Parait - il que lorsque la panique nous gagne, nos capacités physiques se démultiplient en une fraction de seconde. Cela mettait déjà arrivé, notamment dans ce manoir, mais jamais sous l´eau. Il faut dire aussi que c´était la première fois que je me faisais attaquer par des requins. J´ai tout de même réussi à m´en sortir, mais maintenant me voilà bloqué dans une salle où la sortie se résume à de l´eau et une bande de grisets affamés. Au début il y en avait deux qui me poursuivaient. Mais j´ai très vite remarqué que d´autres étaient aussi présents.
Une porte étanche fabriquée avec je ne sais quel matière, se trouve derrière moi, et en face il y a une échelle qui me permet de descendre. J´emprunte cette dernière.
A ma gauche se trouve un couloir avec une rangée de casiers. Et à ma droite des ordinateurs et divers matériaux informatiques, ainsi qu´une gigantesque vitre où l´on peut y voir une bonne partie du bassin. Un objet octogonal, semblable à celui que j´ai trouvé avant de rencontrer le serpent géant, est posé sur un clavier d´ordinateur. Il y a aussi une feuille où il y a quelque chose de marqué, là aussi au stylo. L´écriture n´est pas la même que sur le document où je me suis fait attaquer par les araignées, c´est surement une autre personne qui en est l´auteur. Une boite en carton, ouverte, remplit de balles, est installée sur celui-ci. Des balles de 357 Magnum. Quelques chaises sont également présentes. L´une d´elles porte des plis. J´en déduis que quelqu´un ( ou quelque chose ), était ici il y a peu de temps.
La dernière chose que je vois est un cadavre. Visiblement, il s´est suicidé. Ce qui me permet d´affirmer ça, c´est son revolver dont le canon est en sang et encore dans sa bouche. Il s´est fait exploser la cervelle, d´ailleurs quelques morceaux hornent le mur qui est derrière lui.
Tout en restant prudente, je sors mon beretta et m´approche du cadavre pour lui prendre son arme. Il reste figé.
Tant mieux.
Le revolver en question que je réussis à m´approprier est un Colt Python. Les balles de 357 Magnum que j´ai apperçus sont compatibles avec ce dernier. J´ai une arme de plus maintenant. Et au pire, j´ai toujours mon beretta. Même après avoir pris l´eau, ce dernier doit normalement fonctionner. Nos flingues sont plus résistants que la normal, car ce sont des modèles spéciaux que nous avons chez les S.T.A.R.S.
Je prends les balles du revolver et l´objet octogonal et décide de lire le document.
Il n´y a pas de sang dessus, il semble propre.
" Tout est foutu. Absolument tout. Nous ne sommes plus que quelques uns désormais. Notre équipe s´est faite massacrée par les créatures de ce manoir et la mort semble notre seule issue. Je me demande encore ce qu´est devenu le cinglé avec le crucifix qu´arrêttait pas de nourir Neptune.
Si quelqu´un lit ces dernières lignes, je lui recommande de récupérer ce qu´il y a dans le casier numéro sept. La clé se trouve sous ce document."
Je m´approprie l´objet en question et fonce sans plus attendre dans l´autre couloir pour ouvrir le fameux casier.
Un fusil mitrailleur M16A1 équipé d´un lance grenade M203, est posé à l´intérieur. Je le prends et me débarasse des munitions du fusil d´attaque que j´ai perdu lors de ma chute dans le bassin. Maintenant avec cette arme, je peux m´assurer une meilleur sécurité. Mais qu´est-ce qu´un fusil comme celui-là fait-il ici ? Je ne pense pas que je vais trouver de réponse. Je retourne sur mes pas et lache un cri de terreur.
N-E-P-T-U-N-E.
Ces sept lettres tatouées sur toute la longueur d´un immense corps ensanglanté passent devant la vitre et disparaissent dans les profondeurs. Je cligne des yeux, et m´aperçois que je suis à terre. Je me relève, les jambes tremblotantes. A cet instant précis un seul et unique sentiment m´envahit : celui de courir loin, très loin de cet enfer. Je sens une peur malsaine s´emparée de moi, la plaie sur mon front qui sue me brûle, de laquelle s´écoule encore un peu de sang.
Je lève la tête. Je cherche un endroit qui pourrait me permettre de m´échapper, une sortie de secours ou autre chose. Si seulement je pouvais sortir d´ici...
Le cadavre qui est à coté de moi est en décomposition. Ca pue la mort, mais je m´y suis habitué.
Mon regard se pose alors sur l´immense vitre. A travers, je vois une ombre. Une ombre qui semble grandir au fur et à mesure qu´elle se rapproche. Une ombre qui, progressivement, laisse place à une gigantesque silhouette bestiale. Je remarque que cette ombre si grande et si terrifiante, est en fait un immense requin qui vient s´écraser sur la vitre en face de moi. Un rugissement qui semble sortir de ses entrailles fait vibrer les murs. Plusieurs rangées de dents sanguinolentes couronnent l´intérieur de sa geule. Sur l´une d´elle est accroché une sorte de collier en argent sur lequel est fixé un petit crucifix.
Une alarme retentit. Le chien de mer continue de buter contre l´épais vitrage. Des fissures apparaissent et de minces filets d´eau commencent à couler. La panique me gagne. Je fixe les claviers d´ordinateurs. Des boutons d´urgences clignotent. J´appuie dessus, au hasard.
