sans doute reconstruire Serenes, avec ton frère et Tibarn. Veille sur eux et sur toi-même s’il te plaît. Si je reviens…je ne veux vous retrouver, et non entendre la nouvelle de vos morts.
Leanne décida de lui demander, de sa voix douce et chantante, comme le bruissement de l’herbe sous un vent d’été.
-Pourquoi aller à Daein ?
-C’est une région sans roi. Il sera facile de se procurer de l’or dans l’ancien palais de la capitale pour le revendre. Daein était très riche. Avec cet argent, les corbeaux auront de quoi vivre pour les trois ans à venir.
Pouvait-il réellement lui dire qu’il voulait s’éloigner d’elle ?
-Tu veux aider ton peuple?
-N’est-ce pas le devoir d’un Roi ?
-Alors…je t’accompagne.
-Pardon ?
Naesala était vraiment très surpris.
-Mon frère et Tibarn peuvent se débrouiller sans moi.
Voyant que le Roi Corbeau attendait qu’elle achève son explication, elle reprit :
-Tu demanderas sans doute à Nealuchi de te remplacer à la tête de Kilvas. Comme tu l’as dit, il n’y a plus beaucoup de corbeaux, et tu vas certainement demander à ceux qui restent de garder le territoire et de continuer les pillages. Tu voulais partir seul non ? Ce n’est pas prudent.
-Je sais, lui répondit-il.
-Tu pourrais te blesser. Peut-être même mourir.
-Je sais.
-Je n’arriverais pas à te faire changer d’avis. Quoique je dise, tu iras de toute façon à Daein.
-Effectivement.
Leanne baissa les yeux. Sa voix ne fut qu’un murmure, mais le Roi Corbeau l’entendit distinctement :
-Pourquoi prendre tant de risques pour ce voyage ? Tu mens Naesala. Même sans cet or, Kilvas est parfaitement capable de survivre. N’as-tu pas prévu des réserves d’écus ? Je sais que ta comptabilité est même meilleure que celle de Phoenicis.
Incapable de dire un mot, il se tût. Leanne leva alors son visage ravagé par les larmes.
-Ne penses-tu donc jamais à ceux qui peuvent tenir à toi ? Tu disais vouloir nous revoir, ne penses-tu pas que c’est réciproque ? As-tu pensé à notre peine si tu ne revenais pas ? Pourquoi veux-tu partir, Naesala !
La jeune fille pleura de plus belle. Elle avait beau savoir que c’était mal, depuis longtemps, elle avait déjà aimé le Roi Corbeau. La déesse interdisait les unions entre les Beorcs et les Laguz, mais il en était de même pour eux s’ils étaient d’espèces différentes.
S’ajoutait à cela le fait indéniable de la réaction de son frère, futur Roi de Serenes.
Il serait mal vu que la sœur de Reyson épouse celui qui a failli causer la mort du Prince Héron. Et cela pourrait encore aboutir à une guerre.
Mais en dépit de cela…la jeune fille ne pouvait cesser de l’aimer.
En silence.
Ainsi, cela ne nuirait à personne. C’était sa décision.
Aujourd’hui, Leanne ne le laisserait pas partir juste comme ça. Que ferait-elle s’il mourrait ?
-Je viens avec toi, disait-elle, la voix rendue saccadée par les sanglots. Ne serait-ce que pour vérifier si tu te soignes. Je sais que je ne peux pas te faire renoncer à ce voyage. Mais tu ne pourras pas me convaincre de rester ici !
Naesala s’approcha d’elle.
Il posa sa main serrée en un poing sur la joue blanche de Leanne.
Pas vraiment un coup.
Pas vraiment une caresse non plus.
-Folle. A quoi cela sert de partir si tu me suis ?
Sa main remonta jusqu’à ces cheveux, ou il y posa doucement ses lèvres.
-Je suis damné. Avec mes pêchés, j’irais sans doute en Enfer. Tu es un véritable ange. Alors le royaume souterrain sera peut-être le seul endroit où tu ne pourras pas m’accompagner.
Sans croiser son regard émeraude de ses prunelles sombres, il détourna la tête et tourna les talons. Sa silhouette se détacha d’elle et s’éloigna dans la nuit.
