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«Je ne tiens plus en place»
Mathias Brunet
La Presse
Le Canadien aura son homme fort cette saison. Il s´appelle Peter Vandermeer et son embauche est passée plutôt inaperçue cette semaine.
Vandermeer n´a jamais disputé un seul match dans la LNH, mais la direction du Canadien semble le tenir en très haute estime. Tellement qu´on lui a offert un contrat d´un an garanti de la Ligue nationale (probablement au salaire minimum de 450 000 $).
Ce dur à cuire de 29 ans a écopé 310 minutes de pénalités l´an dernier avec Grand Rapids, la filiale des Red Wings de Detroit dans la Ligue américaine. L´année précédente, il avait terminé en tête des bagarreurs de la Ligue avec 398 minutes de pénalités, au sein du club-école des Flyers de Philadelphie.
«Je ne tiens plus en place depuis quatre jours, confiait Vandermeer hier, joint chez lui en Alberta. J´habite bien loin du Québec, mais j´ai grandi en admirant les exploits des joueurs du Canadien. J´ai tellement hâte d´arriver à Montréal ces prochaines semaines et montrer ce que j´ai dans le ventre!»
Le Tricolore a préféré lui faire confiance que de remettre le poste à un «policier» établi dans la Ligue nationale.
«C´est un gars qu´on connaît depuis longtemps, confiait hier, au bout du fil, le recruteur en chef du Canadien, Pierre Gauthier. Il est l´un, sinon le meilleur dans son rôle dans les mineures depuis plusieurs années. Nous voulions amener de la relève. Les gars de 34, 35 ou 36 ans veulent continuer à remplir cette mission et je les comprends, au prix qu´on les paye, mais à un certain moment de leur carrière, ils savent jouer le petit jeu qu´il faut (pour se ménager). Celui qui arrive dans la Ligue nationale à 29 ans est au contraire plus affamé. Il tient à faire ses preuves et il fera tout ce que le coach lui demande. On aime mieux un gars en vie qu´un autre qui s´accroche à sa carrière. Tout ça a pesé dans notre processus décisionnel.»
Vandermeer, le frère de Jim, un défenseur des Blackhawks de Chicago, sait aussi jouer au hockey, semble-t-il. L´an dernier à Grand Rapids, on l´envoyait se poster devant le filet adverse lors des avantages numériques et il jouait parfois au sein d´un trio offensif. Il a obtenu 37 points, dont 19 buts, en 62 matchs à Providence, dans la Ligue américaine, en 2000-2001.
«Il joue bien son rôle et il a un certain sens du jeu, mentionne Gauthier. Ça reste un joueur de quatrième trio, mais il sort la rondelle comme il faut de sa zone sur le bord de la bande et il sait où se placer sur la patinoire. Il y a certains gars qui n´ont pas cette notion. Mais c´est certain qu´en passant 350 minutes au banc des punitions, il ne reste plus beaucoup de temps pour amasser des points.»
«Je ne suis pas seulement un goon, précise Vandermeer. Chaque fois qu´on m´a donné un peu de temps de glace, j´ai réussi à montrer des statistiques décentes.»
Steve Bégin l´a affronté à quelques reprises l´an dernier dans la Ligue américaine et il dit avoir été impressionné.
«Je ne pense pas qu´il va décevoir personne à Montréal, mentionnait l´attaquant du Canadien, hier. Il m´avait étonné lors des matchs que nous avons disputés contre lui. Je l´ai trouvé rapide, vraiment rapide pour un gars de son style, et il frappait nos défenseurs sans relâche. C´est un gros travaillant. Je l´ai vu se battre une fois et il a eu le meilleur. Il n´a pas encore joué dans la Ligue nationale, mais tous les gars passent par là, ils doivent un jour obtenir leur chance.»
À 6 pieds et 210 livres, cet Albertain n´est pas un poids lourd comme les nouveaux durs à cuire de la LNH, mais ça n´inquiète pas Gauthier. «C´est un gars de 6 pieds, mais il est capable d´affronter des plus gros. Je l´ai vu à l´oeuvre assez souvent. Il a été testé régulièrement... et il gagne. Il est capable d´adresser ça de toutes les manières selon la situation. En plus, c´est un bon joueur d´équipe, nous nous sommes informés.»
Un point d´interrogation demeure néanmoins dans le cas de Vandermeer. Pourquoi n´a-t-il pas encore accédé à la Ligue nationale après huit ans chez les pros? Est-ce parce qu´il a passé trois de ses quatre dernières saisons dans l´organisation des Flyers, qui comptaient déjà sur Donald Brashear et Todd Fedoruk?
«Il n´y avait pas de poste disponible lors de mes années à Philadelphie, mentionne Vandermeer. Pas juste pour des gars dans ma position, mais pour plusieurs de mes coéquipiers des Phantoms. Les Flyers avaient beaucoup d´argent à dépenser et quand ils avaient des blessés, ils embauchaient des joueurs d´expérience. Ils ont tellement une bonne équipe. C´est pourquoi j´ai opté pour l´organisation des Red Wings, il y a deux ans, mais le lock-out a contrecarré mes plans.»
Vandermeer a joué avec un certain Steve Gainey, il y a deux ans, chez les Phantoms. Parions que fiston a parlé à son père des talents pugilistiques de son coéquipier.
«Steve a également été cochambreur avec mon frère Jim à Philadelphie, dit Vandermeer. Je ne sais pas s´il a fait du recrutement en ma faveur, je l´espère. Son père a sans doute posé des questions à mon sujet. J´imagine qu´il ne m´a pas trouvé trop insupportable...»