- C´est peut-être ma seule chance survie. Murmue-je.
Des volets métalliques se déroulent à l´intérieur et à l´extérieur de cette pièce; les coups répétés du monstre continuent et s´arrêtent progressivement. L´alarme s´est arrêtée.
Le calme est à nouveau présent.
Il fait noir. J´ai certainement coupé l´électricité. On dirait que j´ai réussi, que je suis sauvée. Je souris. La lumière revient.
Je grimpe maintenant à l´échelle qui m´a permit de venir jusqu´ici et entre-ouvre la porte. Il n´y a plus d´eau, à la place des immensurables passerelles et escaliers circulaires permettant de descendre s´y trouvent. Tout en bas il y a l´immense requin de tout à l´heure et ses sept lettres tatoués qui semblent représenter son nom: Neptune.
Des racines démesurées dépacent du plafond. C´est surement la plante qui m´a attaqué tout à l´heure. Je marche en direction des escaliers et, à l´instant même où je m´apprête à les dévaler, un éclat de lumière blanc apparait non loin de moi et une explosion retentit. Des bruits de pas résonnent et plusieurs personnes cagoulés et armés sortent de la brèche que la déflagration a créée. Leurs tenues vertes foncées rapellant des militaires sur un champ de bataille, laissent aparaitrent un peu de sang. Chacun de ces soldats portent un logo rouge et blanc au niveau de l´épaule gauche représentant Umbrella.
- C´est elle ! Crie un des soldats en me désignant de son fusil d´assaut.
Ils font feu dans ma direction. Les balles qui passent à coté de mes oreilles sifflent désagréablement et travèrsent les marches ou ricochent contre les paroies, m´obligeant à faire demi-tour. Je lève mon M16A1 et riposte par une grenade. Je ne sais pas si cela a blessé mes ennemis mais en tout cas ils se sont surement mis à couvert, me laissant deux secondes de course pour revenir dans le refuge que je viens de quitter. J´aggripe la poignée. Les coups de feu retentissent de nouveau. Plusieurs balles se nichent dans les murs tout autour de moi. Je sens une douleur au niveau d´un de mes bras, je vois du sang couler. Une balle à dû m´atteindre. Je rentre dans la pièce de tout à l´heure en envoyant une rafale de munitions sur mes assaillants. Je ferme la porte croyant être tiré d´affaire pour au moins dix putains de secondes. Je reprends ma respiration, j´ai dû mal mais j´y arrive. Une douleur encore plus violente que tout à l´heure m´oblige presque à m´agenouiller. Je comprends alors que d´autres balles m´ont atteintes, mais pas seulement au niveau du bras, certaines ont commencés leur course dans mon dos et ont traversé mon ventre, une semble avoir atteint ma hanche droite.
A présent je suffoque. Des taches sombres se dessinent sur mes blessures. J´appuie au maximum sur les plus graves pour éviter de perdre trop de sang. Les soldats derrièrent la porte s´attendent peut-être à se que je les attaque. Ou peut-être pas.
Dans un effort que je considère surhumain, je me relève, agrippe mon arme de mes deux mains dont celle qui compressait certaines de mes blessures, ouvre la porte, et vide mon chargeur sur ces sortes de militaires au service d´Umbrella. Je reçois une balle dans l´épaule. Je souffre. Quelques uns de mes adversaires s´écroulent, d´autres se réfugient et tentent de riposter.
Alors que ma dernière balle quitte mon chargeur, des cris suraigus retentissent.
Des créatures surgissent de nul-part et s´élancent dans les airs avant de se raccrocher sur les parois grises métalliques. D´autres retombent directement sur le sol.
Une respiration saccadée, un corps de taille humaine, une tête posée dessus, sans cou, ne laissant apparaitre aucune vertèbre. Deux petites jambes maintiennent la créature debout. Mais le plus effrayant reste ses deux longs bras où des mains griffues atteignent presque le sol. Une bonne dizaines de ces créatures de couleur verte sont là et commencent à attaquer.
Les soldats ne font plus attention à moi, ils crient et tirent par salves sur les bestioles. Elles bondissent, pivotent, s´élancent facent à leurs assaillants qui rechargent leurs armes. Beaucoup tendent leurs griffes et étêtent leurs victimes d´un coup sec avant de repartir vers d´autres proies, éclaboussées de sang.
- Bordel ! Qui a laché les Hunters ? Hurla un des soldats.
C´est comme ça que l´on appelle ces monstres ? Des Hunters ? Et d´abord, pourquoi il parle de les avoir lachés ? Ils doivent être en possessions de certaines informations concernant le virus et l´épidémie de ce manoir.
A cet instant, un " Hunter " parmis tant d´autres se propulse avec souplesse en direction d´un des soldats et, d´un geste aussi rapide que violent, l´éventre proprement.
La bataille fait rage, des cadavres aussi bien monstres que humains baignent dans des flaques de sang. Je recule et retourne dans la salle de tout à l´heure pour me remettre à l´abris.
Je saigne encore. Je n´ai pas la force de recharger mon M16A1. Je le pose à coté de moi. J´ai trop mal. J´appuie d´une main sur mes blessures et d´une autre, je dégaine mon Colt Python. Je suis adossée au mur à coté de la porte. J´entends encore des coups de feu et des cris. Les affrontements ne sont pas terminés.
J´attends. Mais j´ai peur. Très peur.