Désolée pour le retard.^^ Je n´ai pas lu les soutiens de Tormod et Sothe, donc j´ai du inventer un peu.
Etrange garçon.
C’est le soir, et nous avons planté les tentes. Comme je n’avais plus rien à faire, je me balade un peu dans le camp, repensant à notre bataille d’aujourd’hui.
Muarim et moi avons finalement décidé de rejoindre les mercenaires.
Nous voyageons depuis quelques mois, et j’ai eu le temps de l’observer.
Il est vraiment très fort. Peut-être plus que moi. Malgré sa petite taille, il se bat vraiment bien pour un voleur de son âge. Ses couteaux ont beau être minuscules, il est vraiment rapide ! Pas autant que Muarim, c’est certain, mais il bouge très lestement quand même. Ses coups sont très précis aussi. Moi qui suis un mage, je l’envie un peu. Juste un peu, hein ! En revanche, il n’est pas très sociable…
Je devrais peut-être arrêter de dire ‘’il’’…mais j’ai oublié son nom.
Il me l’a déjà dit une fois, mais c’est sorti de ma tête.
Mais c’est dur de se rappeler des noms de tout le monde ! Il y a tellement de personnes parmi les mercenaires !
Tiens, il est là-bas ! Je le vois indistinctement, la brume masque légèrement ma vue, mais je peux reconnaître sa silhouette qui se détache du fond gris.
En même temps il n’y a que lui qui porte du vert, alors…
Ca y est, mes pas m’ont conduit vers lui.
Assis sous un arbre dont l’imposante ramure le dissimulait à moitié dans l’ombre, une de ses jambes repliée contre sa poitrine, sa tête sur ses genoux, entourée de ses bras, il devait réfléchir lui aussi. Ses cheveux verts retombaient épars sur ses mains gantées de cuir. Apparemment, il m’avait entendu arriver.
Son regard émeraude se lève vers mon visage, un peu courroucé. Il se mettait toujours à l’écart des autres, ne participant que rarement aux conversations. Un solitaire. D’une voix sèche, il m’invectiva :
-Que veux-tu ?
D’accord, on dirait qu’il n’a pas vraiment envie de parler. Mais bon, ce voleur m’intrigue trop pour que je le laisse aller juste comme ça.
-En fait je voulais te demander ton nom.
-Je te l’ai déjà dit.
-Je l’ai oublié.
-…
C’est ce qu’il me répond. Je décide d’insister un peu.
-Allez, s’il te plaît ! Je crois que je ne m’en souviens que d’une partie...heu attend. Ce n’était pas So-quelque chose ?
-Sothe.
-Ah je me disais bien !
Sothe se lève. Mais il ne part pas. On dirait que ma présence ne l’agace pas au point de le faire fuir.
C’est étrange de remarquer ce genre de chose en pareille situation, mais je constate que nous avons à peu près la même taille. Peut-être qu’il me dépasse de quelques centimètres, tout au plus.
Il a un étrange regard de couleur marron, tirant un peu vers le doré, je crois. Sothe a des yeux durs qui transpercent ceux qui essayent de lire à travers lui. Une défense érigée autour de son esprit qui effraie.
-Tu ne m’as pas répondu la dernière fois.
-Répondu à quoi ?
-Tu ne m’as pas dit pourquoi tu as rejoint les mercenaires.
Sothe soupira. D’ennui, apparemment. Je sentis l’énervement me gagner. Ce qu’il pouvait m’agacer ! Son regard impassible se fixa dans mes prunelles carmines.
-Je te l’ai déjà dit, ce ne sont pas tes affaires. Tu l’as aussi oublié ou quoi ?
Rah, est-ce qu’il ne pourrait pas être agréable, pour une fois ?
Dans un sursaut de lucidité, je contient ma colère et déclare sèchement :
-Si tu as des ennuis un jour, il faudra peut-être que je connaisse un minimum de trucs sur toi pour t’aider !
-Je n’ai pas besoin d’aide.
-Tu dis ça ! Et pourtant, t’as eu du mal à battre ce mage de foudre tout à l’heure ! Désolé mais on a toujours besoin des autres ! Surtout quand on ne sait pas se battre contre des mages !
Je crois que cela ne lui a pas plu. En tout cas, Sothe se tourne vers moi, une expression de fureur sur le visage. Je n’en démords pas. Je sais que j’ai raison. C’est pour ça qu’il réagit.
Le voleur me lance d’une voix acerbe :
-Tu peux parler, toi qui avait failli te faire empaler par ce soldat !
- Peut-être, mais je n’ai jamais prétendu ne pas avoir besoin d’aide !
- Silence les mômes ! On vous entend depuis le camp !
C’était la voix moqueuse de Gatorie, qui s’élevait jusqu’à nous. D’un même mouvement, Sothe et moi nous retournions nos têtes pour lancer un regard noir au chevalier qui nous fixait, un air amusé sur le visage. Riant légèrement, il rentra dans une tente, échappant ainsi à la réplique cinglante que nous nous apprêtions à lui lancer.
En tout cas, cette légère altercation avec Gatorie a interrompu ce moment de colère et de tension. Nos voix se sont tues, nous laissant dans un silence gêné. Finalement, je décide de prendre l’initiative.
- Je suis désolé.
-Non, me répond-t-il. C’est moi qui ai commis la faute. Je ne suis pas toujours très agréable, c’est vrai.
De nouveau, le silence entre nous. Sothe et moi sommes comme deux enfants ne sachant pas sur quel pied danser avec l’autre.
Etrangement, il ne part pas. Je crois qu’aucun de nous deux ne pourrait retourner au camp maintenant sans en ressentir une certaine culpabilité. Donc nous restons debout sous cet arbre, évitant le regard de l’autre, attendant une occasion pour engager la conversation.
Mais il est toujours très long d’attendre que son interlocuteur prenne la parole, quand ce dernier fait exactement la même chose que vous, c´est-à-dire tourner autour du pot.
-Je veux…retrouver quelqu’un.
Alors là, je suis surpris ! Je pensais qu’il ne voulait pas m’en parler et ne reviendrait pas sur ses positions.
Je décidai de lui demander, afin de ne pas se retrouver trop distant :
-Quelqu’un ?
-Une personne qui est pour moi comme un parent.
-Comme Muarim et moi ?
-Exact.
Un parent… quelqu’un qui ne vous abandonne pas. Une personne vous aimant, que vous ne pouvez pas vous résoudre à abandonner.
J’ai Muarim. C’est pourquoi je peux comprendre ce qu’il ressent.
Sothe est un voleur, je suis un mage.
Il est calme et silencieux tandis que je suis plutôt jovial et exubérant.
C’est un solitaire alors que j’ai besoin d’amis.
Nous nous ressemblons en rien.
Mais ceci nous rapproche.
Machinalement, je fais un pas vers lui. Il lève ses yeux d’un magnifique brun-or, croisant mon regard, un peu surpris. Un grand sourire aux lèvres, je lui tend ma main, en signe d’amitié. Sothe, après une seconde d’hésitation, la serre, serment tacite et silencieux.
-Bon, on rentre au camp avant que les autres ne se décident à partir à notre recherche ?
Je suis heureux d’avoir trouvé un ami.
-Oui !