Leanne resta sur le balcon, ses yeux le suivant du regard.
Puis un doux sourire apparut sur ces lèvres.
-Naesala…malgré le fait qu’une union entre nous soit interdite…je prendrai le risque de te l’avouer. Ce sera un pêché. Peut-être me conduira-t-il en Enfer. Mais…au moins, je serais avec toi.
Ces mots n’étaient qu’un murmure. Le vent les a emporté. Le corbeau l’a entendue. Et il sourit.
Il était une ombre.
Elle était une lumière.
Il était un corbeau, oiseau de malheur.
Elle était un héron, oiseau de pureté.
Il vivait pour donner la mort.
Elle aimait chanter la vie.
Il sombrerait sans doute dans l’interminable gouffre des Enfers.
Alors elle braverait les interdits et irait avec lui.
Personnellement, j´aime bien cet idée.^^
Leurs caractères s´accordent bien.
Bon c´est pas tout ça, mais faudrait peut-être que j´avance les Marqués aussi.^^ Sinon je vais battre le record du plus gros délai de retard!^^
T.T
C´est si beau T_T XD
Encore un chef d´oeuvre Lyly^^
Rien à dire ![]()
Merci Reby.^^
C´est magnifique ![]()
Killou va etre si contente en lisant cette sublime sublimité ! ! ![]()
Une idée qui m´est passée en tête.^^
Sur Brom, car une scène, souvent méprisée ou tournée en dérision par les joueurs, m´a quand même touchée.
Ce n´est pas un beau personnage, et il n´a aucun charisme. Mais de tous, c´est sans doute lui qui est le plus humain.
Une bourse de cailloux.
-Courage papa !
-Reviens vite !
-Fais attention à toi !
Quitter sa famille est si dur…
Mes fils...
Mes filles…
Ma femme…
Je vois leurs sourires, leurs peurs difficilement cachées, leurs larmes.
Leur tristesse. Leur inquiétude.
Moi, petit fermier sans aucun talent pour les armes, je devais partir à la guerre. C’était un ordre. Je n’y pouvais rien.
Enfin, si seulement cela ne me concernait que moi…
..Mais pourquoi devais-je laisser ma famille ?
Oh bien sûr, je ne voulais pas qu’ils m’accompagnent, en aucun cas. Que moi seul aie à encourir tous ces risques suffisait. Mais…c’est égoïste, tellement égoïste ! J’ai honte, honte de moi-même, honte d’avoir de telles pensées ! Je devrais plutôt les plaindre, eux qui perdront des bras alors que c’est la période des moissons, une aide pour le bois, le marché…ainsi qu’un mari et un père. Eux qui s’inquièteront certainement jour et nuit. Eux qui redouteront chaque matin de voir le messager qui annoncerait les morts, ils auront peur d’entendre mon nom parmi tant d’autres. Ne souffriront-ils pas autant, si ce n’est davantage que moi ?
Malgré mes efforts, cette idée s’insinue en mon esprit. Une pensée injuste, honteuse…égoïste !
J’avais peur d’être seul…là-bas.
Bien sûr, d’autres fermiers et campagnards m’accompagnaient, eux non plus n’avaient pas le choix. Mais je le savais que trop bien : sur le champ de bataille, nous serons isolés de nos camarades, nous ne verrons que nos ennemis, que le danger, que la Mort approchant…
Je savais que je devais d’abord penser à ma famille…mais j’ai peur ! Si peur !
Je ne suis pas un noble, je ne suis pas un fils de soldat, par conséquent, je ne connais rien des armes !
J’aime la terre, j’y cultive l’amour des plantes et des arbres !
Je suis un créateur ! Pas un destructeur !
M’envoyer dans une bataille était presque signer mon arrêt de mort…je n’étais qu’un simple fermier, en mauvaise santé, plus si jeune en plus ! Je ne savais pas me servir d’une épée ou d’une lance ! Et même si je le pouvais, jamais je n’aurai la force de faire couler le sang.
Comment oserai-je alors encore porter mes enfants, jouer avec eux, embrasser ma femme avec ces mains couvertes de sang ? Je ne…pourrai pas. Je ne peux pas !
Impossible, c’est impossible !
