Romain Dumas : « Nous avions une vraie chance au général ».
En décrochant à Laguna Seca son quatrième succès de la saison, le deuxième avec Lucas Luhr, Romain Dumas a rejoint son ancien coéquipier Timo Bernhard au troisième rang du classement Pilotes LMP2. Dans cette catégorie, les deux hommes resteront comme les deux pilotes les plus victorieux de l’ALMS 2006 et surtout comme les seuls à s’être imposer au général. Avec un peu plus de réussite, l’Alésien était d’ailleurs en mesure de rééditer cette performance le week-end dernier en Californie.
Romain, tout avait bien débuté lors des essais libres mais malheureusement la qualif n’a pas été à la hauteur de tes attentes ?
« Nous avons été performant dès le début des tests le vendredi. J’ai d’ailleurs fait le meilleur chrono du général lors de cette session, pour un millième devant McNish. Ensuite, le samedi nous avons fait deux fois troisième. Mais en toute sincérité, lors de la dernière séance, j’en avais gardé sous le pied. J’étais d’ailleurs très confiant pour les qualifications et j’espérais bien être au moins en première ligne. Malheureusement, nous avons perdu une pièce au niveau du train avant. Lorsque je me suis élancé pour la qualif, la voiture était totalement inconduisible. J’avais attendu une dizaine de minutes pour sortir des stands et nous avons donc décidé de rester en piste car il ne restait pas énormément de temps. Hélas, la voiture était vraiment trop déséquilibrée et je n’ai pas pu passer sous les 1.14, pas même renouveler mon chrono des essais libres. Cela s’est même terminé par un tête à queue avec un pneu quasiment à plat. Le temps de rentrer et les espoirs de pole s’étaient envolés. C’est dommage car nous avions vraiment les capacités de la faire. Je dois dire que j’aurais bien aimé faire un grand chelem au niveau des qualifs. En P2, j’ai fait quatre poles sur cinq, plus celle du Mans en GT2. J’étais pas loin du 100% ».
En course, tout est rentré dans l’ordre avec notamment un très bon premier relais. D’ailleurs, lorsque tu cèdes le volant à Lucas Luhr, vous pointez en tête du général. Et puis par la suite, avec de nombreux safety car, les Audi sont revenus dans la course pour finalement l’emporter…
« On s’est fait avoir par les safety car… c’est la course. Quand tu penses que McNish a dû changé de capot, qu’il a eu un drive-thru, que l’autre R10 a aussi changé de capot, et que la Creation a fait deux ou trois tête-à-queue… Lorsque la voiture de sécurité est entrée en piste après l’accident impliquant la Lola Horag-Lista, il nous restait un arrêt à faire, et probablement deux pour l’Audi n°1. Elle a fait le premier sous safety-car, donc sans perdre de temps, puis profitant de la longue neutralisation pour ne pas consommer beaucoup, elle a fait près d’1h30 sans ravitailler !
Le début de course était vraiment sympa. Le problème, c’est que si on ne part pas de la pole, on peut suivre la cadence des meilleurs mais on ne peut pas doubler. Peu après le départ, j’ai réussi à prendre l’avantage sur Weaver et Maassen et j’arrivais à suivre les trois hommes de tête. Malheureusement, je n’ai jamais pas pu les passer et c’est là où la qualif a eu son importance ».
Une nouvelle victoire en LMP2, mais une petite déception pour le général ?
« C’est dommage car ce week-end, nous étions vraiment biens, nous avions une vrai chance de jouer le scratch. Mais ce n’est pas catastrophique non plus. L’objectif est atteint dans la mesure où Lucas a réussi à être champion avec Maassen. Il ne faut pas oublier qu’il jouait le titre et que malgré cela, il a tenté d’aller chercher McNish. Certes, celui-ci commençait à rouler à l’économie, mais Lucas a vraiment attaqué très fort pour revenir à quelques dixièmes de l’Audi. Il a tapé dans les pneus et cela s’est fini par un tête à queue. Ça ne change pas grand chose. D’un point de vue personnel, c’est la quatrième victoire, et si on compte le nombre de tours que j’ai bouclé en tête cette année, notamment avec Timo, je pense que nous pouvions légitimement espérer mieux que cette troisième place ».
Cette année, les RS Spyder ont réussi à faire jeu égal avec les LMP1, notamment lorsque toi et Timo avez remporté l’épreuve de Mid-Ohio. Concernant l’équivalence des performances, l’ACO a publié son nouveau règlement la semaine dernière. Qu’en penses-tu ?
« Chacun y va de son analyse. Les Diesel vont dans leur sens, les Essence dans le leur. Mais c’est tellement difficile de trouver une bonne équivalence. Nous savons que lorsque ce règlement a été créé, il y a un an ou deux peut être, il a été fait pour favoriser les Diesel. C’est le règlement, il est fait comme cela, et il faut le respecter. La vraie question aujourd’hui, c’est de savoir si Audi a montré sa vraie valeur au Mans ?
Concernant le LMP2, bien sur que je suis triste dans l’histoire. C’est bien de brider des LMP2, mais il n’y a pas tellement de protos susceptibles de jouer la gagne, donc je trouve ça dommage de brider certains des concurrents qui sont capables de se battre pour la victoire. Aujourd’hui, la réalité c’est que nous avons gagné une course, pas face à la R10, mais contre la R8 et sur un tourniquet. Avec l’arrivée de Acura et Peugeot, la présence de Porsche et Audi, cela aurait pu faire huit voitures en lutte pour la victoire, sans compter la Creation et les Lola Dyson.
C’est un peu la difficulté de l’Endurance, comment satisfaire tout le monde ? Je sais et je comprends qu’il y a beaucoup d’enjeux. Mais, ou tout le monde se plaint, ou on arrête de se plaindre et on fait des courses. ».
Terminons par la traditionnelle question de fin de saison. Quel est ton programme pour les semaines à venir ?
« Je suis arrivé hier des Etats-Unis, et après un petit repos je vais désormais prendre la direction de Vallelunga pour quatre jours de tests pneumatiques avec Michelin pour le nouveau RS Spyder. Ensuite, nous aurons probablement quelques autres essais en novembre ».
Remerciements à Romain Dumas.
source : http://www.endurance-info.com