Au point de vue de Kanor.
Lorsque j´arrivai sur le champ de bataille, la guerre batait déja son plein. Les trébuchets déployaient tout leurs projectiles, en restant hors de portée de l´ennemi, et les misérables archers partaient dans tout les sens, totalement désorganisés par le siège. Mais ce que j´attendais avec le plus d´impatience, c´était quand l´ennemi allait sortir ses soldats, car enfin j´aurais mon utilité.
Je me coontentais pour le moment d´observer le ballet aérien des projectiles se dirigeant avec précision sur l´ennemi, dans un fracas de tonerre. Les infanteries se préparaient
au siège en emportant avec eux les échelles de siège, béliers et mines pour anéantir la porte, quand un son de trompette attira mon attention.
Ca y est! Les soldats ennemis sortaient enfin! Il n´était pas trop tôt, je commençais à m´impatienter! Il y avait de nombreux fantassins, des cavaliers, ainsi qu´une petite escorte de gardes de la tour que je m´empressais de réserver. Les soldats ennemis chargèrent notre infanterie en hurlant et en gesticulant de façon grotesque. Les soldats ourouks semblaient hébétés. Je mis alors mon plan en marche en éclatant de rire, et je scindai ma cavalerie en deux. Du coin de l´oeil, je vis que notre seigneur avait fait la même chose. J´entendis alors un cri: Khor´Iglan semblait déterminé à poser une de ses apparements habituelles remontée de moral, d´après ce que m´avais raconté un de ses chevaucheurs.
Le combat semblait se figer en pleine action. Nos soldats hurlaient en joi, jubilaient, tandis que les soldats adverses tremblaient de peur. Même la charge de cavalerie fut arrêté. Je me rapprochai alors de mon seigneur. Ses paroles me donnaient un sentiment de sécurité auprès de lui, de même qu´elles attisaient ma juste rage. Le sol semblait trembler sous sa voix puissante, tandis que résonnais les mots "crépuscules, nuit sans étoile, fléaux". Le passage de Theoden mort me fit pouffer de rire. Je simulai un toussotement afin qu´il ne se vexe pas. Il n´empêche que dire être le fléau de quelqu´un de mort me paraissait comique. L´un de mes chevaucheurs avait carrément éclaté de rire. Un regard furieux de ma part le fit taire. Je sentit a quel point j´ai eu raison de camoufler mon rire, car Khor´Iglan semblait véritablement enragé.
Sa remontée de moral dura environ cinq minutes. Aussitôt après qu´il ait hurlé"Chargez" je lancai l´assaut de mes troupes. Je fus frappé de voir comment les chevaucheurs de Khor´Iglan nous distancaient avec aisance. Geki était pourtant réputé rapide. Depuis combien de temps dressait-il ses montures? Un coup d´oeil à ma monture et je vis qu´elle aussi semblait déçue. Les autres cavalers ne s´en formalisaient pas. Sans doute étaient-ils déja au courant. Toujours est-il qu´ils avaient dix bonnes secondes d´avance sur nous.
En voyant comment la charge de Khor´Iglan tournait, je me dit que c´était finalement une bonne chose car je pus arriver en renfort dans une situation bloquée. En effet, il semblait qu´ils n´arrivaent pas à s´enfoncer davantage dans les rangs ennemis. Mon arrivée opportune leur permit de s´écarter du combat. Encore une fois, je prouvai mon habilité à la lance, bien que le poids de celle-ci ralentissait mes mouvements habituellements fluides et rapides. Je constata que mes cavaliers avaient pris exemples
sur moi, car eux aussi jouaient à l´équilibriste, ce que je déplorais car ils avaient moins d´entraînement que moi sur ce point la.
Nous étions puissants, indestructibles, l´ennemi avait peur, il fuyait, il était piégé, et il fut massacré. Nous avion déja vaincu.
J´aperçus alors les gardes de la tour, toujours présents, et je vis que le semi-troll se réparait à la charge. Je hurla alors "Laissez-les moi". Un coup de tête approbateur de la part de Khor´Iglan m´emplit de joie. Il avait confiance en moi. Je lancai alors la charge. Avant de leur rentrer dedans, nous nous séparâmes en deux groupes équitables et nous commencèrent à leur tourner autour, en restant hors de portée d´attaque. Afin de parfaire une situation déja complexe, des chevaucheurs ne cessaient de changer de groupe, en en créant pafrois un troisième, s´enfuyant pour leur laisser croire la retraite, puis revenait sur-le champ. Pour éviter de se faire écraser, les gardes de la tour s´étaient mis en formation herisson. Les imbéciles! Comme si cela pouvait nous arrêter! Tout en tournant autour d´eux, j´entendis des accalamtions, des encouragements: on semblait apprécier ce que je faisais.
Au bout d´un certain laps de temps, je me jeta brutalement dans la masse de soldats, mon fidèle Geki sautant allègrement au dessus de leurs lances basses. Les autres gardes, abasourdis, se tournaient vers moi, mais à chaque fois qu´ils relâchaient un tant soi peu leir attention, d´autres chevaucheurs sautaient dans le tas, broyant un peu plus la formation. Quelques chevaucheurs moururent, et je fus éraflé aux côtes, mais rien de grave.