Et pourtant…je sais que je le ferai probablement, si je n’ai pas le choix. Parce que je ferai tout pour rester en vie…et revenir ici un jour.
Parce que je ne voudrai plus être seul…
Et revoir leur sourire.
Mes yeux clignent et des larmes commencent à y perler. Et voilà venu le temps des « au revoir ». En espérant que ce ne soit pas un « adieu ».
Ma femme s’avance vers moi. Dans ses mains, elle tenait une bourse de cuir, apparemment bien remplie. Je m’étonne. Nous n’étions pas riches pourtant ?
-Ouvre-la, me conseille-t-elle, d’une voix douce et un peu rauque.
Je le fais. Alors que mes mains détachaient les liens de cuir, je peux voir l’intérieur de la bourse.
Ce n’était pas de l’argent.
Il ne s’agissait que de cailloux. De simples, communs, ridicules cailloux.
-Nous les avons ramassé ce matin ! S’exclame le benjamin de mes enfants. On en a tous choisi un, alors chaque pierre représente l’un de nous ! Comme ça, même si tu pars très loin, tu auras toujours un morceau de nous avec toi !
-Oui, continue l’aînée. Nous n’avions rien de plus beau à mettre dans cette bourse. Et c’est tout ce que nous avons pu trouver. Ce n’est pas grand-chose, mais…on espère vraiment être avec toi, de cette manière.
Je m’écroule en serrant ces pierres contre moi. Je pleure. Est-ce étonnant ?
Je serai seul. Je n’entendrai pas leurs rires le matin, je ne sentirai pas les cheveux que j’ébourifferais par habitude, je ne goûterai pas à nos repas communs, je ne reconnaîtrai pas l’odeur des plantes que nous aurions cueillies, je ne verrai pas leur visages…
Parce que ma famille était maintenant représentée par des cailloux.
De simples, risibles, bêtes cailloux !
Mais alors que mes doigts caressent la froide pierre, je sens mon cœur se réchauffer.
Juste un peu.
Je me demande si Brom va remonter dans l´estime des gens, maintenant... ![]()
Tu vas finir par me faire apprécier Brom, Lane. XD Sinon toujours aussi bien écrit, j´adore ! ^o^
Ben avec moi il risque pas de faire couler du sang, il joue jamas ![]()
J´ai juste repéré une répétition: plus si jeune en plus
pas très grave mais je cherche ma petit bete mais sinon ![]()
Sheezune
Merci!^^ N´empêche, je n´aime pas trop Brom, mais je trouve que cette scène avait un air...véridique.^^
Genis
Je n´avais pas vu la répétition, merci.^^ Je ne l´utilise pas beaucoup non plus, tu sai. Je l´ai libéré rien que pour voir cette scène. ![]()
aaah je peux enfin retourner sur le fofo l´alerte spoils est passée ![]()
Brom comme c´est intéressant
J´imprime =P
Becky
C´est bizarre, je sens un certain scepticisme... XD
Mais bon, Brom est tout de même un perso intéressant psychologiquement parlant, de mon point de vue.^^
J´ai bien aimé en fait ^-^
Je trouve que tu as su tirer le meilleur parti d´un personnage comment dire... enfin de Brom quoi ![]()
Je le verrai autrement maintenant ![]()
Becky
"...comment dire... enfin de Brom quoi "
Le pauvre...si peu de fans... ![]()
Up =D
Folie d´écriture qui me prend depuis deux jours! XD
Alors voilà un truc sur Bryce, l´un des types que l´on bat à la fin du jeu, dans le même chapitre qu´Ashnard.
Fidèle :
Je suis Bryce, l’un des quatre généraux de Daein.
Mais en quoi mon nom est important ?
Un soldat ne vit que pour son roi.
Un nom est donc futile.
Un nom est inutile…
O0O0
Peu de gens le savent, mais je suis loin d’être aussi jeune que je le parais.
Si vous donnez la trentaine à Ashnard, alors, je n’ai que six ans de plus que lui.
Quand il était né, ma famille était déjà au service de la sienne.
J’ai pu tenir ce nouveau-né dans mes bras. Il me paraissait si frêle, si fragile.
Mon père m’a alors dit : ‘’Protège-le, quoi qu’il arrive. Sers ton roi.’’
