Avec l´arrivée d´Alexander Ovechkin et de Sidney Crosby, l´avenir de la LNH est probablement entre bonnes mains : les deux jeunes ont un talent supérieur indéniable, une saine passion pour le hockey et surtout une ambition commune : devenir le meilleur joueur au monde. Cette rivalité naissante n´est pas sans rappeler la fin des années 1980 durant lesquelles Mario Lemieux et Wayne Gretzky se disputaient âprement le championnat des marqueurs.
Comme si le circuit Bettman était en manque de héros, voilà maintenant que les repêchages ultérieurs annoncent d´autres talents jugés exceptionnels : l´Américain Phil Kessel en 2006, Angelo Esposito en 2007 et surtout, John Tavares en 2008.
Les sportifs de salon les plus indécrottables (autrement dit, les abonnés de toutes les chaînes sportives spécialisées) connaissent le nom de John Tavares tant pour ses exploits avec les Bandits de Buffalo (NLL) qu´aux Jeux d´été du Canada. Sa discipline ? La crosse ; NLL comme dans National Lacrosse League.
Or, le John Tavares qui nous intéresse ici n´est pas ce célèbre... crosseur, mais plutôt le neveu de celui-ci, ce même joueur qui, à 14 ans, força la OHL à établir une mesure d´exception afin qu´il puisse joindre prématurément les rangs juniors majeurs chez les Generals d´Oshawa.
Exceptionnel dès son plus jeune âge
"Dans le monde du hockey, prédire le développement d´un jeune joueur est une chose très difficile, mais nous pouvons affirmer sans crainte que Tavares est le plus remarquable prospect depuis Sidney Crosby." -- Hockey´s Future
Un peu comme le 87 des Penguins de Pittsburgh, Tavares fut habitué très tôt à évoluer parmi des joueurs plus âgés que lui. L´athlète natif de Oakville en Ontario participa à sa première école de hockey à l´âge de six ans... en compagnie de jeunes de 10 ans, résultat d´un mensonge de la part de sa mère. Les formateurs n´y ont vu que du feu : en fait, ils étaient probablement absorbés davantage par les prouesses du gamin que par sa petite taille.
Il commença à recevoir une attention médiatique nationale il y a deux ans, lors de la saison 2003-04. Âgé de 13 ans, Tavares amassa 95 buts et 187 points chez les Marlboros de Toronto, une équipe de niveau bantam. Il trouva également le moyen de jouer sept parties dans la Ligue provinciale junior A de l´Ontario avec les Ice Hawks de Milton, tout juste assez pour récolter six points.
La saison suivante, Tavares retourna à Toronto, cette fois-ci chez les Marlies de la Ligue midget AAA de l´Ontario : 91 buts, 67 aides pour 158 points en 72 matchs. Comme il est toujours préférable de donner des opportunités de développement à une vedette en devenir, la jeune sensation de 14 ans fit à nouveau un séjour à Milton dans le junior A. Encore une fois, il prouva qu´il était apte à tenir son bout face à des joueurs plus mûrs que lui, comme en fait foi sa fiche de 13 buts et 15 aides en 20 rencontres parmi des athlètes âgés de 18 ou 19 ans.
Évidemment, depuis les hautes sphères de la OHL, les projecteurs furent braqués sur Tavares. Ce dernier devint le sujet numéro un des concertations décisionnelles et pour cause : il était hors de question que l´Ontario se fasse voler son plus bel espoir depuis des lunes par une université américaine. Il faut comprendre qu´en raison de son jeune âge, le phénomène n´était éligible au repêchage de la ligue ontarienne qu´à partir de 2006. Peu importe, les décideurs en vinrent finalement à la conclusion que Tavares était un joueur d´exception et ils le déclarèrent disponible pour l´encan de mai 2005.
Alors que les pressions arrivaient d´un peu partout au Canada afin d´augmenter à 16 ans l´âge minimal pour évoluer au niveau junior majeur, la pire équipe de la OHL allait avoir son sauveur en la personne d´un hockeyeur qui n´aurait finalement que 15 ans en date du 20 septembre. La vie est ainsi faite dans le monde du hockey : pleine de paradoxes...
