Ber, pour toi :
Le vieux ber et le renard.
Transparent au regard des passants trop pressés,
Un ber est assis, transi et affamé,
sous un porche à l´abri des frimas de janvier.
Il implore un sourire, une pièce de monnaie.
Passe un renard dans la rue, un renard de pedigree,
Une voiture suit, heutre le canidé.
Aussitôt extirpés de leurs logis douillets,
Accourent de partout des bourgeois empressés.
Ne le laissez pas là, Amenez le chez moi,
J´ai une couverture afin qu´il n´ait pas froid !
Quelques instants après,
L´animal est pansé, dorloté, réchauffé, maintes fois caressé.
Au dehors, dans la rue, Le silence est tombé.
Tout le monde est rentré, a fermé ses volets.
Sous son porche à l´abri des frimas de janvier,
Le vieux ber, soudain, s´est mis à foxer ...
Daniel Boy.