Je n’ai jamais failli à cet ordre.
O0O0
Un soldat n’a pas d’opinion propre.
Il a celle de son roi.
Un soldat n’a pas de maître,
Autre que son roi.
Ces principes, que l’on nous apprend dans l’armée de Daein, sont durs à appliquer. Mais je l’ai fait. Ne suis-je pas un général ? Plus encore que les militaires normaux, je me dois d’être irréprochable.
Pour lui, ma volonté ne flancherait jamais, jusqu’à ma mort.
O0O0
-Bryce ! Bryyyyyyce !! ! Viens voir, viens voir !
-J’arrive votre Majesté.
Quand Ashnard n’avait que quatre ans, c’était déjà un enfant intelligent. Je me souviens l’avoir suivi avec admiration durant nos jeunes années. Bien que je sois son aîné, jamais, jamais il n’a cessé de me prouver sa supériorité. Comme quoi, le talent n’avait pas d’âge et n’attendait pas toujours l’expérience. Combien de fois ai-je été battu à l’épée par cet enfant ? Combien de fois m’a-t-il montré mes erreurs, alors que je tentais de remplir mes leçons pour les donner à mon précepteur ?
Cela m’a valu bien des railleries. Mais au lieu d’attiser ma jalousie, cela n’a fait qu’accroître mon admiration.
Cette personne, non cet enfant, si doué, si fort, si intelligent serait mon roi et l’on me jugeait digne de le servir.
O0O0
Le charisme doit être une arme du roi.
Sa parole sera son bouclier.
Il devra irradier comme le soleil qui montre l’espoir.
Et nous, pauvres fous, seront attirés par cette lumière.
Je l’ai vu grandir, puis s’asseoir sur le trône, comme s’il avait été bâti pour lui. Ses remarques étaient sages et avisées, son opinion bien pensées, ses dires intelligents. L’enfant changeait lentement, devenant de plus en plus introverti, tentant bien que mal de faire régner l’ordre à Daein.
J’ai vu des milliers de gens s’agenouiller devant lui. J’ai vu des milliers de gens lui jurer fidélité après lui avoir parlé. J’ai vu des milliers de gens acclamer ses idées. J’ai vu des milliers de gens dont les yeux brillaient à l’entente de ses promesses.
Parmi eux, je m’y trouvais. Bien que je savais que certaines choses ne pourraient être accomplies, je ne pouvais m’empêcher de le suivre aveuglément.
O0O0
La perfection dans le combat.
La perfection dans l’honneur.
La perfection dans le serment de fidélité.
Voilà ce que je suis, en tant que Général de Daein.
-Vous n’allez…vous n’allez pas faire ça ?
-Pourquoi ne le ferais-je pas ? répondit nonchalamment Ashnard.
-Utiliser le médaillon de Lehran…c’est de la folie !
Les mercenaires venaient bientôt. Dans le château de Daein, c’était l’agitation. L’angoisse régnait. Tous les soldats avaient peur de la mort qui allait peut-être bientôt les emporter. Mais j’avais l’impression que ma crainte dépassait même celle de la Faucheuse. Une frayeur indescriptible à l’idée que la folie pourrait saisi celui que je servais.
-Tu n’es pas très bien placé pour me dire ce qui est sage et ce qui ne l’est pas, remarqua le roi.
-Je…je suis désolé mon roi. Mais ne risquez-vous pas…
Je m’étranglais. La seule idée me faisait frémir.
-..de mourir ?
-Alors c’est à toi de me protéger, n’est-ce pas ?
Ses lèvres s’étirèrent légèrement, comme pour un sourire. A cet instant, il me rappelait tant l’enfant d’autrefois…
-Si tu y tiens tant, va combattre ces mercenaires. En première ligne.
O0O0
Je l’ai servi depuis que je suis né. Et alors qu’il m’envoie à la mort, aucune émotion ne se reflète sur son visage. Mais je ne pense pas avoir gâché mon existence.
J’ai rempli mon devoir. Même si l’on ne retiendra pas mon nom, je sais que j’ai eu raison. Il est la lumière qui conduira notre patrie à sa gloire. Je le sais. Il l’a dit.
Je n’ai pas à avoir honte d’être l’ombre de ce soleil. Je suis fier de l’avoir servi, même s’il ne se rappellera sans doute pas de moi après ma mort.
