Et voilà! Le portrait de Naesala, vu du point de vue de Naeluchi! Vous verrez qu´il ne dit que rarement ´´Naesala´´. J´ai mis beaucoup de ´´il´´. C´est fait exprès, afin d´avoir un genre plus étrange et mystérieux.^^
Bonne lecture!
L’Oisillon a bien grandi.
Il est loin le temps ou j’ai dû le consoler de la perte de ses parents.
Il est loin le temps de l’enfant farceur qui me faisait tourner en bourrique.
Il est loin le temps de ses joies enfantines.
Tellement loin…
Tant d’années…
Le petit garçon est devenu un homme.
Ses yeux autrefois rieurs et naïfs, étaient maintenant perçants et acérés.
Ses ailes qui étaient si frêles, étaient devenues fortes, majestueuses et puissantes.
Ses petites mains qui aimaient tant saisir les objets se sont affinées et allongées.
Il a bien grandi aussi. Ses cheveux ont poussés. Et il acquit l’amertume.
Une chose que ma fille n’aurait pas voulu entendre dans sa voix.
Le Prince de Kilvas, armé de sa détermination, avait fait le serment de protéger son pays.
Pour devenir Roi, il a grandi. Mûri.
Ce n’est plus l’Oisillon que je voyais voler dans les jardins.
C’est un homme maintenant.
Et je ne sais pas si je dois m’en réjouir ou m’en attrister.
Hier enfant innocent.
Aujourd’hui Roi fourbe.
Une promesse de protection a tout changé.
Un devoir accompli.
Je ne sais pas vraiment ce que je ressens.
Ce n’est plus la même personne.
Hier si affectueux et aimant.
Aujourd’hui sournois et hypocrite.
Je me refuse à croire qu’il est méchant.
Il aide son peuple. L’aime.
C’est pour ça qu’il sacrifie les marchands et autres voyageurs.
Mais je ne veux pas penser qu’il le fasse de gaîté de cœur.
Qu’il ne soit qu’un charognard.
-Naeluchi ? Quelque chose ne va pas ?
Je m’éveille. Perdu dans mes pensées, je ne l’avais pas entendu m’appeler.
Naesala. Roi de Kilvas. Fourbe, cruel, sournois…haï des humains. Dans de rares moments, son masque se fissure.
Tombe à ses pieds.
Et là apparaît…
L’Oisillon que je connais.
Attentif aux autres. Aimant.
Cette partie de lui qu’il ne montre qu’à de rares personnes.
D’ailleurs, je peux les compter sur les doigts d’une main.
Leanne. Reyson. Moi.
Et je suis honoré de son attention.
-Grand-père !
Grand-père…
Il m’appelle rarement comme ça.
Naeluchi, d’habitude.
Suivi de quelques plaisanteries.
Certains pourraient y voir un manque de respect.
Mais ceux qui le connaissent savent que c’est un jeu entre nous.
Ses yeux écarquillés me fixent toujours.
Je devrais lui répondre, afin qu’il ne s’inquiète pas plus.
-Ce n’est rien Naesala. Juste un peu de fatigue.
-Tu devrais te reposer. Je peux finir la comptabilité seul.
-Mais…
-Va dormir. Tu en as besoin.
Sa voix, reprend sa douceur d’enfance.
Alors je suis rassuré.
L’Oisillon que je connais ne s’est pas définitivement envolé.