Soyons francs: en bon gros connard prétentieux (je cite, ce titre n´est pas nouveau), je n´ai aucun souvenir du premier film. Vague tout du moins. C´est donc avec une faible motivation que je suis parti voir ce film, qui à premier aspect, ne m´avait pas vraiment donnés envie. Une affiche bidon, un scénar bidon. Restait juste un Carlyle pour sauver l´ensemble. Objectif: passer une bonne soirée d´anniversaire, et si possible, être rassasié en gôre. Pas gagné.
Prenant donc pour base le premier volet, à savoir un virus se transmettant par la salive, le sang, impliquant ainsi les morsures et autres, et transformant n´importe quel être humain en bête sanguinaire, style zombie qu´a pas faim, et qui en plus qui court, LE SALAUD. Ayant fait une apparition en Angleterre, le virus s´est vû mattés par une incursion de l´armée américaine, armée qui ne cessera de s´en prendre plein la gueule durant tout le film (bouuh sont méchants les généraux, encore une fois, un général noir qui est un insensible. Abusés les mecs.). Donc plusieurs mois après, le virus semble, et je dis bien "semble", avoir disparû. Retour dans une Londres fortifiée et sous contrôle militaire de convois d´Anglais qui était en pays étranger... Parmi eux, Andy et Tammy, plus jeunes enfants du pays. Deux frères et soeurs qui auront fort à faire face aux remords de leurs pères, qui a abandonnés sa femme, alors qu´,il pouvait la sauver (le lâche. C´mal.).
ET BIEN EVIDEMMENT, CES PETITS INCONSCIENTS VONT ALLER SE BALLADER EN ZONE DANGEREUSE ("ballade" hein?). LES CONS. Et au final, finiront par ramener, sous le biais de je-ne-dirais-pas-qui, le virus. Bon, voila pour le scénario, qui tient sur un post-it d´Umbrella Corporations.
Premier choc: devant le ciné. Interdit au moins de 12 ans seulement. Certes. On ne s´y attendais pas, mais tant pis, faut bien voir. Au pire, on se mattera TF1 pour du gôre.
Second choc: les acteurs. PUTAIN DE NOM DE DIEU, MAIS ROBERT CARLYLE A LA CLASSE (et moi mon caps lock bloqué, faut que je le relâche, LE COQUIN). Que ce soit dans des scénes de poursuites, en brûte sanguinaire (awai spoilers inside au fait), ou alors en père aimant, il a le don d´être un acteur fantastique, doublés d´un homme qui n´hésite pas à lacher ce qu´il pense (Cf. Madmo´). Harold Perrineau, que je ne peux plus d´attendre dans une certaine ile, se voit dotés d´un rôle minime, mais au combien important. Les deux enfants sont plus que convaincant, même si la VF parfois foireuse ne m´aide pas. Mention spéciale à Imogen Poots (la pauvre), qui retrouve là un rôle digne de celui tenû dans V pour Vendetta, et croyez moi, c´est peu dire.
Troisième choc: c´est filmés. OU PAS. Nom de Dieu!! C´est illisible! Alors certes c´est un effet de style comme un autre pour le cinéma moderne, mais depuis Hostel, il n´y avait pas eu autant de mouvements à la seconde. Ceci dit, on se rend tout de même compte de qui bouffe qui, ce qui est le plus important. De plus, le fait de ne pas montrer la violence n´est pas plus mal, le film aurait très bien pû tomber dans le gôre absurde. Cela dit, le réal´ s´en sort très bien.
Et là, Quatrième choc: certaines scènes déboitent des rotûles.
La première, et on comprend bien que Boyle ait voulû revenir sur la suite de son film pour la tourner, et tout simplement la scéne d´ouverture. Un simple repas, entre survivant. Interrompû, bien évidemment, par une horde de streumons (qui n´avaient pas mangés, c´est compréhensible quoi...).
S´ensuivra, au rythme d´une BO des plus marquantes dans le genre rock alternatif anglais, une fuite éperdue de Carlyle, que l´on sent tiraillés entre la peur, et le remords. Un grand acteur, c´tout.
La seconde est celle où les militaires se voient confier l´ordre de tirer sur la foule. Juan Carlos Fresnadillo, puisque c´est le nom du réalisateur, a ici réussi à transmettre la chaos, le désordre, et l´horreur de la fuite, en gérant de manière parfaite tout ses figurants, sans donner l´impression de courir dans des sens illogiques.
La troisième est en réalitée une équation: Soit X un hélicoptère avec une hélice, et un homme qui s´accroche, en guise d´apât.
Soit Y un champ plein de streumons.
Soit X+Y cette scéne, c´est à dire, un massacre de zombie à l´hélice, dans une maestria visuelle des plus marquantes, notamment avec ce long travelling aérien. Somptueux.
La quatrième, et certainement celle qui fait se demander si une interdiction au moins de douze ans est justifiée plutôt qu´une bonne vieille seize ans des familles, et celles où Carlyle retrouve sa femme. Dans un baiser des plus malsains, et surtout des plus marquants, il devient une brûte sanguinaire, qui finira par tuer sa femme dans une scéne d´une violence plus que dégueulasses (c´est le mot). C´est d´ailleurs classique, un peu trop même, qu´il passe son film à tenter de retrouver ses enfants.
Et enfin, la cinquième et dernière scéne, est celle qui voit la visite du métro londonien, uniquement à la visée infrarouge d´un fusil mitrailleur. Scène d´autant plus marquante qu´un fracassage de crâne en règles se fera en son sein.
C´est donc les choses les plus marquantes d´un film qui ne l´est pas moins. Que ce soit à travers une BO MONSTRUEUSE DE CHEZ MONSTRUEUSE, une caméra tout aussi monstrueuse (mais pas tout le temps dans le bon sens), des acteurs -et aussi des figurants, ils ont un rôle important ici- tous plus bons les uns-que les autres, une réalisation personnelle, voir intimiste dans certaines scénes, le film est bon, très très très bon. Au point de, pour l´instant, squatter la place de film qui pourrait faire peur de l´année (moins d´une semaine avant d´aller voir Halloween, faut patienter).
Un très grand film d´horreur. Un vrai.