Je n’étais que l’un de ses généraux après tout.
Un soldat n’a pas de nom.
Je sais que je vais mourir. Le fils de Gawain est fort, sa volonté est plus aiguisée que l’épée qu’il brandit fièrement. Je n’ai aucune chance contre lui. Et si lui ne m’abattait pas, je savais que je ne résisterais pas aux autres combattants. Je vais mourir. Je le sais. Mais ce sera sans regret, car j’ai pu servir et obéir à mon roi jusqu’au dernier de mes instants.
Alors que je prends ma lance en main, je ressens cruellement le désir d’imprimer mon souvenir sur cette terre. Futile. Mon existence appartient à cet homme qui trônait fièrement sur sa wyverne, engoncé dans son manteau noir, son regard défiant le monde.
Cette impulsion prit le pas sur ma raison. C’était irraisonné…moi qui avait accepté pendant toute ma vie de renier mon nom pour n’être qu’un soldat me découvrait cette envie irraisonnée d’exister, de devenir une lumière, comme celui que j’admirais. Pourquoi ? Je ne comprenais pas. Les principes que l’on m’a inculqués…pour une fois, juste une fois, j’avais envie de fermer les yeux sur ces mots en qui j’avais toujours cru.
Au crépuscule de ma vie, moi qui ai toujours vécu dans les chaînes de l’ombre et de l’anonymat, je me présente pour la première fois :
-Je suis Bryce, l’un des quatre généraux de Daein.
Un soldat n’a pas de nom.
Mais un homme en possède un.
J´espère avoir bien fait ressortir le côté un peu fanatique du perso.^^ Je ne suis pas sûre que le créateur l´avait créé comme ça, mais...sa phrase, quand on engage un combat avec lui me fait tout de suite penser à ça.^^
Un truc un peu plus court, sur Leanne et Naesala. Cela se passe durant le moment ou Naesala l´aide à s´enfuir pendant qu´on se tanne à battre les dragons. XD
Chant de guerre :
« -La guerre…elle ressemble à un chant. »
A ses côtés, fauchant les airs de ses deux ailes noirs, Naesala la regarda étrangement. Le corbeau ralentit, afin de poser sa main sur le front de Leanne, se demandant si le Chevalier Noir lui avait fait plus de mal qu’elle ne le laissait paraître. La jeune fille lui sourit, répondant que tout allait bien.
Il était gentil, mais il ne pouvait pas la comprendre. Personne ne le pouvait d’ailleurs.
Leanne avait entendu, alors qu’elle était endormie dans la forêt, les hurlements des mourants. Quand elle avait été emprisonnée dans cette cellule, elle avait écouté les plaintes et les gémissements de ses voisins, les cris de rage qui s’élevaient du lieu de la bataille. Le son des armes résonnait encore dans son esprit, ainsi que le sifflement du vent, le fracas de la foudre et l’impact du feu…
La jeune fille se souviendrait aussi du bruit d’un mur qui s’effondre, d’un corps qui choît. La voix chaleureuse d’une personne venue la secourir, le son de sa fuite effrénée…
Même si personne d’autre qu’elle ne pouvait l’entendre, Leanne savait que la guerre était un chant.
Un requiem.
Prochains sur la liste: Ilyana et Zihark pour Becky.^^
Retrouvé sur mon disque dur^^
Alcool :
Shinon s’assit lourdement sur une chaise. La porte de sa chambre était fermée, il était seul, avec les trois bouteilles qu’il avait achetées tantôt.
Parfait donc.
Ses yeux vermeils contemplaient les bulles qui se mélangeaient à l’eau de la boisson. La réalité aux fantasmes. Voilà pourquoi il aimait tant l’alcool.
Il se versa un verre, puis le porta doucement à ses lèvres. Le liquide ambré avait un goût amer et sucré. Une part de sa saveur enrobait son corps d’une douce senteur alors que l’autre déplaisait grandement à sa langue. Que cela ne tienne, Shinon vida promptement son verre.
L’archer se versa généreusement un deuxième verre, tellement plein qu’un peu de liquide s’échappa de la coupe pour s’écraser en gouttelettes sur la table. Sans hésitation, l’homme le but en quelques instants, avant d’engloutir un troisième verre de cette manière, achevant la première de ses bouteilles.
