Si l´on me permet une courte mission...
« Mais ?? ?Qu’est-ce qu… ». Dezrhim ne termina jamais sa phrase, une flèche plantée dans sa poitrine lui empêchait cet exploit. Je me jetai instinctivement à terre, et ainsi évitai une pointe acérée qui m’était destinée. Tout autour de moi mes hommes tombaient. Ca ne devait pas se passer comme ça. Je rampai, en voyant tout mes glorieux haradrims tomber sous les flèches d’un ennemi invisible, terrible et destructeur. Ce ne devait être qu’une reconnaissance près de l’Ithilien, en vue d’une hypothétique attaque d’Osgiliath. Que c’était-il passé ? J’envoyais des éclaireurs régulièrement, je prenais compte du moindre indice, chaque bruissement du vent m’arrêtait de peur d’une embuscade…Et malgré toutes ces précautions je me faisais avoir comme un débutant ? Je me relevai, et assenai un coup du manche de ma lance dans le thorax d’un ennemi. En croisant son regard, je vis que le reste de son visage était caché, par un foulard pareil au mien. Alors je compris. Et je me rappelai quel était leur chef. S’il était ici, ma carrière au sein des armées du Royaume d’ Angmar se terminerait en Ithilien. Je tranchai rapidement la tête d’un deuxième adversaire, en rejoignant le dernier carré formé par mes hommes. Aucune échappatoire. Un de mes hommes se jeta sur nos adversaires avec un cri de rage. Il tomba, percé de plus d’une dizaine de flèches.
« Boucliers !! ! En cercle !! ! ». Mes ordres furent exécutés rapidement, ce qui nous asura une relative sécurité. « Chef ! Qu’est-ce qui s’passe ?? ? C’est qui ces gars là ?? ?
-Attention ! Préparez-vous à fuir !! ! Tout autour de nous les flèches sifflaient, abattant toujours l’un de nous malgré le mur de nos boucliers.
-Fuir ? Plutôt mourir !
-C’est ce qu’il va t’arriver très bientôt si on reste là !
-On n’échappera jamais aux Rangers du Gondor ! » Ainsi, l’un de mes hommes avait également deviné la nature de nos ennemis. Je reprit, en essayant de couvrir le sifflement des flèches, les bruits des combats autours de nous, de mes hommes contres les téméraires rangers venus à notre rencontre : « On n’a pas le choix ! Retraite !! ! ». Alors ce fût la débandade : Mes hommes, d’habitude organisés, calmes et gardant un sang froid à tout épreuves couraient maladroitement, puis s’écroulaient, une flèche dans le dos. J’allai atteindre un petit bois proche du combat, lorsqu’une voix terrible me parvint jusqu’aux oreilles « Aucun survivants ! Que périssent les ennemis du Gondor !! ! »
La nuit tomba rapidement. En observant attentivement, je voyais des rangers cachés parmi les cadavres. Je comptai sur l’ingéniosité de mes hommes, faire le mort pour s’enfuit à la faveur de la nuit nous aurait permis de limiter les pertes. Mais les hommes de Gondor ne voulaient rien savoir. Ils restaient là, à guetter le moindre signe de vie parmi les morts. Je devais faire en sorte qu’ils regrettent leur attardement.
Ramper de mon bois jusqu’au camp des rangers ne fut pas une mince affaire. L’aube pointait lorsque j’arrivai en vue de la première sentinelle…Nos ennemis nous avaient abattus comme des chiens, en se cachant, nous tuant depuis le noir. Je répugnais ce comportement, même si j’avais du y avoir recours plusieurs fois. J’avais toujours eu la décence d’accorder une chance de se rendre à mes cibles. Il n’y avait pas eu de sommation. Pas de tentative de capture, ce qui leur auraient été plus utiles qu’une cinquantaine de cadavre. Je ne ferais pas de sommation non plus, et encore moins de prisonniers. Je prenais doucement mon poignard dans ma bouche, puis le projetai avec force dans le dos de la sentinelle. Son cri de douleur ne fut rien à coté de mon défi : « Que le capitaine des Rangers du Gondor sorte ! Qu’il ai le courage de m’affronter seul à seul ! Moi ! Nashrâ du Harad ! Fils du Combat ! Frère des lances, et Fléau de la Couardise ! ». Là-dessus, trois gondoriens se jetèrent sur moi, l’épée au clair. Je parai la première arme grâce à ma lance, et décochai un coup de pied dans l’estomac du second, en faisant tourner ma lance pour en frapper le troisième. Je décapitai mon premier adversaire, et enfonçai mon arme profondément dans les entrailles d’un quatrième. Une hésitation gagna mes ennemis. La plupart sortaient de tentes, encore à moitiés endormis. « Laissez-le moi, il veut la mort, il l’aura ! ». Cette voix appartenait à un géant. Il ne devait pas dormir : son armure de cuir était accoutrée de l’arbre blanc sur le torse, une cape d’un vert foncé descendait jusqu’aux chevilles, une capuche recouvrait un visage jeune, bien que mûr et réfléchi, cintré d’une courte barbe. Il faisait aisément ses deux mètres. Son épée en main semblait déjà plus grande que moi. Faramir, l’intendant du Gondor se tenait devant moi. Le sang de la race maudite de Numènor coulait encore pur en lui. Je me mis en garde, mais sans aucun espoir de gagner ce combat.
Je frappai de haut en bas, mais ma lance fût facilement arrêtée par son épée, puis un poing alla me frapper sous le menton, m’envoyant dans les airs. Je réussis tant bien que mal à me rétablir dans les airs, et je limitai les dégâts en me réceptionnant sur les genoux. Alors que je n’étais pas encore debout, Faramir m’envoya son pied dans le visage, je l’évitai en ne me jetant en arrière, et je le repoussai d’un coup de pied, me relevant dans le même mouvement. J’abattis ma lance de toute ma force, mais il s’écarta d’une rapidité que je n’avais encore jamais vue, et se baissa pour éviter un revers, qui faillit me perdre puisqu’il fallut que je ramène ma lance vers moi pour parer un furieux coup droit. Je m’écartai du combat, afin de me reposer. Faramir me jaugeai, et semblait rire intérieurement de moi. Il se jeta soudain en avant, et j’écartai son épée que de justesse, ce qui me laissa une ouverture : je frappai avec l’autre coté de ma lance en plein dans le visage. Je lui décochai un coup de pied, mais il le rattrapa, et m’envoya de nouveau dans les airs. Je chutai lourdement sur le sol cette fois-ci. Faramir se tenait au-dessus de moi, son épée levée. « A moi mes hommes ! Que les morts se relèvent et se vengent !! ! ». Surprit par mon appel, mon adversaire s’arrêta dans son mouvement. Surgirent alors des cadavres mes hommes qui avaient survécu. Ils se jetèrent sur les rangers chargés de vérifier leurs décès. Ils empoignèrent ensuite les arcs de leurs victimes, et fichèrent soigneusement le camp. Faramir s’écarta, et deux coups d’épée, brisa deux flèches qui le visait. Je ramassai et lui projetai une lourde pierre, qu’il reçut dans l’estomac. Je rejoins mes hommes sur le champ de l’embuscade à la faveur de la confusion. Derrière moi deux gondoriens tombèrent, une flèche dans le ventre. Mes compagnons m’acclamèrent malgré cette horrible journée : nous n’étions plus que sept. Puis après une dernière volée de flèches, nous disparûmes dans la brume et la nuit…