Ça se poursuit chez les juniors
"Je ne suis pas Sidney Crosby ou Bobby Orr, je suis John Tavares." -- John Tavares
Sans grande surprise, les Generals d´Oshawa ne ratèrent pas l´opportunité de choisir Tavares au premier rang lors du repêchage tenu le 7 mai 2005. L´équipe qui a déjà accueilli un bon nombre d´espoirs, notamment Eric Lindros, se remettait alors d´une pénible saison durant laquelle elle cumula une fiche de 15-48-3-2.
Dave Gagner, un ancien de la LNH et son entraîneur chez les Marlies, avait préalablement déclaré : "Fondamentalement, je suis contre le fait qu´un jeune de 14 ou 15 ans évolue au niveau junior majeur. Je crois également qu´il peut exister des exceptions." De toute évidence, OHL ou non, Tavares aurait joué contre des athlètes plus âgés que lui en 2005-2006, que ce soit chez les Ice Hawks de Milton ou dans les circuits collégiaux américains.
Bien entendu, on ne peut demander à un individu dont la période pubère est encore fraîche de supporter une équipe en reconstruction. En date du 18 février 2006, les Generals sont toujours la pire équipe de la ligue (15-37-3-1), mais le plaisir et l´espoir sont de retour à Oshawa.
Cependant, le 91 des Generals fait honneur à la réputation de surdoué qui le suit maintenant depuis quelques années : en 53 matchs, Tavares a marqué 38 buts, récolté 28 aides pour un total de 64 points, ce qui lui confère le deuxième rang chez les recrues du circuit derrière l´espoir des Canadiens, Sergei Kostitsyn. A-t-on cependant besoin de rappeler que le jeune Biélorusse est âgé de 18 ans ? Plus la saison suit son cours, plus Tavares se sent à l´aise en OHL : 33 points lors de ses 24 dernières parties, nommé recrue par excellence des mois de décembre et janvier.
Le principal intéressé, qui pratique également la même discipline que son oncle durant la saison estivale, se définit essentiellement comme un marqueur : "J´aime lancer au filet en premier lieu plutôt que de passer la rondelle. Alors je travaille surtout à parfaire mon lancer ainsi que le maniement du bâton." Il est curieux de constater qu´il est davantage un fabriquant de jeu lorsqu´il se retrouve avec une crosse entre les mains.
De dire son oncle : "C´est tout un joueur de hockey, mais ce qui est le plus impressionnant dans son cas, c´est qu´il est un meilleur joueur de crosse que moi au même âge." Ce qui n´est pas peu dire puisque John Tavares senior fut autrefois qualifié comme le Wayne Gretzky de sa propre discipline.
D´ailleurs, son expérience au sein de ce sport très robuste en fait un hockeyeur qui n´a pas peur de se salir le nez dans le trafic afin de noircir la feuille de pointage. "Je ne suis pas un joueur au physique impressionnant, mais je sais adapter mon jeu aux différents styles", affirme Tavares.
De quoi faire saliver les équipes de la LNH en prévision du repêchage amateur de 2008... si Tavares y est éligible, bien entendu. Comme il est né au mois de septembre, la règle stipule qu´on doit attendre une année supplémentaire avant qu´il ne soit déclaré disponible pour l´événement. Ce fut le cas d´Alexander Ovechkin qui dut attendre en 2004 avant d´être sélectionné par les Capitals de Wahington.
Mais comme Tavares aura trois ans d´expérience au niveau junior à l´issue de la saison 2007-08 et que, avouons-le, les Nord-Américains ont cette tendance au chauvinisme, nous pouvons espérer que les décideurs du circuit Bettman imposent une mesure d´exception dans son cas.
Après tout, en regard de la feuille de route de Tavares, la mention ´exception´ n´a certes plus rien d´exceptionnel aujourd´hui.
Fiche technique de John Tavares
Né le : 20 septembre 1990 à Oakville, Ontario
Grandeur : 6-0
Poids : 183 lbs
Position : Centre, lance de la gauche
Équipe 2005-2006 : Generals d´Oshawa, OHL
il joue ds une equipe pourrite et domine !