Ah, la tête commençait à lui tourner…tant mieux. Il savait que le commandant Greil serait sans doute énervé de le voir ivre le lendemain, mais qu’importe…car c’était un autre jour. Et cette nuit…il avait vraiment besoin de rêver…
L’archer se saisit de la deuxième bouteille, quelque peu tremblant. L’alcool était fort. Tant mieux, ce serait rapide. Sans s’embarrasser du verre, il but une longue goulée de son vice.
Shinon sentit que la notion de réalité commençait à lui échapper. Sa vue s’était troublée, et il ne pouvait plus distinguer sa chambre. Il ne voyait plus que les bouteilles qu’il avait posées sur la table.
L’archer voulut en reprendre, mais une pensée traversa soudainement son esprit, un peu comme le fantôme de ses souvenirs. Il se rappela vaguement de sa situation de simple mercenaire inconnu…puis d’autres échos lui revinrent…ses rêves…l’argent qu’il aurait aimé avoir…la vie facile dont il a rêvé…la gloire qu’il n’aura jamais…
De rage, il finit sa seconde bouteille d’un seul coup. L’immense quantité d’alcool ingurgitée le frappa soudainement comme une douloureuse vague. Sa colère étouffée par les brumes de son esprit, il attrapa sa troisième bouteille.
Alors qu’il enlevait fiévreusement le bouchon, l’archer se rappela qu’il n’était pas noble et qu’il ne serait jamais plus qu’un roturier. Que jamais aucun de ses rêves ne s’accomplirait. Il n’aurait ni la richesse, ni l’aisance, ni la gloire. Peu importe son talent et ses efforts.
Tandis qu’il buvait la première gorgée de sa dernière bouteille, Shinon se vit enveloppé du manteau des généraux, entouré de ses soldats qui l’acclamaient. Il se vit se promenant dans un manoir, n’ayant pas à s’inquiéter constamment pour sa vie.
Puis la deuxième goulée lui rappela qu’il n’était pas né au bon endroit.
La troisième le fit entrevoir cet avenir radieux qu’il espérait depuis son enfance…
Il voulut finir de boire le reste de la bouteille mais elle lui échappa des mains.
Etait-ce un caprice d’ivrogne qui s’apitoyait sur de l’alcool perdu? Ou était-ce la douleur qu’avaient provoqués les éclats de verre dans ses mains ?
Shinon éclata en sanglot, ne sachant pas vraiment pourquoi, ni comment.
A travers ses yeux brumeux et éteints, Shinon distingua avec difficulté ses propres larmes qui se mêlaient au liquide ambré de l’alcool.
Il ne serait pas frais demain. Quand le jour se lèvera, tout redeviendra à la normale. Greil et Titania se fâcheront quand ils le verront ivre, il partirait en mission avec Gatorie, entraînerait Rolf et essaierait de donner une leçon à ce morveux aux cheveux bleus. La réalité chasserait impitoyablement les rêves, et il se rendrait compte que sa nuit n’avait été faite que de fantasmes qui lui laisseront un amer goût de regret.
Peu importe…
Shinon avait besoin de ces nuits.
Car ce sont les seuls instants où le rêve se confondait avec la réalité…
Ou serait-ce la vérité que se conformait à ses désirs ?
Il ne savait plus très bien.
Alala XD
C´est vraiment excellent y´a rien d´autre à dire__ XD
J´aime beaucoup cette façon de se pencher sur les personnages.
Pour Bryce je trouve que le côté fanatique est très bien rendu, on y croit vraiment et c´est touchant de voir tant de naïveté et tant d´espoir quand on sait comment est Ashnard. ^^
Pour Leanne et Naesala
J´attend Ilyana*Zihark avec impatience, merci ^-^
Shinon
Je l´aime pas beaucoup ( c´est bien connu
) mais j´avoue que là il m´a presque (bon j´avoue pas presque XD ) paru sympathique. Touchant xD Je trouve que là encore c´est vraiment réaliste et bien écrit comme toujours ^-^
J´aime beaucoup tes one shots j´espère que tu continueras et merci
Bon courage^^